Voici un titre révisé en moins de 100 caractères : Dix points clés sur la 14e édition du Festival sans Nom à Mulhouse.

Sophie Lambert

Une diversité d’auteurs pour le Festival sans Nom

Depuis ses débuts, le Festival sans Nom s’est donné pour mission d’accueillir des écrivains œuvrant dans tous les sous-genres du roman policier. Que ce soit le thriller palpitant, le roman à enquête, le polar noir sombre, le cozy mystery douillet, ou encore le récit historique mêlant mystère et suspense, cette manifestation rassemble des talents variés. Elle met en avant à la fois de jeunes plumes encore peu connues, des auteurs établis dans le genre, sans oublier ceux qui, tout en étant reconnus pour d’autres genres littéraires, s’essaient avec succès à la littérature policière. Bien que la majorité des écrivains présents soient issus du monde francophone, le festival a également su s’ouvrir à la scène européenne, en accueillant cette année Diane Jeffrey, une auteure britannique à succès dont les œuvres commencent à être diffusées dans l’Hexagone.

Une sélection exigeante d’écrivains fidèles

Parmi les créateurs qui reviennent régulièrement aux éditions du festival, certains ont acquis un statut de piliers, tandis que d’autres sont sélectionnés par le parrain de l’événement pour leur opus récent. La règle d’or imposée par les organisateurs est que chaque auteur invité doit avoir publié au cours de l’année écoulée, afin de garantir la nouveauté et la fraîcheur des ouvrages présentés. R. J. Ellory, écrivain britannique de renom, occupe une place à part : il est en effet le parrain lors de la toute première édition et participe presque chaque année depuis, en dehors de 2020 où la pandémie l’a empêché d’être présent, étant alors confiné en Angleterre. Parmi la liste régulière des participants se trouvent également des auteurs tels qu’Alain Decker, Ingrid Desjours, Sandrine Destombes, Nicolas Druart, Nicolas Feuz, Alexis Laipsker, Frank Leduc, Mo Malø ou Romain Puértolas, tous fidèles à cet événement annuel.

Le chiffre mythique : 30

Le chiffre 30 représente le nombre d’écrivains présents chaque année lors du festival, et il est considéré comme un seuil sacré. Le maintien de cette jauge permet de préserver un cadre convivial et à taille humaine. Selon Luc Widmaier, libraire, fondateur et vice-président de l’association organisatrice, cette dimension humaine est essentielle pour offrir aux auteurs une attention personnalisée, qu’ils apprécient grandement. La sélection rigoureuse et la qualité de l’accueil trouvent leur expression dans cette logique de solliciter un nombre limité, mais représentatif du talent du genre, tout en garantissant une ambiance chaleureuse.

Une figure de proue : Niko Tackian

C’est Niko Tackian qui assure cette année la présidence de la 14e édition du festival. Connu pour ses œuvres mêlant polar, thriller psychologique et roman noir, cet auteur, également scénariste et réalisateur, s’est imposé comme un interlocuteur privilégié pour les lecteurs. La direction du festival a particulièrement apprécié sa personnalité discrète mais accessible, qui aime échanger et partager sa passion avec le public. Son dernier roman, intitulé « Le Hameau » et publié chez Calmann-Levy, relate le destin croisé de trois personnages en situation difficile. La relation entre l’écrivain et le Festival sans Nom est fidèle : il a souvent été présent, à l’exception de 2020, consolidant ainsi sa place parmi les figures majeures de cet événement.

Le lieu et le calendrier

Depuis 2019, le festival s’est installé sur le campus de la Fonderie, situé au 16 rue de la Fonderie à Mulhouse, un espace suffisamment vaste pour accueillir le grand nombre de visiteurs, tout en conservant une ambiance conviviale. Sur place, la librairie Bisey, qui fête ses 120 ans cette année, tient un stand permanent, tout comme le collectif du Gang du livre à roulettes, spécialisé dans les ouvrages d’occasion. La date retenue cette année est le week-end des 17 et 18 octobre, avec une ouverture le samedi de 10h à 18h, et le dimanche de 10h à 17h. Les auteurs y seront présents pour signer leurs livres et échanger avec les lectures. Il est toutefois conseillé aux visiteurs de venir avec leurs ouvrages ou de les acheter directement sur place auprès des libraires présents.

