8 étapes et 1 155 km à vélo entre Kembs et Étaules pour célébrer 30 ans d’amitié

Sophie Lambert

Un défi exceptionnel entre Kembs et Étaules à vélo

Joël Roudaire, le maire de Kembs, en Alsace, a décidé avec Gilles Cortinovis, un membre actif du comité de jumelage de la commune, de relever un défi ambitieux : effectuer un trajet à vélo reliant leur ville à Étaules, en Charente-Maritime. Cet objectif a été fixé en l’honneur des trente ans de l’établissement du jumelage entre ces deux localités, une étape symbolique pour renforcer les liens entre elles. Après une période de préparation méticuleuse s’étalant sur plusieurs mois, les deux hommes avaient tout planifié pour que cette aventure soit une réussite. L’ensemble du périple, comprenant l’itinéraire et les étapes, était géolocalisé sur des dispositifs GPS, en plus de chaque étape étant parfaitement préparée avec des réservations d’hôtels d’avance. Les vélos étaient contrôlés et révisés pour assurer leur fiabilité. Le départ de cette extravagance sportive a été donné le jeudi 7 mai à 8 heures, dans une ambiance teintée d’enthousiasme. Les deux cyclistes, qui s’entraînent depuis six mois, abordaient cette étape avec une confiance mesurée. Joël Roudaire, pour sa part, évoquait son entraînement rigoureux, soulignant qu’il avait accumulé environ 3 000 kilomètres de pratique en six mois, renforçant ses muscles à l’aide de séances de musculation.

Les Alsaciens relèvent à leur tour le défi cycliste

Deux ans après que leurs homologues étaulais, se rendant en Alsace, eurent accompli leur voyage à vélo en seulement cinq jours, ce fut au tour des habitants de Kembs de relever leur propre défi. Les Alsaciens, qui disposent d’un club cycliste bien organisé, ont toutefois pris conscience que leur niveau d’expérience diffère de celui des professionnels d’Étaules, considérés comme des experts, tandis que eux-mêmes se considèrent comme de simples amateurs. Le périple s’étale sur sept jours, avec un programme d’étapes passant par des villes comme Baume-les-Dames, Thavaud, Autun, Azy-le-Vif, La Châtre, Poitiers jusqu’à la dernière étape sur l’île de Ré pour conclure en arrivant à Étaules. Le maire qualifie cette aventure de « petit défi physique », mais son collègue, Christian Boguet, secrétaire adjoint du comité de jumelage, préfère employer le terme de « grand défi » pour souligner l’importance et la difficulté de cette entreprise.

Un itinéraire allongé et une préparation minutieuse

La distance conventionnelle entre Kembs et Étaules par voie routière est de 875 kilomètres, néanmoins, les cyclistes ont décidé de parcourir une distance sensiblement plus longue, soit environ 1 155 kilomètres. Le maire de Kembs explique que leur choix s’est porté sur un tracé qui emprunte majoritairement des pistes cyclables, représentant environ 80 % du trajet. Cette approche leur permet de profiter pleinement de leur voyage tout en limitant les imprévus. Pour ce faire, ils se sont munis d’une carte détaillée des pistes cyclables en France, ainsi que d’applications de cartographie numérique, pour sélectionner les routes les plus adaptées à leur voyage. Parmi les déviations, une escale à La Rochelle et sur l’île de Ré a été prévue, afin de pouvoir admirer les paysages tout en respectant leur itinéraire. Le maire ajoute que si des opportunités de visites s’offrent à eux en chemin, elles seront intégrées à leur parcours sans hésitation.

Une assistance à la hauteur d’un grand raid

Pour permettre à Francis Schacher, adjoint au maire, et à Christian Boguet, de faire une partie du voyage avec eux, le trio sera rejoint à partir de la quatrième étape par ces deux accompagnants. Jusqu’à leur arrivée en Charente-Maritime, l’équipe sera logée en bus, tandis que le maire et Gilles Cortinovis continueront leur route à vélo, assistés par la camionnette qui transporte leurs vélos de rechange. L’assistance à vélo sera assurée par Francis Schacher, âgé de 73 ans, et Christian Boguet, qui suivront le groupe en véhicule tout en pédalant entre 40 et 50 km par étape. Les deux hommes utiliseront des vélos électriques pour faciliter leur effort et assurer leur présence durant le trajet.

Prêts pour affronter les aléas du voyage

À la veille de leur départ, ni Joël Roudaire ni Gilles Cortinovis ne montrent de signes d’appréhension. Tout est prêt pour cette première expérience, avec une valise d’équipements pour faire face à d’éventuels incidents. Ils disposent de crampons glacés, de crèmes antalgiques, d’anti-inflammatoires, ainsi que de chambres à air de rechange et d’outils pour réparer d’éventuels crevaisons ou défaillances mécaniques. Même si leur excitation est palpable, les deux cyclistes restent conscients que des imprévus peuvent survenir, notamment des courbatures ou des douleurs. Gilles évoque son inquiétude pour son genou, tandis que Joël admets craindre d’avoir mal à cause des longues heures en selle. Leur équipement a été soigneusement sélectionné pour éviter toute panne ou incident en cours de route, avec une assistance technique prête à intervenir à tout moment. Leur préparation semble rigoureuse, semblable à celle d’un grand tour cycliste, dans l’espoir de ne rien oublier et d’assurer un voyage sans encombre.

Une arrivée festive et un week-end de commémoration

Une fois arrivés en Charente-Maritime, les quatre Alsaciens seront rejoints par le reste du comité de jumelage, qui viendra en bus depuis Kembs. La célébration des 30 ans du jumelage sera alors l’occasion d’un week-end de festivités, rassemblant les habitants et les représentants des deux communes. En attendant, la chronique de leur aventure cycliste est suivie en direct sur la page Facebook dédiée aux amis du jumelage entre Kembs et Étaules, permettant à tous de suivre leurs exploits à distance. La réussite de cette aventure témoigne de la solidarité et de l’esprit sportif qui animent ces deux communautés, prêtes à célébrer ensemble trois décennies de liens fraternels à travers ce défi à vélo.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.