Comment construire un portefeuille diversifié en placements pour votre famille et votre argent

Sophie Lambert

Comprendre la diversification dans la gestion de portefeuille

Lorsqu’on parle d’investissements financiers, la notion de diversification évoque simplement l’idée de ne pas concentrer tous ses fonds dans un seul type d’actif, évitant ainsi de tout miser sur une seule éventualité. En d’autres termes, cela revient à « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». La diversification vise à répartir intelligemment son capital pour limiter les risques encourus.

Il s’agit alors d’investir dans une variété d’actifs financiers, issus de secteurs économiques différents, voire même répartis sur plusieurs zones géographiques. Cette approche repose sur trois grands objectifs : réduire la vulnérabilité de l’ensemble du portefeuille face aux fluctuations d’un secteur ou d’une région, assurer une certaine stabilité dans la performance globale, et saisir de multiples opportunités qui peuvent se présenter sur différents marchés. En combinant plusieurs types d’actifs, un investisseur peut ainsi créer un équilibre entre rendement potentiel et sécurité.

Adapter la diversification selon le profil d’investisseur

Selon votre profil et vos objectifs, votre stratégie de diversification pourra prendre des formes très variées. La panoplie d’instruments d’épargne est large : le Plan d’Épargne en Actions (PEA), le Plan d’Épargne Retraite (PER), ou encore l’assurance vie, qui donnent tous accès à différentes classes d’actifs telles que les actions, les obligations ou encore l’immobilier via des produits comme la pierre-papier (les Sociétés Civiles de Placement Immobilier, ou SCPI).

Faire le choix des actifs à intégrer dans votre portefeuille consiste à répartir votre capital entre ces différentes classes, en tenant compte de votre tolérance au risque. Par exemple, si vous êtes dans la jeunesse et que vous souhaitez maximiser vos gains, vous pourriez privilégier fortement les actions, tout en y intégrant des placements alternatifs tels que les cryptomonnaies, tout en étant peu exposé aux obligations. En revanche, si vous approchez de l’âge de la retraite et que votre appétit pour le risque est limité, il sera plus judicieux d’accorder une part importante à des engagements sécuritaires comme les obligations, de conserver quelques actions pour bénéficier d’une croissance, et d’ajouter un peu d’immobilier pour la stabilité.

Le principe fondamental : la décorrélation des actifs

Il ne s’agit pas simplement de répartir ses investissements sans logique précise, mais de faire en sorte que ces placements soient réellement complémentaires. Un principe clé dans la gestion de portefeuille est la décorrélation, c’est-à-dire l’indépendance ou la faible corrélation entre la performance des différents actifs. L’objectif est d’éviter qu’une chute conjointe de plusieurs actifs ne mette en péril la totalité de votre capital. Plus vos investissements sont peu liés entre eux, meilleure sera la diversification et plus efficacement vous pourrez tolérer certaines fluctuations sans compromettre l’ensemble de votre placement.

Une stratégie encore plus avancée consiste à rechercher des corrélations négatives, où la baisse de la valeur d’un actif entraîne mécaniquement une hausse d’un autre. Par exemple, il est historiquement connu que les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) ont souvent tendance à évoluer inversement de l’immobilier, permettant ainsi de réduire le risque global du portefeuille en équilibrant ces deux types d’actifs.

Investir via des fonds pour une diversification sectorielle

Une autre manière efficace de diversifier consiste à investir dans des fonds, qui offrent une diversification sectorielle au sein même d’une même classe d’actifs. Les fonds d’investissement donnent accès à un grand nombre de titres différents, représentant une multitude de secteurs économiques, ce qui permet de réduire considérablement le risque lié à la performance d’un seul titre ou secteur précis. Cette méthode offre l’avantage de limiter l’exposition à un seul domaine tout en bénéficiant d’une gestion collective.

Toutefois, cette stratégie comporte aussi certains inconvénients : les frais de gestion y sont généralement plus élevés. Néanmoins, en permettant une meilleure gestion des coûts liés à la diversification, ces fonds contribuent à préserver l’efficience globale de votre portefeuille, en évitant que les frais ne grèvent trop votre rendement.

Intégrer des placements dits « plaisir » dans sa stratégie de diversification

Une approche qui prend en compte le plaisir ou le sens de l’investissement s’appuie sur une vision hiérarchisée de l’épargne, semblable à la pyramide de Maslow—initialement conçue pour illustrer les besoins humains. Selon cette vision, la constitution d’un portefeuille ne se limite pas à la recherche du rendement ; elle intègre également des placements offrant une dimension de satisfaction personnelle ou symbolique.

Au bas de cette pyramide, on trouve l’achat de la résidence principale, qui constitue souvent la première étape pour assurer sa sécurité. Ensuite, viennent d’autres éléments comme l’épargne de précaution ou les fonds garantis en euros, puis l’immobilier locatif et, enfin, la bourse. En haut, apparaissent des investissements plus spéculatifs ou alternatifs, tels que les cryptomonnaies, l’art, ou les matières premières, qui apportent une dimension plus sentimentale ou esthétique. La création de cette hiérarchie souligne que la diversification ne doit pas seulement viser la rentabilité : elle doit également intégrer ces « plaisirs » ou cette quête de sens.

En conclusion, la diversification n’est pas une stratégie figée, mais plutôt un principe dynamique qu’il convient d’adapter à chaque profil d’investisseur, tout en respectant certains fondamentaux comme la décorrélation, pour construire un portefeuille équilibré, résilient face aux aléas économiques.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.