Le marché immobilier : quelles sont les tendances selon les notaires ?

Sophie Lambert

Une période estivale 2026 peu dynamique selon la majorité des notaires

Selon les données communiquées par le site immonot.com, la plupart des notaires constatent que l’été 2026 n’a pas été très actif en termes de demandes de visites immobilières. Près de la moitié d’entre eux, soit 49 %, associent cette période à une baisse notable de leur activité durant les mois de juin à août. Ce ralentissement est largement perçu comme une interruption ou une pause dans le marché immobilier, qui semble actuellement traverser une phase de stagnation.

Les raisons derrière ce ralentissement estival

Les notaires expliquent cette inertie par plusieurs facteurs liés à l’actualité climatique et géopolitique. Les événements météorologiques extrêmes, comme les vagues de canicule, les incendies dévastateurs, ou encore des orages particulièrement violents, ont sans doute amené de nombreux propriétaires et acheteurs potentiels à différer leurs projets immobiliers. Par ailleurs, le contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient, ainsi que la hausse des coûts de l’énergie, jouent également un rôle dans cette attitude d’attentisme, incitant à la prudence plutôt qu’à l’engagement dans des transactions immobilières.

Prévisions pour l’automne : une stabilité attendue dans le volume des ventes

Selon le sondage mené auprès de notaires, une majorité de 56 % d’entre eux envisagent que, pour la saison automnale, le nombre de transactions demeure stable. Ce constat laisse espérer une certaine continuité dans l’activité immobilière à l’approche de la nouvelle saison, malgré le contexte difficile. Toutefois, une part non négligeable, soit 37 %, affiche un regard plus pessimiste, anticipant un ralentissement du marché et une baisse des ventes à venir.

Seuls une minorité d’environ 7 % des professionnels se montrent optimistes, estimant qu’une reprise pourrait survenir, notamment grâce à l’arrivée de primo-accédants qui pourraient insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur immobilier. Ces premiers acheteurs jouent souvent un rôle clé pour relancer la demande et stimuler le marché, surtout en période de morosité.

Les tendances en matière de prix durant cette période de faible activité

Face à cette chute d’intérêt, les attentes en termes de prix se sont réajustées. Là où certains vendeurs espéraient voir leurs prix maintenus ou augmentés, la tendance s’inverse nettement : en été, 60 % des notaires sondés notent une baisse des prix, contre 52 % au printemps dernier. Ce changement reflète une adaptation du marché à la moindre demande et à la nécessité pour les vendeurs de rester compétitifs.

En réalité, seuls les biens situés à des emplacements privilégiés, en excellent état et au prix juste se vendent rapidement. En revanche, tout logement présentant des qualités médiocres, telles qu’une performance énergétique insuffisante, des charges d’entretien élevées, des travaux à prévoir, ou un manque d’espaces extérieurs, ont tendance à rester longtemps en vente, leur valeur étant souvent mal estimée ou difficile à justifier.

Les perspectives de prix pour la saison à venir

Concernant l’automne, 54 % des notaires interrogés prévoient un maintien des prix, ce qui pourrait indiquer une stabilité relative, tandis que 46 % anticipent une baisse. Ce panorama reflète l’incertitude qui entoure le marché immobilier, chaque professionnel ayant des attentes divergentes selon sa vision de l’évolution économique et du rapport entre l’offre et la demande.

Conseils des notaires face à cette conjoncture incertaine

Dans un contexte marqué par la prudence, les spécialistes recommandent aux vendeurs d’adopter une stratégie de vente prudente. Ainsi, ils conseillent souvent de mettre en vente leur bien au prix juste dès le départ, plutôt que de le proposer à un tarif supérieur dans l’espoir de négocier ensuite. En effet, une approche trop ambitieuse peut entraîner l’effet inverse : provoquer un désintérêt chez les acheteurs et faire durer indéfiniment la mise en vente, ce qui n’est pas favorable à la réalisation d’une vente rapide et efficace.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.