Les ouvrages de Sally Rooney retirés de la vente au Royaume-Uni suite à son soutien à Palestine Action
Les livres qui ont permis à Sally Rooney de connaître le succès ne seront plus disponibles à la vente dans les librairies britanniques dans un avenir proche. La célèbre auteure originaire d’Irlande, ainsi que sa maison d’édition, Faber, ont été contraints de retirer ses œuvres du marché britannique en raison de son appui au mouvement Palestine Action. Cette organisation pro-palestinienne, connue pour ses actions engagées contre Israël, a été déclarée illégale en août 2025 par le gouvernement britannique, avec une classification comme groupe terroriste. La décision de l’interdire est intervenue après une série de dégradations attribuées à ses membres.
En effet, des activistes liés à Palestine Action avaient été identifiés pour avoir lancé de la peinture rouge sur des avions militaires britanniques dans le but de dénoncer les violences examples dans la bande de Gaza. La peinture aurait été utilisée comme symbole du « sang versé » dans cette région en conflit. Cette action, parmi d’autres, a conduit à leur condamnation et à la déclaration officielle de la dissolution de l’organisation. La décision du gouvernement a été maintenue en appel, et depuis, environ 3000 personnes ont été arrêtées en lien avec ces activités, ce qui montre l’intensité de la répression.
Dans ce contexte, la maison d’édition de Sally Rooney a pris une mesure radicale. Le 14 octobre dernier, elle a annoncé qu’elle ne serait plus en mesure de verser à l’auteure les revenus engendrés par ses livres commercialisés au Royaume-Uni. La raison avancée est que continuer à effectuer ces versements pourrait constituer une infraction pénale selon la législation en vigueur dans le pays. Avec cette interdiction, la diffusion de ses œuvres dans le territoire britannique est suspendue, ce qui soulève de vives inquiétudes concernant la liberté d’expression et de circulation des idées.
L’éditeur a également précisé qu’en accord avec Sally Rooney, ils avaient décidé de suspendre la distribution de tous ses ouvrages, quelles que soient leurs éditions ou formats. La situation de l’écrivaine s’est singulièrement compliquée : si elle venait à pénétrer sur le sol britannique, elle risquerait une arrestation immédiate. Cette évolution a suscité une vague de réactions dans le monde littéraire et associatif, notamment de la part d’Amnesty International. L’organisation de défense des droits humains a condamné cette mesure, insistant sur le fait que les écrivains ne devraient pas voir leurs œuvres interdites ou retirées des rayons en raison de leurs opinions ou de leurs engagements politiques.
Une véritable bataille judiciaire se joue actuellement pour cette question. Palestine Action a lancé une procédure en justice pour tenter de faire annuler cette interdiction qui semble avoir été imposée sous la pression des autorités. Une audience est programmée pour début novembre devant la Cour suprême britannique, où l’affaire sera examinée de manière détaillée. La liberté d’expression, la liberté de manifester ses convictions, et le droit à la lecture sont tous désormais au cœur de ce conflit juridique, qui pourrait avoir des repercussions importantes pour la liberté d’expression au Royaume-Uni.
Certains lecteurs et lectrices sont déjà en train de s’organiser pour continuer à accéder aux œuvres de Sally Rooney malgré ces interdictions. Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes proposent de commander ses livres en ligne sur le site irlandais Eason, qui reste accessible depuis la Grande-Bretagne. D’autres se disent prêtes à partager leurs propres exemplaires en prêt, pour permettre à ceux qui souhaitent lire ses ouvrages de ne pas en être privés. Ces mobilisations témoignent d’un malaise quant à la censure et à la discrimination fondée sur les opinions politiques ou les engagements personnels.
Derrière cette situation, la controverse soulève de nombreuses questions éthiques et légales. La tension est palpable entre la nécessité de respecter la législation contre le terrorisme et la protection du droit à la liberté d’expression, de manifestation et de lecture. La mise en cause des œuvres de Sally Rooney en raison de ses soutiens politiques illustre la complexité de faire respecter la liberté d’opinion dans un contexte marqué par le conflit israélo-palestinien. La polémique est d’autant plus vive que l’auteure elle-même n’a pas encore réagi publiquement à ces enjeux, mais la bataille judiciaire et médiatique ne fait que commencer dans cette affaire qui divise profondément l’opinion publique.






Immobilier
Comment éviter les erreurs de déco qui assombrissent votre intérieur immobilier ?