Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles aux effets secondaires du vaccin ?

Sophie Lambert

Les réactions post-vaccinales : un phénomène généralement bénin et temporaire

La majorité des effets indésirables observés après une vaccination tendent à être peu sévères et à disparaître rapidement. Ils représentent en fait la manière dont le corps réagit à l’introduction du vaccin, qui stimule le système immunitaire pour qu’il apprenne à repérer les antigènes du virus. Cela permet à l’organisme de se préparer à combattre plus efficacement toute infection future liée à la maladie ciblée par la vaccination.

Une activation immunitaire provoquant parfois des effets locaux et généraux

Chez certains individus, cette stimulation du système immunitaire peut entraîner une inflammation localisée au niveau du site d’injection. Les signes d’inflammation se manifestent par une rougeur, un gonflement ou une douleur à l’endroit précis. En parallèle, d’autres symptômes plus généraux peuvent apparaître, tels que de la fatigue, une fièvre modérée ou des maux de tête. Ces réactions témoignent du recrutement de défenses immunitaires pour répondre à l’intervention du vaccin.

Inversement, il arrive également que des personnes ne ressentent absolument aucun symptôme après leur injection. Leurs réponses immunitaires semblent alors moins visibles ou plus discrètes, ce qui ne remet pas en question l’efficacité de la vaccination dans leur cas.

Les particularités de la réponse immunitaire : une diversité selon chacun

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Genève s’est concentrée sur la manière dont le système immunitaire varie d’un individu à l’autre après la réception de deux doses d’un vaccin à ARNm contre la COVID-19. Pour cela, ils ont suivi le comportement immunitaire de 51 personnes en bonne santé, en réalisant des contrôles durant une semaine après chaque injection.

Les résultats ont mis en évidence le rôle central des interférons dans la réponse immunitaire. Ces molécules sont produites par les cellules infectées par un virus afin de prévenir l’extension de l’infection. Elles alertent les cellules voisines, leur indiquant ainsi de se préparer à intervenir. Selon Natacha Madelon, l’auteure principale de l’étude, « plus une personne voit sa réponse naturelle aux interférons être active, plus ses réactions face au vaccin seront susceptibles d’être marquées ». Cela explique en partie la variabilité des effets secondaires d’un individu à l’autre.

Les différences de départ : une base immunitaire propre à chacun

Toutes les personnes ne débutent pas leur réponse immunitaire à un même niveau. Des facteurs encore mal élucidés, tels que la génétique, la composition du microbiote intestinal ou un épisode inflammatoire antérieur, peuvent faire en sorte que certains aient une « empreinte immunitaire » plus forte dès le départ. Cette signature préexistante liée aux interférons influence probablement la façon dont leur organisme réagit à la vaccination, notamment en intensité.

Le rôle de la seconde injection dans la dynamique immunitaire

Les chercheurs ont également identifié un second mécanisme, observé chez certains modèles animaux. Après la première dose, l’organisme construit une mémoire immunitaire en produisant des anticorps et des cellules T spécifiques à l’antigène vaccinal. Lors de la seconde dose, cette mémoire peut entraîner une activation accrue de certaines composantes de l’immunité innée, en particulier les monocytes, un type de globules blancs impliqués dans l’inflammation. Ce phénomène peut expliquer pourquoi les effets secondaires tendent souvent à se faire plus ressentir après la deuxième injection.

Une réaction immunitaire amplifiée pouvant intensifier les effets secondaires

Après la vaccination, ces monocytes réagissent de façon plus vigoureuse, attirant davantage de cellules inflammatoires vers le site d’injection. Ce processus accru pourrait être à l’origine des effets secondaires plus intenses que l’on observe parfois après la deuxième dose. En fin de compte, cette réponse renforcée si elle traduit une activation immunitaire forte, contribue à la protection contre la maladie.

À long terme, ces découvertes pourraient aider à concevoir des vaccins mieux tolérés tout en conservant leur performance. En effet, il est important de souligner que l’absence ou la légèreté des symptômes après la vaccination ne signifie pas nécessairement que le vaccin est inefficace. La gravité des effets secondaires ne doit pas être considérée comme un indicateur direct de la réussite de la vaccination, insistent les chercheurs.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.