Un cochon domestique abattu par erreur par un chasseur en Isère alors que je l’avais biberonné bébé

Sophie Lambert

Une ferme pédagogique située à Montseveroux, en Isère, est actuellement préoccupée par la réaction que pourraient avoir certains de ses jeunes visiteurs en situation de handicap, suite à un événement triste qui s’est produit récemment. Hélène Couturier, qui gère cet établissement, exprime une inquiétude particulière quant à la réaction émotionnelle des enfants lorsqu’ils apprendront la nouvelle du décès de Chonchon, un cochon domestique très apprécié de la ferme. La veille de cette déclaration, un incident tragique s’est produit : Chonchon a été malencontreusement abattu lors d’une battue organisée dans les environs, un événement qui n’avait pas été prévu ni informé la responsable de la ferme, comme le rapporte le journal Le Dauphiné Libéré.

Les circonstances du décès de Chonchon

Chonchon appartient à un lot de six cochons nains qui résident à la ferme, tous ayant été élevés et nourris avec soin, comme en témoigne Hélène Couturier, qui mentionne avoir « gavé ces petits porcs lorsqu’ils étaient encore bébés ». Lors du week-end dernier, une battue organisée autour de la propriété a pris place sans qu’elle n’en ait été informée au préalable. Au cours de cette opération, une intervention canine a eu pour effet de troubler et d’effrayer les animaux présents sur le site, notamment les cochons et d’autres animaux domestiques hébergés dans la ferme, comme le rapporte la responsable à ses interlocuteurs.

Une réaction inquiétante face à la tragédie

Ce drame a été particulièrement difficile à vivre pour Hélène Couturier, qui se retrouve confrontée à une situation bouleversante. Le comportement des chasseurs, en particulier leur attitude après l’incident, a été jugé insensible par la responsable. Parmi eux, certains n’ont même pas pris la peine de présenter leurs excuses une fois qu’ils ont ramené le corps de Chonchon. Selon elle, l’un d’eux aurait même laissé entendre d’une manière provocante qu’il suffisait d’écorcher la bête pour la consommer, ce qui a profondément choqué l’éleveuse et tout le personnel de la ferme.

Les escapades des cochons et leur accident

Face à la panique suite à la fusillade, deux des plus jeunes cochons, Groingroin et Chonchon, ont pris la fuite. Les deux animaux ont réussi à sauter par-dessus leur enclos pour s’échapper dans les bois environnants. Heureusement, Groingroin a pu retrouver le chemin de la ferme peu après et ne souffre que d’une blessure superficielle à une patte, tandis que Chonchon, lui, n’a pas survécu à ses blessures. Il a été retrouvé sans vie, abattu par deux balles. La propriétaire, profondément affectée, a précisé qu’aucune excuse n’avait été formulée par les chasseurs qui ont ramené la dépouille. De plus, l’un d’eux aurait même dit à la propriétaire qu’elle pouvait « l’écorcher et le manger », une remarque qui témoigne d’un manque total de compassion.

Synthèse de l’enquête et réactions

Une enquête a été rapidement ouverte, confiée à l’Office français de la biodiversité, afin d’établir les circonstances exactes de cet incident. De son côté, Danielle Chenavier, la présidente des chasseurs en Isère, s’est exprimée sur le sujet, affirmant que le tireur risquait de fortes sanctions en raison de son comportement. Par ailleurs, David Piot, président de l’ACCA locale (l’association communale de chasse agréée), a soutenu que l’individu en question aurait confondu Chonchon avec un sanglier qu’il avait repéré un peu plus tôt dans la journée, ce qui pourrait expliquer cette erreur regrettable.

Ce triste épisode soulève de nombreuses questions sur la gestion des activités de chasse à proximité des zones rurales ou agricoles, ainsi que sur la sensibilisation des chasseurs à l’égard des animaux domestiques présents dans ces espaces. La situation suscite également une forte émotion, notamment dans le milieu qui s’occupe des animaux et des enfants qui, un jour, pourraient être profondément affectés par ces événements.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.