Un Français sur 5 rêve de changer de logement après les vacances

Sophie Lambert

Les vacances laissent souvent une empreinte sur nos projets immobiliers. Un simple passage dans un lieu peut provoquer chez certains le désir de changer de domicile, que ce soit pour des motifs liés au climat, à une envie de déménager dans une autre région ou ailleurs. C’est ce que met en évidence une étude menée par Bricks.co, une plateforme spécialisée dans l’investissement participatif immobilier, qui a analysé les comportements et motivations de nombreux Français après leurs périodes de congé.

Les vacances, une étape clé pour lancer des projets immobiliers

Après leur retour à la normale, une part non négligeable de la population hexagonale ressent un besoin profond de changement. En effet, environ 20 % des Français déclarent avoir cette envie, avec certains envisageant de quitter leur ville ou leur région, tandis que d’autres souhaitent simplement changer de logement. Plus précisément, 11 % aspirent à une délocalisation complète, que ce soit vers une nouvelle ville ou une nouvelle région, ou même à une modification de leur mode de vie. À l’inverse, 9 % projettent de trouver un nouveau logement, plus adapté à leurs attentes ou à leur situation.

Très rapidement après leurs vacances, beaucoup prennent conscience des défauts qu’ils ne remarquaient pas en temps normal : 9 % des sondés soulignent des imperfections dans leur logement actuel, tandis que 8 % mettent en avant les inconvénients de leur quartier immédiat. Ces remarques, souvent amplifiées par une période de détente, peuvent agir comme un catalyseur pour changer d’environnement.

Penser à vivre à l’année dans un lieu de villégiature

Une proportion significative de personnes, soit 27 %, ont déjà envisagé vivre tout au long de l’année dans le lieu où elles passent habituellement leurs vacances. La majorité de ces individus, 23 %, ont simplement comparé cet environnement à leur vie quotidienne, percevant peut-être un potentiel d’épanouissement ou d’amélioration. Un peu moins d’un sixième, en revanche, ont sérieusement discuté de cette option avec leur entourage et envisagé concrètement de faire de ce rêve une réalité.

Parmi eux, 4 % précisent qu’ils ont déjà franchi une étape concrète, que ce soit par l’achat d’un bien, un déménagement ou un investissement immobilier dans cette région. Même si cette démarche reste encore marginale, elle montre une attirance croissante pour les modes de vie alternatifs, loin des centres urbains.

Une impulsion de courte durée ou un véritable projet

L’envie de changement déclenchée par les vacances tend à s’émousser rapidement pour une majorité. Environ 35 % des personnes interrogées affirment que cette aspiration disparaît dès la première semaine suivant leur retour ou même avant la fin de leur séjour. La période de vacances agit donc souvent comme un repoussoir, autant pour les envies immédiates que pour les projets à long terme.

Cependant, une portion plus engagée conserve cette aspiration plus longtemps : 17 % des sondés restent fidèles à leur idée, sans pour autant se lancer dans des démarches concrètes. De leur côté, 11 % transforment cette envie en projets concrets, allant jusqu’à réaliser des achats ou entreprendre des démarches sérieuses en vue d’un déménagement ou d’un investissement. Ces chiffres indiquent que, pour certains, cette impulsion de vacances peut réellement évoluer vers une étape décisive.

La grande ville, encore prisée ou prête à être quittée

Selon l’enquête, 1 Français sur 4 envisage sérieusement de tout laisser pour vivre ailleurs, en particulier pour revenir à un mode de vie plus proche de leurs vacances ou dans un environnement plus calme et naturel. La tentation d’abandonner la vie urbaine pour des régions plus petites ou rurales semble séduire un quart de la population, qui serait prête à changer radicalement d’habitudes.

De plus, 17 % des interrogés préféreraient s’associer pour acheter un logement plutôt que de se lancer seuls, et 13 % seraient même prêts à accepter un logement plus petit que ce qu’ils possèdent actuellement. Ces particularités montrent une volonté de simplicité et d’adaptation, souvent motivée par le désir d’un changement de style de vie.

Le climat : un facteur déterminant dans la décision immobilière

Le climat devient un élément central dans la prise de décision. La crise climatique et ses manifestations ont modifié les préférences des Français en matière de logement. Ainsi, 34 % souhaitent désormais résider dans une habitation bien isolée, capable de rester naturellement fraîche durant les périodes de forte chaleur. Par ailleurs, 31 % prennent désormais en compte les risques climatiques et la disponibilité de garanties d’assurance avant d’acheter un bien.

Les régions perçues comme trop chaudes sont évitées par 21 % des sondés. Après plusieurs étés marqués par des canicules et des incendies, il apparaît que le climat est devenu un critère aussi crucial que la superficie ou le prix lors d’un achat immobilier. Ces données illustrent le changement profond des priorités liées à la recherche d’un logement, désormais guidée par la nécessité de s’adapter aux aléas climatiques.

Une étude représentative de la population française

Ce sondage a été réalisé entre le 28 juillet et le 4 août 2026 auprès d’un échantillon de 4 003 adultes résidant en France, dont la composition démographique assure une représentativité de l’ensemble de la population française. Ces résultats témoignent d’un changement notable dans les aspirations et les projets immobiliers, façonnés par des changements climatiques, mais aussi par des souhaits liés à la qualité de vie et à la quête d’un environnement plus serein.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.