Lutte contre la chute des cheveux : un aperçu des thérapies par lumière LED et laser
La chute de cheveux concerne un grand nombre d’individus à l’échelle mondiale, ce qui pousse beaucoup d’entre eux à expérimenter différentes solutions visant à freiner ce phénomène. Parmi ces options, une méthode qui gagne en popularité est l’utilisation de la lumière à faible intensité, que ce soit par LED ou par laser. Ces techniques, souvent regroupées sous le terme de luminothérapie ou luminodermie, proposent d’atténuer la perte capillaire. L’utilisation consiste généralement à porter un casque dédié durant une quinzaine à une trentaine de minutes chaque jour à domicile. Ces dispositifs peuvent atteindre des prix supérieurs à mille euros, sans bénéficier de remboursement, ce qui soulève plusieurs questions quant à leur efficacité réelle ou s’il ne s’agit que d’un argument marketing.
Comment fonctionne cette thérapie par lumière?
Le principe sous-jacent de la thérapie par laser ou LED à faible intensité repose sur un procédé appelé photobiomodulation. Les dispositifs exploitent des longueurs d’onde spécifiques, principalement dans la gamme de 630 à 670 nanomètres, qui auraient la capacité de stimuler le follicule pileux — la structure responsable de la croissance des cheveux — en augmentant leur niveau d’activité. Les casques LED, quant à eux, dispersent une lumière plus large sur une zone plus étendue du cuir chevelu, mais avec une précision et une puissance moindres comparées aux lasers individuels. Leur conception vise à couvrir une surface plus grande, mais au prix d’une moindre intensité et efficacité potentielle.
Il demeure toutefois une incertitude quant à leur efficacité, car « aucune étude approfondie n’a encore permis de confirmer leur succès de manière définitive, quelle que soit la forme ou le type d’alopécie concernée », indique la seule méta-analyse publiée en 2025. Celle-ci rassemble et examine toutes les publications scientifiques portant sur ces dispositifs, notamment ceux regroupés sous la dénomination commune de Low-level laser/LED therapy (LLLT), pour évaluer leur impact réel sur la croissance capillaire.
Les premiers signaux d’efficacité dans l’alopécie la plus courante
Une étude indépendante, menée par une équipe de chercheurs sans liens avec les fabricants des appareils, a été dirigée par le Dr Phillip Frost, spécialiste en dermatologie à l’Université de Miami. La recherche a examiné un ensemble de 38 études portant sur près de 3 100 patients, principalement souffrant d’alopécie androgénétique — une perte progressive de cheveux souvent liée à des facteurs hormonaux et génétiques. Parmi les autres participants, certains étaient atteints d’alopécie cicatricielle, qui entraîne une destruction définitive des follicules, ou encore de pelade, une chute en plaques liée à une maladie auto-immune, ainsi que d’effluvium télogène, une chute diffuse souvent causée par un stress, une maladie ou un déséquilibre hormonal, ou encore des pertes dues à la chimiothérapie.
Les résultats de cette étude indiquent qu’il existe un potentiel réel pour la thérapie laser de faible intensité sur la croissance capillaire, notamment chez les individus atteints d’alopécie androgénétique. En effet, chez ceux dont la perte de cheveux était récente ou encore faible, la densité capillaire a considérablement augmenté après plusieurs mois de traitement, surtout après 20 semaines, comparée à un groupe témoin n’ayant pas reçu cette thérapie. Les chercheurs concluent donc que la LLLT pourrait représenter une option thérapeutique intéressante pour ces patients, bien que ces résultats doivent encore être corroborés par des données supplémentaires.
En revanche, concernant les autres formes d’alopécie, les résultats restent trop limités pour pouvoir établir une efficacité à tout le moins fiable. La grande diversité des appareils, allant des casques à diodes laser aux bonnets en tissu, ainsi que la variété des protocoles de traitement, rendent difficile une interprétation claire des données. La grande hétérogénéité observée complique ainsi toute tentative d’évaluation précise de l’impact de cette thérapie sur la croissance capillaire.
Deux dermatologues de renom, les Drs Dawn Queen de l’Université de Columbia et Marc R. Avram de Weill Cornell Medical College, ont commenté ces résultats dans la revue Dermatologic Surgery. Ils avancent que la LLLT pourrait favoriser la croissance des cheveux par plusieurs mécanismes : une meilleure circulation sanguine du cuir chevelu, une stimulation directe des follicules pileux ou encore un effet anti-inflammatoire. Toutefois, ils soulignent que, malgré une grande acceptation de l’innocuité de ces dispositifs, aucune étude n’a encore dépassé deux ans d’utilisation. Par conséquent, il reste des questions sur la durabilité de leur efficacité à long terme. Leur avis est que cette thérapie possède un potentiel, notamment si elle est associée à d’autres traitements classiques, pour une approche plus complète de la chute des cheveux.






