Quels risques pour la santé liés à l’exposition au cadmium ?

Sophie Lambert

La présence préoccupante du cadmium dans l’environnement et ses risques pour la santé humaine

Le cadmium, un métal lourd que l’on retrouve naturellement dans la nature, est connu pour ses propriétés toxiques. Cependant, ses niveaux dans l’environnement ont connu une augmentation significative à cause des activités humaines, notamment industrielles. Selon un avis publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en mars 2026, l’exposition à ce métal constitue une source d’inquiétude majeure pour la santé de la population française. Ce rapport met en évidence le fait que le cadmium tend à s’accumuler dans l’organisme humain. Environ la moitié des individus concernés présentent des concentrations de ce métal dépassant les seuils recommandés par les autorités sanitaires, ce qui pose de sérieux problèmes de santé publique.

La contamination par le cadmium principalement via l’alimentation

La principale voie d’exposition du cadmium chez l’homme est l’alimentation. Ce métal se trouve principalement dans des aliments courants tels que les céréales et les produits dérivés, notamment les céréales du petit-déjeuner, le pain, les viennoiseries, les pâtisseries, les biscuits, ainsi que dans les pâtes, le riz et le blé raffinés. En outre, certains légumes comme les pommes de terre ou d’autres produits végétaux cultivés dans des sols contaminés peuvent contenir du cadmium. La contamination des sols agricoles représente une menace, car elle favorise la transmission de ce métal dans la chaîne alimentaire. Afin de limiter cette source de contamination, l’Anses proposait déjà, dans le passé, de réduire la limite maximale en cadmium dans les engrais phosphatés à 20 milligrammes par kilogramme de phosphate. L’objectif était de diminuer durablement la quantité de cadmium introduite dans les sols agricoles, réduisant ainsi la contamination des cultures.

La réponse réglementaire face aux risques liés au cadmium

Les inquiétudes suscitées par ce rapport ont conduit le gouvernement à mettre en œuvre des mesures concrètes. Un décret a été publié au Journal officiel au début du mois d’octobre pour établir une réduction progressive de la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés, dans le but d’en diminuer l’impact environnemental et sanitaire. Par ailleurs, une proposition de loi, qui avait déjà été adoptée par l’Assemblée nationale, doit maintenant être examinée par le Sénat. Ce texte prévoit également une réduction plus rapide de la quantité de cadmium contenue dans ces engrais, afin de accélérer la limitation de cette contamination dans l’environnement.

Les dangers du cadmium : un métal dangereux pour la santé humaine

Lorsque l’on s’interroge sur les risques que fait courir le cadmium à la santé humaine, il faut d’abord considérer sa vitesse d’élimination dans le corps. En effet, ce métal s’élimine très lentement, ce qui fait que toute exposition prolongée ou répétée peut devenir particulièrement nuisible. Le cadmium est classé comme cancérogène, mutagène et nocif pour la reproduction. Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), il appartient à la catégorie 1, celle des substances « cancérogènes pour l’être humain ». Le lien entre l’exposition au cadmium et le développement du cancer du poumon, notamment chez les travailleurs exposés dans un contexte professionnel, est bien établi. Cependant, d’autres types de cancers, tels que ceux de la prostate, du rein, du pancréas, du sein ou de la vessie, sont également suspectés d’être liés à ce métal.

Affectations des organes et complications à long terme

Les reins sont particulièrement vulnérables, car ils sont un des principaux organes où le cadmium peut s’accumuler au fil des années. Une accumulation prolongée peut entraîner des lésions irréversibles, menant éventuellement à une insuffisance rénale chronique. De plus, ce métal perturbe la régulation du calcium et du phosphore, deux minéraux essentiels pour la solidité des os. Il influence également l’activation de la vitamine D, indispensable à l’absorption du calcium. La conséquence à terme peut être une déminéralisation osseuse, favorisant la survenue de l’ostéoporose et augmentant le risque de fractures.

La contribution du cadmium aux maladies cardiovasculaires et autres altérations

Les recherches récentes soulignent également une corrélation entre l’exposition au cadmium et la survenue de maladies cardiovasculaires. Il semblerait que ce métal participe à l’augmentation de la pression artérielle et à l’usure des artères, notamment par le biais de phénomènes d’athérosclérose. Le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard a ainsi évoqué un lien entre l’exposition au cadmium et un risque accru d’atteintes cardiovasculaires. En outre, des effets toxiques sur le système nerveux central ont été observés chez l’animal de laboratoire, ce qui soulève la possibilité qu’une neurotoxicité survienne chez l’homme également. Des troubles cognitifs, similaires à ceux observés chez l’animal, commencent à être suspectés, mais leur confirmation chez l’être humain nécessite encore des recherches approfondies.

Effets sur la reproduction et mesures de dépistage

Le cadmium pourrait aussi représenter une menace pour la capacité reproductive. Il aurait la capacité de perturber les fonctions hormonales, d’endommager les cellules reproductrices, ou encore de nuire au développement embryonnaire. Depuis juin dernier, des dépistages visant à détecter une exposition au cadmium ont été remboursés dans le cadre d’un dispositif officiel. Cependant, la mise en place de ces tests ne s’est pas faite sans difficultés : en quelques mois, seulement un peu plus de 2 200 actes ont été effectués, concernant un peu plus de 2 100 personnes. Les efforts pour normaliser cette procédure de détection se poursuivent afin d’assurer une meilleure prise en charge et une prévention plus efficace contre l’exposition à ce métal toxique.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.