Les activités et rencontres

Le cœur de cette manifestation réside dans la rencontre avec les auteurs et leurs œuvres. Lors de cet événement à échelle humaine, chaque écrivain participera à au moins une table ronde ou une discussion ouverte au public, qui se tiendra dans des amphithéâtres et salles adjacentes autour du hall central de la Fonderie. Les passionnés de Romain Puértolas, qui a notamment scénarisé son roman autour de Xavier Dupont de Ligonnès, pourront réécouter l’auteur évoquer ses méthodes d’investigation ou sa nouvelle uchronie intitulée « Ma vie sans moustache », qui imagine ce qui aurait pu arriver si Hitler n’était pas mort dans son bunker.

Avant-premières cinématographiques

Le festival proposera également deux projections en avant-première. Le samedi soir, à 19h30, le cinéma Palace de Mulhouse présentera la version restaurée en 4K du film culte « Mysterious Skin », de Greg Araki, adapté du roman éponyme de Scott Heim. Le dimanche, à 16h10, sera diffusé en exclusivité « Karma », le dernier film de Guillaume Canet, avec Marion Cotillard, permettant aux spectateurs de découvrir cette œuvre avant sa sortie officielle.

Les origines du Festival sans Nom

Ce festival trouve ses racines dans une idée née il y a une quinzaine d’années, lors d’une soirée entre amis : Dominique Meunier, Hervé Weill et Luc Widmaier, réunis autour d’un verre de Morgon à Mulhouse, ont souhaité créer un événement dédié au roman noir et au polar, alors qu’aucune manifestation de cette nature n’existait dans la région Grand Est. Leur démarche était motivée par la conviction que ce genre littéraire, le préféré des Français, méritait une vitrine spécifique. Inspirés par Le Livre sans Nom, œuvre dont l’auteur demeure mystérieux (Luc Widmaier mène même l’enquête), ils ont lancé le projet. En six mois, l’idée était concrétisée pour donner naissance à ce festival dont l’identité n’a depuis pas changé.

Les partenaires et leur soutien

Face à un budget initial nul, la recherche de partenariats a été essentielle pour assurer la pérennité du festival. La chaîne hôtelière Mercure met à disposition ses établissements pour héberger les auteurs ainsi que pour organiser la remise des prix le vendredi soir. La SNCF, de son côté, a instauré le « train du polar », reliant Paris à Mulhouse, dont le départ a lieu le vendredi à 17h03. Cette année, un jeu sera proposé aux passagers, avec à la clé des voyages et des livres à gagner, ainsi que la possibilité de faire dédicacer son ouvrage par les auteurs présents dans le train.

Une librairie emblématique

Depuis ses origines, la librairie Bisey, fondée il y a 120 ans, accompagne le festival. Debora Colom insiste sur l’importance de soutenir les librairies indépendantes, soulignant que le succès d’un événement littéraire repose aussi sur ces acteurs, qui assurent la vie culturelle tout au long de l’année. La librairie joue ainsi un rôle central dans la dynamique du festival, en proposant des ouvrages liés au genre du polar et en créant des ponts entre les auteurs et leur public.

Les récompenses

Chaque année, le festival remet trois prix : le Grand Prix du Festival sans Nom, décerné par un jury composé de professionnels et de lecteurs, le Prix FSN attribué par les bibliothécaires, et le Prix L’Alsace-les DNA, qui récompense une œuvre locale ou régionale. Les résultats sont annoncés lors d’une cérémonie le vendredi soir, clôturant ainsi cette édition riche en rencontres et découvertes.

Informations pratiques

L’accès à l’événement est libre, sans inscription préalable. Sur place, un food-truck et un espace de restauration rapide permettent aux visiteurs de se restaurer confortablement. Le programme complet, détaillant les horaires, les auteurs et les activités, est publié sur le site officiel du festival.

Ce festival s’affirme comme un rendez-vous incontournable pour tout amateur de romans policiers, un lieu d’échanges, de découvertes et de passions, où le polar est à l’honneur dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.