L’importance cruciale de la moelle osseuse dans notre organisme
La moelle osseuse, substance vive située à l’intérieur de nos os, joue un rôle fondamental dans la production des cellules sanguines. Elle génère en effet les principaux acteurs du système sanguin, à savoir les globules rouges, qui transportent l’oxygène dans tout le corps ; les globules blancs, essentiels pour notre défense immunitaire ; et les plaquettes, indispensables à la coagulation en cas de blessure. En raison de cette fonction vitale, la moelle osseuse est un élément indispensable à la survie. Lorsque cette dernière ne fonctionne pas correctement ou est atteinte par une maladie, cela peut entraîner des affections graves du sang, telles que les leucémies ou d’autres troubles hématologiques sévères. Dans certains cas, la seule perspective de traitement pour sauver une vie consiste en une greffe de moelle, qui peut permettre de réparer ou de remplacer la moelle défaillante. En conséquence, le don de moelle osseuse constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, car il représente souvent la dernière chance de survie pour de nombreux malades.
Une augmentation significative des inscriptions au registre des donneurs
Au début de l’année 2026, le nombre de personnes qui se sont inscrites comme donneurs potentiels sur la liste dédiée à la moelle osseuse a atteint un niveau record, avec 34 764 nouveaux inscrits lors du premier trimestre. Cette progression spectaculaire correspond à une hausse impressionnante de 260 % par rapport à la même période en 2025. À la date du 30 juin 2026, le registre français comptabilisait au total 451 095 donneurs inscrits, illustrant un effort important dans le recrutement de volontaires pour sauver des vies. Malgré cette augmentation notable, il reste encore un long chemin à parcourir pour pouvoir répondre aux besoins de chaque patient, en particulier lorsque le profil génétique du donneur idéal est rare ou lorsqu’il provient d’une origine ethnique particulière. La diversité de la population inscrite demeure un défi crucial pour assurer une compatibilité optimale et pour augmenter les chances de sauver tous ceux qui attendent un don.
L’appel à la diversité pour renforcer le registre national
À l’occasion de la journée mondiale du don de moelle osseuse, qui a lieu chaque 19 septembre, l’Agence de la biomédecine a lancé un appel à toutes les personnes, en particulier celles issues de groupes ethniques variés, pour renforcer le registre de dons. La campagne met en avant l’importance d’intégrer des donneurs issus de toutes origines, qu’il s’agisse des populations africaines, maghrébines, asiatiques ou encore européennes, hispaniques ou océaniques. La diversité génétique représentée dans ce registre constitue un enjeu central, car la compatibilité HLA, qui conditionne la réussite d’une greffe, dépend également de l’origine géographique et de l’histoire familiale du donneur. La présence d’un large éventail de profils permet d’augmenter considérablement la probabilité qu’un donneur compatible soit trouvé pour chaque patient, quelle que soit son origine ethnique, renforçant ainsi l’effort collectif pour sauver un maximum de vies.
La recherche du double génome : un enjeu pour la réussite de la greffe
Lorsqu’il s’agit d’effectuer une greffe de moelle osseuse, le concept de « jumeau génétique » devient primordial. En effet, chaque individu possède une sorte de carte d’identité immunologique, appelée HLA (Human Leukocyte Antigen), qui se trouve à la surface de ses cellules. Ces marqueurs génétiques jouent un rôle clé dans la reconnaissance du corps par le système immunitaire, lui permettant de distinguer ce qui lui appartient de ce qui pourrait lui être nuisible, comme des virus ou des bactéries. Lors d’une greffe, l’objectif est de réduire au maximum les risques de rejet ou de réaction immunitaire qui pourraient compromettre l’efficacité du traitement. Pour cela, il faut identifier un donneur dont la carte d’identité HLA est aussi proche que possible de celle du patient. La compatibilité s’avère d’autant plus importante que cette carte d’identité est en partie déterminée par l’origine géographique, l’histoire migratoire des populations et la généalogie familiale. C’est pour cette raison qu’un véritable défi consiste à trouver un donateur présentant un profil génétique proche du patient.
Diversifier le registre pour garantir l’égalité des chances
Dans le cadre d’une greffe réussie, il est indispensable de dénicher un donneur dont la constitution génétique est compatible avec celle du patient. Malheureusement, il existe encore une inequité notable : les personnes de profil caucasien ont statistiquement plus de chances de trouver un donneur compatible. La raison principale réside dans le fait que la majorité des registres de donneurs bénévoles ont été développés dans l’hémisphère Nord, où la population est majoritairement caucasienne. À l’inverse, les individus issus de métissages, ou originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, d’Asie ou d’Océanie, disposent de profils HLA moins représentés, ce qui complique leur recherche de compatibilité. Pourtant, il est impératif que le registre permette une chance égale à tous, quel que soit leur profil ethnique ou géographique. La diversification du registre repose notamment sur l’inscription de nouveaux donneurs chaque année, dont une part significative — environ 35 % en 2025 — possède un profil génétique différent. Ce souci d’uniformité et d’équité s’inscrit dans une perspective de santé publique : il est essentiel d’élargir la diversité des profils pour maximiser la réussite des greffes et garantir la meilleure prise en charge possible.
S’engager dans une démarche citoyenne souvent sans contrepartie immédiate
S’inscrire comme donneur de moelle osseuse implique un engagement sincère et désintéressé. En choisissant de faire partie du registre, chaque volontaire doit être conscient qu’il accepte de pouvoir être contacté à tout moment pour effectuer un don en cas de besoin, sans savoir à l’avance le moment précis où cette opportunité se présentera. Certains ne seront peut-être jamais appelés, d’autres recevront une convocation quelques semaines ou quelques mois après leur inscription. La majorité des donneurs ne savent pas encore qu’ils pourraient jouer un rôle déterminant dans la vie d’un patient à la recherche d’un don compatible. Par ailleurs, dans le but d’optimiser la réussite des greffes, les donneurs masculins sont privilégiés dans la sélection, car leur patience immunologique est généralement plus favorable. En effet, les femmes, ayant souvent développé des anticorps lors de grossesses, présentent plus de complications potentielles lors des transplantation. Les cellules des donneurs masculins sont donc généralement considérées comme plus aptes à favoriser la réussite de la procédure, ce qui explique cette priorité.
Une mobilisation citoyenne essentielle pour sauver des vies
Pour conclure, il convient de rappeler que devenir donateur de moelle osseuse implique un geste simple mais profondément humain. En s’inscrivant sur le registre, chacun accepte implicitement d’être potentiallement contacté à tout moment dans le futur, en vue d’un don qui peut changer la vie de quelqu’un. Même si ce don n’est pas toujours nécessaire ou immédiat, la contribution de chaque individu peut faire toute la différence pour un patient en attente. La mobilisation continue et l’augmentation du nombre de donneurs, notamment dans les populations sous-représentées, restent des piliers essentiels pour garantir à tous une chance équitable de guérir. Chaque inscription, chaque don potentiel, représente un espoir pour ceux dont la vie dépend de la générosité et du courage d’autrui.






