Comment Alexandra construit sa vie sans attendre l’amour : son témoignage face au manque de temps

Sophie Lambert

Alexandra, une femme indépendante, à la recherche de son propre chemin

À 47 ans, Alexandra, originaire de Bourgogne, ne se considère pas comme une femme à la recherche de l’amour. Elle affirme fièrement : « Je me suis construite mon avenir seule, et c’est une grande source de fierté pour moi. » Depuis la rupture qu’elle a vécue en 2006 avec le père de son fils, elle a entretenu diverses relations, plus ou moins longues, mais n’a jamais partagé de logement ni construit un quotidien en couple. Selon les statistiques de l’Insee, près de trois femmes sur dix âgées de 45 à 49 ans en France vivent seules sans être en couple.

Une décision initiaux de privilégier sa famille

Le célibat d’Alexandra trouve ses racines dans une décision de prioriser son rôle de mère. « Je voulais uniquement consacrer mon attention à mon fils et lui offrir une vie de qualité, en dépit de la rupture avec son père, » explique-t-elle. Elle ne souhaitait pas non plus faire entrer différents hommes dans sa vie de tous les jours. « Je pensais que cela pourrait être malsain pour lui. » Pour éviter de le troubler, elle gardait ses relations amoureuses discrètes, ce que l’on pourrait qualifier de garder ses « histoires » dans l’ombre. Aujourd’hui, son fils ayant 22 ans, il commence à lui demander de le présenter à quelqu’un. Sa réponse, souvent un sourire en coin : « Je lui dis que je n’ai pas le temps », raconte Alexandra en riant.

Une vie centrée sur l’autonomie et l’indépendance

Pour Alexandra, rester libre lui permet de faire des choix qu’elle n’envisagerait pas si elle était en couple. L’année précédente, elle a ainsi changé de carrière pour devenir ambulancière, troquant un emploi de bureau avec un horaire fixe contre un travail plus imprévisible. « Si j’avais quelqu’un avec moi tous les jours, cela compliquerait beaucoup la situation, » reconnaît-elle. Ses horaires décalés s’accompagnent d’un emploi du temps chargé, ponctué par de nombreuses séances de sport, qui occupent fortement ses journées.

Une femme qui construit sa vie à sa façon

Elle explique également avoir pris la décision de s’installer en dehors de la campagne, notamment en s’installant à proximité de Dijon, simplement parce qu’elle en avait envie. « Je suis partie vivre où je souhaitais, sans me soucier du reste », confie-t-elle. Ses proches lui font parfois remarquer qu’elle n’a pas vraiment de place pour un homme dans sa vie, ce à quoi elle admet volontiers qu’ils ont en partie raison.

Les séquelles de relations difficiles

Les expériences amoureuses d’Alexandra ont laissé des marques. La dernière relation en date, une liaison de deux ans avec un homme qu’elle qualifie de « pervers narcissique » et qui s’est achevée en 2022, a renforcé sa conviction qu’elle était mieux seule. Elle raconte : « Mes proches ne me reconnaissaient plus. Je me sentais prête à tout changer, à tout donner pour cette personne, jusqu’à en perdre toute trace de moi-même. » Elle s’est alors promis de ne plus jamais se laisser submerger par une relation amoureuse qui pourrait lui faire perdre son identité.

Une vision lucide sur l’avenir sentimental

Lorsqu’elle envisage la possibilité de rencontrer quelqu’un, Alexandra confie qu’elle adopte désormais une attitude de méfiance, en cherchant même à percevoir le moindre mauvais aspect chez l’autre, avant de voir ses qualités. Elle avoue aussi que son style de vie très indépendant et actif lui donne parfois l’impression de faire peur aux hommes : « Je crois que je fais un peu peur aux hommes parce que je suis très sportive et autonome. » Malgré tout, elle précise qu’elle n’est pas fermée à l’idée d’une relation. Elle préfère simplement laisser le hasard faire son œuvre, en étant ouverte à ce qui pourrait arriver. Si quelqu’un devait entrer dans sa vie, il devrait lui apporter plus que ce qu’elle se donne à elle-même, car elle cherche à faire évoluer cette égalité dans sa relation.»

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.