Au lycée Marie-Curie, une avant-première de la rentrée avec le tournage du film “Enfin seuls”

Sophie Lambert

Premiers pas dans l’établissement : une immersion inédite dans les installations

Ce mardi 1er septembre marque une étape importante pour un groupe d’élèves qui effectueront leur rentrée officielle dans cet établissement. Cependant, dès la journée précédente, ces jeunes ont eu la chance de découvrir une partie des locaux de manière exclusive et en avant-première. Leur initiation s’est concentrée principalement sur un espace particulier : les toilettes. Celles-ci se trouvent dans une vaste salle carrelée aux portes vertes, un lieu qui a été choisi pour une scène de tournage le jeudi 27 août, dans le cadre du film intitulé « Enfin seuls », réalisé par Marie Loustalot. Sur des petits moniteurs de contrôle, ces élèves ont ainsi pu observer, au-delà de leur simple usage quotidien, ce qui se passe dans cet espace souvent considéré comme banal.

La réalisation d’un film à proximité du lycée : un tournage en images

Ce film, qui devrait être présenté sur les écrans en 2027, a été principalement tourné dans la région de Strasbourg, avec quelques séquences tournées à Ribeauvillé. L’histoire met en scène une fratrie de trois adolescents qui vivent dans une famille dysfonctionnelle, à un point tel qu’ils se retrouvent à devoir se débrouiller seuls. La réalisatrice, Marie Loustalot, confie que cette narration s’inspire en quelque sorte de sa propre vie, ce qui rend cette œuvre encore plus personnelle pour elle. Lors de leur rencontre avec la réalisatrice, les lycéens, manifestement intimidés, ont écouté avec attention ses explications sur le processus de création cinématographique. La jeune Ambrine, âgée de 14 ans et aspirant à faire carrière dans le cinéma depuis qu’elle est petite, a partagé son enthousiasme en déclarant combien elle trouvait cela formidable de pouvoir assister à une telle expérience. Pour elle, voir un film en tant que spectatrice, tout en découvrant ses coulisses, représente une opportunité précieuse et motivante.

Un aperçu immersif du quotidien à la tête du projet

Le tournage de ce long-métrage s’est principalement déroulé dans la ville de Strasbourg, mais aussi dans la charmante cité de Ribeauvillé. La sortie en salles du film est prévue pour 2027. L’histoire se concentre sur trois jeunes issus d’une famille disloquée, qui doivent apprendre à survivre dans un contexte familial fragilisé. Marie Loustalot a avoué que cette narration est en partie autobiographique, ce qui donne une touche authentique à son récit. Lors d’une séance de rencontres, elle a pris le temps d’expliquer aux lycéens, certains étant un peu intimidés par la dimension technique du cinéma, les rôles et missions de différents spécialistes du secteur. Comment se passe la fabrication d’un scénario ? Quel est le rôle du chef opérateur ? Quelles étapes interviennent pour financer un film ? Autant de questions auxquelles la réalisatrice a répondu avec patience, donnant ainsi aux jeunes un aperçu concret de leur futur métier.

Le lycée, un atelier au cœur du tournage

Le lycée a donc servi de véritable camp de base pour cette production cinématographique. Pendant l’été, différentes zones de l’établissement ont été mobilisées pour accueillir l’équipe, notamment : le Centre de Documentation et d’Information (CDI) transformé en atelier de décors, une salle de musique devenue régie, et d’autres espaces dédiés à la préparation des scènes. Entre plusieurs lieux de tournage, comme le parc de la Citadelle, un appartement dans le quartier de l’Esplanade, une boîte de nuit, ou encore le lycée Jean-Monnet, cette immersion a permis aux élèves de voir leur établissement jouer un rôle actif dans la création d’un film. La présence de l’équipe a permis aux élèves de mieux comprendre la dimension logistique et artistique nécessaire à la réalisation d’un projet cinématographique ambitieux, tout en leur donnant envie de s’investir dans cette filière.

L’ouverture des horizons : un enseignement innovant et enrichissant

Au-delà du processus de tournage, l’établissement cherche également à élargir la vision de ses élèves en matière de métiers liés au cinéma et à l’audiovisuel. Dans cette optique, le professeur d’allemand Mickaël Brétel-André a précisé que ces questions seront abordées dans le cadre des cours, notamment dans l’option « cinéma-audiovisuel » (CAV). Une particularité notable pour cette année : cette matière sera aussi proposée en langue allemande, en tant que discipline non linguistique (DNL), dans le cadre de la section européenne. L’objectif est double : relancer la dynamique de l’apprentissage de l’allemand et ouvrir les horizons des élèves en leur proposant des contenus variés et innovants. La participation à ces activités concrètes, comme la visite du plateau de tournage ou la rencontre avec des professionnels, constitue une expérience enrichissante et motivante pour ces jeunes, leur permettant d’appréhender leur orientation avec plus de confiance et d’aspirations élargies.

Conclusion : un établissement tourné vers l’avenir et la découverte

Ce projet de tournage, mené dans le cadre scolaire, témoigne de la volonté de l’établissement d’associer apprentissage, pratique et découverte. En impliquant ses élèves dans un processus réel de création cinématographique, il leur offre une opportunité unique d’appréhender concrètement le monde du cinéma, tout en leur ouvrant des perspectives professionnelles variées. À travers ces initiatives, l’établissement affirme son rôle de lieu d’expérimentation et de développement pour ses jeunes, en leur proposant des expériences formatrices, originales et motivantes pour leur avenir.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.