Une nouvelle journée de tensions à Lens : blocus des lycées et incidents multiples ce lundi

Sophie Lambert

Voici la réécriture des paragraphes en français, en respectant tes consignes :

—

À l’approche d’une journée de mobilisation décisive qui pourrait influencer la suite du mouvement, la colère des lycéens a atteint un sommet lundi, avec un incident particulièrement grave à Lens, dans le Pas-de-Calais. Un adolescent de seulement 15 ans a perdu une de ses mains à cause d’une grenade de désencerclement. Le jeune, qui a été transféré à l’hôpital de Lille, aurait ramassé l’engin à terre pour le repousser, selon certains éléments recueillis par la police. Cependant, cette version est contestée par plusieurs témoins, dont l’un affirme à La Voix du Nord que le jeune a reçu la grenade directement dans la main. La Police nationale a confié à l’Inspection générale (IGPN) une enquête approfondie afin de déterminer précisément les circonstances de ce drame, qui représente l’événement le plus tragique survenu depuis le début de cette mobilisation.

Ce lundi de transition a été ponctué par plusieurs incidents moins graves, mais qui ont tout de même nécessité une vigilance accrue de la part des forces de l’ordre. À Paris, la directrice du lycée des métiers Nicolas-Louis-Vauquelin a dénoncé une vague de violences après plusieurs incendies de mobilier dans l’établissement. Si, dans certaines villes comme Bordeaux, la journée a été moins chaotique qu’à la fin de semaine précédente, il a été signalé des affrontements dans plusieurs régions : à Saint-Brieuc, où des poubelles ont été incendiées et des mortiers tirés, à Pau, où des chaises ont été jetées sur un bus ou des vitrines brisées, à La Rochelle, où un jeune a été blessé par un tir de LBD, et à Béziers, où un arrêt de bus a été caillassé.

La journée de ce lundi s’est déroulée sous haute surveillance policière, comme ici à Bordeaux. Photo Sipa/Ugo Amez

La répression policière, un facteur d’escalade des tensions

Depuis le début du mouvement, la Police nationale a effectué plus de 5 060 gardes à vue, selon les chiffres du ministère de la Justice. Par ailleurs, la Ligue des droits de l’Homme, en collaboration avec d’autres syndicats et associations telles que la CGT, l’UNEF ou la FCPE, a publié ce lundi une dénonciation vigoureuse de ce qu’elle qualifie de « répression policière qui s’abat sur les lycées ». Ces organisations estiment que, loin de calmer la situation, cette politique répressive tend à faire monter la tension, tout en niant le droit fondamental des jeunes à la liberté d’expression. Le communiqué souligne que l’on ne doit pas réduire un mouvement social à ses dérapages, en évoquant notamment le guide opérationnel pour la gestion des violences urbaines publié l’année dernière par le gouvernement.

Ce document, rédigé par le ministère de l’Intérieur, précise que l’objectif premier est de mettre fin aux troubles à l’ordre public en identifiant et en arrêtant rapidement les auteurs de délits. Il insiste sur le fait que les mesures de police doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à la situation. Le Schéma national de maintien de l’ordre, en vigueur depuis 2021, affirme également que la violence contre les forces de l’ordre nécessite des moyens légaux, appropriés, et qui permettent une réponse graduée. Le 30 septembre dernier, Laurent Nunez avait d’ailleurs encouragé les préfets à intervenir rapidement pour mettre fin aux violences et aux dégradations lors des blocages de lycées, en leur demandant d’utiliser la force de manière strictement proportionnée tout en faisant preuve de discernement dans leurs interventions.

À lire aussi : Social. Blocages dans les lycées : après la tragédie de Lens, lycéens et syndicats se préparent à une nouvelle étape de tension

Selon la chancellerie, 87 % des personnes placées en garde à vue sont des mineurs. En ce qui concerne les majeurs poursuivis, les premières sanctions judiciaires ont commencé à être appliquées, notamment par des comparutions immédiates. À Dijon, ce lundi, un jeune homme de 18 ans a été condamné à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour avoir commis des dégradations et grièvement blessé un adolescent, qui ne participait pas au mouvement, en lançant un mortier d’artifice. Sur le plan national, 14 placements en détention provisoire ont été prononcés, regroupant 10 majeurs et 4 mineurs. La place Vendôme indique que le montant total des dégâts cause s’élève déjà à plusieurs millions d’euros.

► Signaler une erreur dans cet article
Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.