Pourquoi la cueillette des champignons est-elle si rare dans les forêts cette année ?

Sophie Lambert

Cette année, la chasse aux champignons s’annonce difficile, notamment pour celles et ceux qui espéraient récolter des omelettes aux cèpes, aux girolles ou aux trompettes de la mort. Partout en forêt, les cueilleurs peinent à remplir leurs paniers : il faut constater que la présence de champignons est exceptionnellement faible. La situation est la même dans l’ensemble du territoire national. Par exemple, la plus grande rencontre annuelle dédiée aux amateurs de champignons, les Mycologiades internationales de Bellême, qui étaient prévues du 8 au 11 octobre, a dû être annulée. La cause est maintenant bien connue : la sécheresse persistante.

Les champignons ont besoin de conditions spécifiques pour se développer. Notamment, seules les parties que l’on cueille poussent dans des environnements bien précis. En réalité, la majorité des champignons passe la majeure partie de leur vie sous forme de filaments appelés mycélium, qui restent dissimulés dans le sol. Lorsqu’ils trouvent des conditions d’humidité et de température adéquates, ils produisent le sporophore, la partie visible qui sert à la reproduction, précise Marie-Noëlle Vaultier, biologiste et professeur à l’université de Lorraine.

Une croissance plus influencée par l’humidité que par la chaleur

Les champignons ont besoin principalement d’eau pour se développer, leur croissance étant beaucoup plus sensible à la disponibilité en précipitations qu’aux températures, même si celles-ci ont été relativement élevées en septembre et en octobre. Selon Aurélie Gousset, chercheuse en physique et physiologie à l’université Clermont-Auvergne, c’est essentiellement les épisodes de pluie qui stimulent leur pousse, monotone mais déterminante. Les températures, même si elles ont connu des pics récemment, jouent un rôle beaucoup moins crucial dans leur développement.

Malheureusement, jusqu’à peu, la très faibles précipitations ont renforcé la sécheresse environnante. Le dernier bulletin national de situation hydrologique indique que le niveau d’indicateur de sécheresse des sols est resté à un degré exceptionnellement bas pour cette période. Dans des régions comme le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et le département de l’Ain, septembre 2026 s’inscrit parmi les mois de septembre les plus arides enregistrés jusqu’à présent en France.

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Le retour de la pluie pourrait-il apporter un peu d’espoir ? Il est vrai que de nombreuses espèces apparaissent rapidement, parfois en seulement un ou deux jours. Selon Aurélie Gousset, si l’eau pénètre dans le sol et que la température n’est pas trop froide, cela peut entraîner une croissance significative des champignons, surtout ceux qui ont été stressés lors des périodes sèches. Marie-Noëlle Vaultier, elle, souligne qu’il ne faut pas trop espérer non plus, car le froid commence à se faire ressentir. Toutefois, si vous souhaitez tenter votre chance, elle recommande d’attendre deux ou trois jours après une pluie pour cueillir vos champignons, afin d’optimiser vos chances.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.