Le budget cadeaux de Noël des Français augmente malgré un contexte anxiogène

Sophie Lambert

La résilience des Français face aux fêtes de fin d’année en 2026

Malgré un contexte économique incertain et une atmosphère sociale souvent tendue, les citoyens français affichent une détermination à ne pas laisser la morosité ambiante prendre le dessus sur la saison festive. En dépit des difficultés, ces derniers sont résolus à faire briller la magie de Noël et à illuminer la fin de l’année 2026. C’est l’un des principaux enseignements issus d’une étude réalisée par Havas Market, en partenariat avec YouGov, qui porte sur les habitudes de consommation des Français durant la période de Noël ainsi que lors du Black Friday. Réalisée de manière récurrente depuis maintenant cinq années, cette enquête, que le groupe EBRA a dévoilée en exclusivité ce mardi, met en évidence une certaine forme de résistance économique chez les consommateurs et leur attachement profond aux festivités de fin d’année.

Une envie persistante de festivités malgré la conjoncture

Ce qui ressort de l’étude, c’est que, contre toute attente, les Français ont l’intention d’investir davantage dans leurs cadeaux cette année par rapport à 2025. La moyenne prévue pour les dépenses tourne autour de 252 euros, alors qu’elle était de 245 euros lors du dernier Noël. La tendance est la même pour le repas de fête, avec un budget moyen prévu de 180 euros cette année, contre 166 euros en 2025. Selon Léa Roy, responsable retail chez Havas Market, ces augmentations s’expliquent principalement par « un effet mécanique dû à l’inflation », mais aussi par une volonté affirmée de conserver la magie de Noël. « La population souhaite maintenir ses traditions et son niveau de consommation, même si cela suppose de faire de nombreux sacrifices. »

Le recours au crédit et à l’intelligence artificielle en hausse

Face à cette soif de célébration, de plus en plus de Français envisagent de recourir à des solutions de financement pour financer leurs achats de fin d’année : 14 % d’entre eux pensent à contracter un crédit à la consommation, contre seulement 7 % l’année précédente. Par ailleurs, la majorité souhaite modifier ses habitudes pour mieux gérer leur budget. Près de quatre Français sur dix envisagent de planifier leurs achats à l’avance pour mieux maîtriser leurs dépenses, tandis qu’un tiers prévoit de réduire le nombre de cadeaux ou de se tourner vers des options moins onéreuses. La réduction ou la simplification du repas de Noël est aussi adoptée par 27 % des répondants, et 17 % comptent limiter leurs déplacements durant cette période. La recherche de promotions et de bonnes affaires demeure très présente, avec 37 % des Français qui comptent profiter du Black Friday pour réaliser leurs emplettes.

L’usage croissant de l’intelligence artificielle lors des achats de Noël

L’étude révèle également que le recours à l’intelligence artificielle (IA) devient une pratique de plus en plus courante parmi les consommateurs pour préparer leurs achats. 39 % des Français déclarent avoir déjà utilisé ou envisagent d’utiliser l’IA pour cette fin, un chiffre qui grimpe à 61 % chez les moins de 35 ans. Selon Léa Roy, cette technologie est surtout exploitée lors de la première étape du processus d’achat, appelée « considération », qui concerne la recherche d’idées, la comparaison des prix ou des caractéristiques des produits. En revanche, pour la finalisation des achats, ce sont souvent des assistants intégrés aux plateformes, tels qu’Alexa for Shopping sur Amazon, qui prennent le relais, facilitant la constitution du panier ou la commande.

La place de l’IA dans les stratégies d’achat

Parmi ceux qui utilisent l’IA pour leurs achats de Noël en 2026, 44 % l’utilisent pour dénicher des idées de cadeaux, 48 % pour obtenir les meilleurs prix, 39 % afin d’optimiser leur budget, et 37 % pour gagner du temps. Près de 20 % déclarent que cette technologie influence concrètement leur décision d’achat finale, un taux qui grimpe à 29 % chez les moins de 35 ans. La capacité de cette technologie à guider le consommateur dans ses choix et à lui faire économiser du temps semble clairement s’imposer comme un enjeu clé durant cette période.

Une complémentarité marquée entre achat en ligne et shopping physique

La digitalisation des pratiques de consommation ne semble pas remettre en cause le commerce traditionnel, mais plutôt l’enrichir. Selon l’étude annuelle d’Havas Market, si 74 % des Français pensent acheter leurs cadeaux en ligne, dont 16 % exclusivement sur Internet, une majorité préfère combiner les deux modes d’achat. Plus de la moitié continue d’effectuer des achats à la fois en ligne et en magasin. Quatre Français sur cinq consultent internet avant de se rendre en boutique, illustrant cette synergie entre numérique et commerce physique.

La permanence du contact humain et de l’expérience sensorielle

Même si les achats en ligne offrent rapidité et praticité, une majorité de Français, à hauteur de 67 %, privilégient toujours la possibilité de voir, toucher et essayer les produits en magasin. L’importance du contact humain revient également en force : 40 % des consommateurs souhaitent soutenir le commerce local, ce qui représente une hausse de 7 points par rapport à 2025. De plus, 34 % recherchent l’avis et les conseils des vendeurs, soit une augmentation de 10 points. Enfin, près de la moitié des Français, soit 44 %, tiennent à préserver l’ambiance chaleureuse de Noël et la magie de cette période, qu’ils veulent vivre intensément.


Ce contexte témoigne donc d’une année 2026 où la volonté de fêter Noël résiste aux contraintes économiques et où la technologie, notamment l’intelligence artificielle, joue un rôle croissant dans l’expérience d’achat. La tradition, la proximité et l’expérience tactile continuent également de tenir une place essentielle, illustrant une relation hybride entre digital et commerce traditionnel, afin que cette saison reste synonyme de partage et de convivialité.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.