Ce qui change dès le 1er avril : prime d’activité, aides sociales et impôts sur le revenu

Sophie Lambert

Changements majeurs pour le portefeuille des Français à partir du 1er avril

Ce premier avril marque l’entrée en vigueur de nombreuses mesures ayant un impact direct sur le pouvoir d’achat des citoyens français. Parmi celles-ci, la réévaluation des aides sociales, le lancement de la campagne pour la déclaration d’impôts, la redistribution du chèque énergie, ainsi que diverses modifications concernant le prix du gaz. Ces ajustements, qui touchent plusieurs aspects de la vie quotidienne, seront ressentis concrètement dans le budget des ménages au cours des semaines à venir.

Augmentation annuelle des prestations sociales

Chaque début avril, le gouvernement procède à l’augmentation de plusieurs prestations sociales afin de suivre la progression de l’inflation. Pour l’année 2026, cette hausse est fixée à 0,9 %, en tenant compte de l’évolution du coût de la vie entre février 2025 et janvier 2026. Concrètement, cela se traduit par une revalorisation du Revenu de solidarité active (RSA), qui s’établit désormais à 653,33 euros par mois pour une personne isolée. De même, l’allocation aux adultes handicapés (AAH) connaît une hausse pour atteindre 1 042,62 euros. Les allocations familiales ainsi que les aides personnalisées au logement (APL) ont également été ajustées pour mieux correspondre à la situation spécifique de chaque bénéficiaire. Ces nouveaux montants seront visibles lors du versement prévu début mai, où ils seront intégrés aux paiements du mois d’avril.

Une prime d’activité plus généreuse pour de nombreux bénéficiaires

La prime d’activité, une aide essentielle pour soutenir les revenus modestes, connaitra une augmentation appréciable de 50 euros par mois en moyenne. Cette hausse constitue une réponse attendue de longue date, puisque près de 3 millions de foyers, parmi les 4,55 millions qui touchent cette prime, seront concernés. La tranche précise des bénéficiaires concerne ceux qui gagnent le SMIC ou un peu plus, jusqu’à 1,4 SMIC. La prime d’activité vise à encourager l’activité professionnelle tout en soutenant financièrement les travailleurs aux revenus limités. Son calcul repose sur plusieurs critères, notamment les revenus du foyer, sa composition, sa situation de logement, ainsi que d’autres aides sociales éventuellement perçues.

Ouverture officielle de la campagne déclarative pour l’impôt sur le revenu

Comme à chaque début d’année, la période de déclaration des revenus est lancée. Les contribuables doivent faire connaître l’ensemble de leurs revenus perçus en 2025, que ce soit en ligne ou par courrier. À compter du 9 avril, il sera possible de consulter et de modifier la déclaration préremplie en ligne. Une fois vérifiée et complétée, la déclaration doit être validée dans un délai variant de six à huit semaines, selon la localisation géographique du contribuable. Ce processus permet d’assurer une mise à jour précise des informations et de préparer la prochaine période de versement des impôts.

Le prix du gaz : une tendance à la légère baisse

Le prix indicatif du gaz naturel, publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), présente une baisse minime pour ce mois-ci. Pour l’ensemble des consommateurs résidentiels, le coût moyen du kilowattheure pour la cuisson ou l’eau chaude s’établira à 0,13488 euro TTC, contre 0,13569 euro précédemment. Pour le chauffage, le tarif passe quant à lui de 0,10514 à 0,10415 euro TTC. Bien que ces diminutions soient faibles, il est peu probable qu’elles perdurer, surtout dans un contexte géopolitique instable marqué par le conflit au Moyen-Orient et des attaques ciblant des sites gaziers, ce qui pourrait influer à la hausse sur ces prix dans les mois à venir.

Le retour du chèque énergie pour aider les ménages

Depuis le 1er avril, une nouvelle distribution du chèque énergie a été lancée pour des millions de foyers en France. Le montant varie entre 48 et 277 euros, selon le revenu et la taille du ménage. La vaste extension de ce dispositif permet désormais d’inclure 700 000 ménages supplémentaires, les aidant à régler leurs factures d’énergie, que ce soit pour l’électricité, le gaz, le fioul ou le bois. Les bénéficiaires automatiques recevront leur chèque directement à partir du début du mois. Ceux qui devront effectuer une demande volontaire seront contactés par mail, SMS ou courrier postal à partir de ce même mois. Lors de l’année 2025, ce coup de pouce avait permis à près de 3,8 millions de ménages de réduire leur facture énergétique.

Derniers jours pour réclamer des droits à congés liés à des arrêts maladie antérieurs

Les salariés qui ont été en arrêt maladie entre 2009 et 2024 disposent jusqu’au 23 avril 2026 pour faire valoir d’éventuels droits non acquis à des congés payés. Au-delà de cette date, il deviendra impossible de réclamer ces droits auprès de leur employeur. La récente loi DDADUE, adoptée en avril 2024, a également modifié le cadre en permettant aux salariés d’acquérir de nouveaux jours de congé payés pendant une période d’arrêt de travail, renforçant ainsi leur protection sociale.

Fin de la trêve hivernale : reprise des expulsions locatives

La trêve hivernale, qui avait suspendu pendant cinq mois toute procédure d’expulsion locative pour protéger les occupants en difficulté, prend fin ce 31 mars. À compter du 1er avril, les expulsions peuvent à nouveau être engagées, sous réserve de décision judiciaire. Le retour en force de ces procédures marque une étape importante dans la gestion des situations d’impayés et de tensions liées au logement, avec une reprise également des démarches administratives et judiciaires.

Une hausse des coûts pour certains actes médicaux

A partir du mois d’avril, plusieurs actes médicaux vont voir leur prix augmenter, ce qui pourrait entraîner une hausse des restes à charge pour les patients. La principale augmentation concerne les actes à tarif élevé : dès que le montant dépasse 120 euros, la participation forfaitaire versée par le patient passe de 24 à 32 euros, soit une hausse de 8 euros, équivalente à +33 %. Ces modifications concernent des actes courants mais techniques, tels que certains types d’interventions chirurgicales, des examens spécialisés ou des traitements laser, qui deviennent plus coûteux pour les patients n’étant pas couverts intégralement par leur mutuelle.

Les frais hospitaliers sous la loupe

Depuis mars, le gouvernement a transféré une partie du coût lié à certains actes hospitaliers vers les complémentaires santé. Cela concerne notamment le forfait journalier hospitalier ou encore le forfait d’urgence. Si ces mesures permettent de réaliser des économies, elles peuvent aussi engendrer des coûts supplémentaires pour ceux qui disposent de peu ou pas de couverture complémentaire, renforçant ainsi le poids financier pour certains patients.

Le remboursement des petites dépenses médicales par la mutuelle

Pour ceux qui disposent d’une mutuelle, la couverture des frais médicaux est généralement assurée, diminuant ainsi leur reste à charge. Sans complémentaire, cependant, le reste à payer est intégralement à la charge du patient. La recentralisation des frais, notamment la hausse des tarifs pour certains soins, a été accompagnée par une augmentation du forfait journalier hospitalier, qui a aussi été relevé pour financer le transfert de charges décidé par le gouvernement.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.