Immobilier : le délai pour régler les loyers impayés passe de deux mois à six semaines

Sophie Lambert

Les propriétaires face à la problématique de l’impayé de loyer

Pour de nombreux propriétaires qui louent leur bien, la crainte la plus fréquente concerne le paiement en retard, voire l’absence totale de paiement des loyers par leurs locataires. Récemment, un décret publié au début du mois de juillet est venu modifier certains aspects de cette problématique. Entrant en vigueur à partir du 1er octobre 2026, cette nouvelle réglementation vise à raccourcir le délai dont disposent les locataires pour régulariser leur situation en cas d’impayés.

Réduction du délai pour agir en cas d’impayés

Jusqu’à présent, les locataires bénéficiaient d’une période de deux mois pour combler leur retard de paiement avant que le bailleur ne puisse envisager des actions pour résilier le contrat. Avec la nouvelle disposition, cette période est désormais raccourcie de quinze jours, ce qui porte la délai total à six semaines. En pratique, cette modification permet aux propriétaires d’agir plus rapidement pour faire valoir la clause résolutoire, un mécanisme qui autorise la résiliation immédiate du bail en cas d’impayé, sans attendre la fin du délai initial.

La procédure du commandement de payer

Notification de paiement à adresser au locataire

Une fois que le propriétaire a constaté que le locataire n’a pas honoré son engagement de paiement, il doit lui envoyer un commandement de payer. Une fois ce document reçu, le locataire dispose de six semaines pour s’acquitter de la somme due. Passé ce délai, le bail peut être résilié. La réduction de ce délai, précédemment de deux mois, à seulement six semaines constitue une mesure visant à renforcer la capacité des propriétaires à limiter la croissance des impayés. Selon une avocate spécialisée en droit immobilier, citée par Le Figaro, cette période raccourcie permet une intervention plus rapide : « La clause peut désormais être activée plus promptement, ce qui évite souvent deux semaines supplémentaires de dettes qui pourraient s’accumuler chaque mois. »

Les limites de cette nouvelle réglementation

Il est important de souligner que si cette réduction du délai laisse entrevoir un avantage pour les propriétaires, elle ne garantit pas que ces derniers percevront rapidement les sommes dues ou qu’ils pourront expulser effectivement le locataire. La décision finale d’expulsion ne peut être prise que par un juge, qui doit statuer après avoir examiné le dossier. La procédure judiciaire peut parfois s’étendre dans le temps, ce qui complique la rapidité d’expulsion effectivement exécutée.

Dispositions applicables aux nouveaux contrats en vigueur

Mesures pour les baux signés après le 1er octobre

Ce renforcement législatif concerne principalement les contrats de location conclus à partir du 1er octobre prochain. Pour les baux signés entre le 6 juillet et cette date, il demeure encore possible de réviser les termes de la clause résolutoire après coup, si nécessaire. Cela donne une certaine flexibilité aux propriétaires qui ont signé leur contrat durant cette période transitoire.

Un bail plus précis, une gestion facilitée en cas de problème

Comme le souligne Le Figaro, il est crucial que les propriétaires examinent attentivement le contenu du contrat de bail qu’ils proposent au locataire. Ce document doit contenir toutes les clauses relatives aux modalités de fin de location, notamment celles qui précisent la procédure en cas d’impayés. Une clause claire et précise écrit permettrait d’agir plus rapidement si des difficultés de paiement venaient à survenir. En l’absence de garanties dans le bail, ces détails rédactionnels peuvent s’avérer essentiels pour intervenir efficacement en cas de problème financier.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.