Comment déclarer vos cryptomonnaies en impôt : ce que la famille doit savoir

Sophie Lambert

Les cryptocurrencies : une évolution fiscale depuis les années 1990

Les monnaies virtuelles telles que les cryptomonnaies ont vu le jour dans la décennie 1990, mais ce n’est qu’en 2009, avec l’émergence du bitcoin, qu’elles ont véritablement connu une popularité mondiale. En France, l’administration fiscale a commencé à réglementer et à fiscaliser ces actifs innovants à partir de l’année 2015, marquant ainsi une étape importante dans leur intégration dans le système fiscal national.

Une reconnaissance officielle limitée par l’Autorité des marchés financiers (AMF)

Malgré leur popularité croissante, l’AMF, l’autorité régulant les marchés financiers en France, ne considère pas les cryptomonnaies comme de véritables monnaies au sens traditionnel du terme. Au lieu de cela, elle préfère employer le terme de « cryptoactifs » pour désigner ces substances numériques, soulignant ainsi leur caractère spéculatif et leur absence de statut monétaire officiel reconnu par l’État. Cette distinction influence notamment la manière dont ils sont traités fiscalement et réglementairement.

Les cryptomonnaies, une classe de placement soumise à une fiscalité spécifique

Considérés comme des placements financiers, ces assets sont soumis à une réglementation qui s’apparente à celle applicable aux valeurs mobilières. Néanmoins, quelques différences subsistent dans leur traitement fiscal. Leur nature de placements financiers implique qu’ils bénéficient d’un régime particulier, notamment en ce qui concerne la taxation des gains réalisés.

Ce qui doit être déclaré et imposé

En matière d’imposition, seule la plus-value générée par la vente ou l’échange de cryptomonnaies est concernée. Depuis le 1er janvier 2023, l’administration fiscale française distingue deux catégories de vendeurs : les particuliers et les professionnels. Cette distinction permet d’appliquer des taux et des modalités de déclaration différents selon le statut de l’échangeur.

Les modalités d’imposition pour les vendeurs particuliers et professionnels

Les particuliers qui gèrent leur portefeuille privé de cryptos bénéficient du prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé flat tax, qui s’applique indépendamment de la fréquence de leurs transactions. Toutefois, ils ont la possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu si cette option leur permet de payer moins d’impôts. En revanche, pour les professionnels, notamment ceux dont l’activité consiste à acheter et vendre régulièrement des cryptomonnaies dans un but lucratif, l’imposition s’effectue selon le barème progressif applicable aux bénéfices non commerciaux (BNC).

Le calcul précis de la plus-value

Seules les plus-values supérieures à 305 euros dans une année sont imposables. Contrairement à d’autres types de placements où l’impôt est généralement retenu à la source par les établissements financiers, en ce qui concerne les cryptomonnaies, c’est au vendeur de faire le calcul lui-même. Ce calcul est particulier puisqu’il doit prendre en compte non seulement les prix d’achat et de vente, mais également la valeur globale de son portefeuille au moment de chaque opération.

La formule de calcul de la plus-value

La formule utilisée est la suivante : la plus-value correspond au prix de cession diminué de la part de la valeur d’acquisition relative à la proportion de cryptomonnaies vendues dans le portefeuille total. En d’autres termes, il faut soustraire du prix de vente une valeur qui tient compte du prix d’achat total, ajusté en fonction de la part des cryptos cédées dans la totalité du portefeuille. Pour illustrer cette méthode, un exemple simple : si vous avez investi 10 000 euros dans un portefeuille de cryptomonnaies et que vous vendez pour 5 000 euros tout en voyant la valeur de votre portefeuille atteindre 15 000 euros, alors votre plus-value sera calculée comme suit : 5 000 euros moins la valeur ajustée de votre acquisition, soit 10 000 euros multipliés par le rapport entre la vente (5 000 euros) et la valeur totale (15 000 euros), donnant une plus-value imposable d’environ 1 667 euros.

Déclarer ses gains et pertes

Si vous avez enregistré des moins-values lors d’autres opérations, il est possible de les reporter pour réduire le montant imposable de vos plus-values. Contrairement aux valeurs mobilières classiques, ces moins-values sur les cryptomonnaies ne peuvent cependant pas être reportées sur plusieurs années. La déclaration de la plus-value doit être effectuée via le formulaire 2086, puis intégrée à la déclaration principale de revenus 2042, en indiquant la plus-value en case 3N et, si applicable, les moins-values en case 3BN.

Le taux de taxation en vigueur et son évolution

Depuis le 1er janvier 2026, le taux de taxation applicable sur les gains issus des cryptomonnaies est de 31,4 %, incluant l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Ce taux correspond au PFU, qui se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Par exemple, pour une plus-value de 1 667 euros, l’impôt à régler serait d’environ 523 euros, laissant un gain net d’environ 1 144 euros après prélèvements. Ce régime fiscal s’inscrit dans la volonté de l’État de mieux encadrer ce marché en pleine expansion, tout en assurant une contribution équitable à ses recettes par le biais de taxes sur ces investissements numériques.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.