Un dernier hommage à Arnaud Denis, victime d’un implant anti-hernie à Paris

Sophie Lambert

Certains venus de loin, de tous les lieux de France, ont fait le déplacement pour rendre un dernier hommage à l’acteur disparu. Une dizaine de membres du collectif Victimes françaises de prothèses de hernie, fondé par Arnaud Denis lui-même, étaient présents à Paris ce jeudi pour lui rendre hommage. Après trois années de douleurs incessantes dues à un implant en polypropylène, l’homme de théâtre âgé de 43 ans a pris la décision la semaine précédente de recourir à l’euthanasie à Namur, en Belgique, conformément à ce qu’il avait annoncé en début d’année au sein du groupe EBRA, auquel notre journal appartient.

Plus près de lui, près de 200 personnes s’étaient rassemblées dans l’église Saint-Roch, située dans le premier arrondissement de la ville, pour assister à une cérémonie religieuse sobre et chargée d’émotion. Ce moment solennel s’est achevé par un hommage rendu au cimetière du Père-Lachaise. Parmi les invités se trouvait l’actrice Delphine Depardieu, qui avait joué dans l’adaptation du roman Les Liaisons dangereuses qu’il avait mis en scène sur scène en 2024. La présence de ceux qui avaient vécu cette perte se voyait également à travers un message inscrit sur le t-shirt des victimes : une citation de Victor Hugo affirmant que « Ce n’est rien de mourir ; C’est affreux de ne pas vivre. » Ce même message qu’Arnaud Denis avait lui-même partagé avant de partir.

Une série de photographies, diffusée dans une galerie en ligne, témoigne de ces moments d’hommage. Ces images montrent les invités, le lieu, et illustrent l’émotion d’un rassemblement dédié à la mémoire de l’artiste disparu. La première photo capte une scène de groupe, tandis que d’autres images illustrent l’ambiance solennelle ou mettent en valeur certains visages. Un espace publicitaire intégré dans cette galerie fut également installé, mais son affichage fut géré de façon discrète afin de respecter le contexte.

Les membres de la communauté n’ont pas tardé à exprimer leur soutien et leur solidarité face à cette tragédie. Depuis 2023, Arnaud Denis s’était révélé comme un véritable lanceur d’alerte concernant les effets secondaires liés aux filets anti-hernie, rassemblant ainsi une communauté de près de 10 000 personnes. Le récit qu’il a partagé a permis à beaucoup de se reconnaître, comme l’explique David, un homme de 58 ans qui a découvert en janvier dernier la sombre histoire du comédien. Ému, il confie : « Arnaud a ouvert la boîte de Pandore. Je me suis tout de suite retrouvé dans son vécu. » David souffre lui aussi de douleurs intenses, notamment de brûlures persistantes dans le bas-ventre, après avoir été implanté avec « cinq plaques en plastique, dont une en matériau biodégradable » suite à un grave accident de moto. Face à la méfiance des médecins, qui lui ont souvent dit que ses douleurs étaient dans sa tête, il ressent désormais un immense vide : « Aujourd’hui, je n’ai plus de projets, je n’ai plus rien », déplore-t-il.

Les proches du défunt lui ont promis que son combat ne s’arrêterait pas. Julie Canon, notamment, qui a repris la tête du collectif de victimes, prévoit de créer une association en mémoire et pour continuer la lutte d’Arnaud Denis. La mobilisation continue et la solidarité s’organise autour de cette cause.

Par ailleurs, des démarches judiciaires se poursuivent pour faire éclater la vérité sur ces problèmes de santé. Arnaud Denis a chargé ses avocats de poursuivre en justice et de faire entendre la voix des victimes. Lors des obsèques ce jeudi, le notaire Pierre Debuisson, qui a déjà rassemblé près de 450 plaintes, a évoqué la préparation d’une plainte collective. En juillet dernier, il avait déjà envoyé 216 signalements à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Une nouvelle vague de signalements, comprenant environ une centaine de cas supplémentaires, est en cours de préparation afin de provoquer une réaction forte de la part des autorités sanitaires. Le but étant de mettre en lumière ce qu’il qualifie de « véritable scandale sanitaire ».

Des initiatives associatives suivent aussi leur cours. Une nouvelle organisation pourrait voir le jour pour poursuivre le combat initié par Arnaud Denis, afin de sensibiliser davantage sur ces dangers et de défendre les droits des victimes.

Arnaud Denis était avant tout reconnu comme un artiste d’une intelligence exceptionnelle et d’une profonde humanité, selon ses proches. Colère et tristesse se mêlaient dans leurs témoignages, soulignant que la perte de cet homme brillant représentait une grande perte pour le monde artistique. Son ami, Stéphane Peyran, a d’ailleurs déclaré : « Nous avons perdu l’un des plus grands artistes de ma génération. » La communauté artistique tout entière adresse ses condoléances à ceux qui l’ont connu et admiré.

Pour honorer la mémoire d’Arnaud Denis, il est aujourd’hui possible de laisser un message de condoléances ou de partager un souvenir sur un site dédié. À ce jour, plus de 130 témoignages ont été déposés, témoignant de l’impact de sa personne sur ses proches et ses admirateurs.

Enfin, la divertissement artistique et la solidarité restent engagées pour continuer à faire connaître son histoire. La lutte pour la reconnaissance des victimes, la transparence sur les effets secondaires, et la justice pour Arnaud Denis et tant d’autres victimes, demeurent au centre des préoccupations de tous ceux qui souhaitent que son combat ne se limite pas à l’oubli.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.