Une nouvelle cible pour Pascal Praud : l’humoriste Paul Mirabel
Pascal Praud a récemment décidé de se concentrer sur un nouvel individu dans ses critiques et ses analyses politiques, en la personne de Paul Mirabel. Le lundi 21 septembre, lors de l’émission « Quotidien » diffusée sur TMC, l’humoriste de 30 ans a été invité à évoquer la présidentielle. Durant cette interview, il a exprimé une position ferme en disant qu’il se sentirait mal de ne pas prendre part à la lutte contre certains partis, qu’il accuse de promouvoir la division et le chacun pour soi. Par cette déclaration, il semble faire référence à la volonté de faire barrage au Rassemblement national, même s’il n’a pas cité explicitement ce parti. Au moment de prononcer ses propos, l’humoriste a failli faire un lapsus en déclarant : « La diversi… pardon, la division. » La nuance est notable, puisque le terme « division » semble plus approprié à la situation qu’il évoque, mais il a été sur le point de confondre les deux expressions.
Les réactions de Pascal Praud face à la déclaration de Mirabel
Le lendemain matin, Pascal Praud a diffusé une vidéo extraite de l’émission dans sa revue de presse diffusée sur CNews. Intitulée « Ces artistes qui s’engagent contre le RN », cette vidéo a été commentée avec une certaine dose de critique. L’animateur a jugé l’humoriste peu convaincant dans sa manière de défendre ses idées, soulignant qu’il semblait en difficulté dans l’art de l’argumentation. Praud a lancé une attaque en affirmant que certains de ces artistes ont « des têtes comme des compteurs à gaz », arguant qu’ils croient pouvoir influencer la vie politique des Français. Il ne s’est pas limité à la critique de Paul Mirabel, puisqu’il a aussi annoncé qu’il se livrerait « chaque matin » à un point sur les artistes qui, selon lui, se manifestent pour discourir contre le vote en faveur du Rassemblement national, que ce soit dans « Quotidien », sur France Inter ou d’autres médias publics.
Les autres figures publiques dans le collimateur de Pascal Praud
Ce n’est pas la première fois que Pascal Praud s’en prend à des personnalités publiques dans ce contexte. Le 16 septembre, par exemple, Teddy Riner avait exprimé dans l’émission « Stade 2 la quotidienne » sur France 3 son ressentiment face à la montée des extrêmes, déclarant qu’il en était « flippé ». Praud lui avait répondu le lendemain, en qualifiant sa déclaration d’« attendue, vide d’arguments » et peu sincère. Teddy Riner a ensuite répliqué sur X (anciennement Twitter), soulignant que « le droit de s’exprimer appartient à tous les citoyens », et a accepté une invitation à se présenter sur le plateau de Praud pour répondre en personne. La polémique a pris une tournure plus grave lorsque le parquet de Paris a ouvert une enquête pour injures publiques racistes et cyberharcèlement à l’encontre du judoka, après que de nombreux messages haineux aient été recensés en ligne à son encontre. En parallèle, le 20 septembre, l’actrice Adèle Exarchopoulos a déclaré au journal Le Parisien qu’elle ferait « tout pour faire barrage au RN » dans le cadre du scrutin politique.
Une justification politique basée sur plusieurs noms
Les trois personnalités évoquées — Teddy Riner, Adèle Exarchopoulos et Paul Mirabel — forment le noyau des références que Pascal Praud utilise pour justifier ses rencontres et ses déclarations quotidiennes. Son argumentation semble s’appuyer sur ces exemples pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une volonté de certains artistes ou responsables d’opinion de s’opposer à la montée du Rassemblement national, qu’il présente comme une menace pour la cohésion nationale. Cette posture s’inscrit dans un contexte de mobilisation politique croissante, à moins de huit mois de la prochaine présidentielle, programmée pour le 18 avril 2027. En mai dernier, plus d’une centaine de figures issues du monde de la culture, parmi lesquelles Camille Cottin, Benjamin Biolay, JoeyStarr ou encore l’écrivain prix Nobel Annie Ernaux, avaient signé une tribune dans le magazine Les Inrockuptibles, dénonçant l’arrivée du RN au pouvoir. Lors des législatives de 2024, une autre mobilisation avait déjà vu plus de 800 acteurs et organisations culturelles publier un appel dans le quotidien Le Monde, montrant que cette opposition ne date pas d’hier.
La réaction des médias et des polémistes
Ce continent médiatique a réagi vivement aux propos de Pascal Praud, notamment sur France Inter. Patrick Cohen, le rédacteur en chef de la matinale, a consacré un édito à l’animateur, qu’il a accusé d’essayer de « harceler, terroriser, réduire au silence » les personnalités publiques qu’il cible. Selon Cohen, cette stratégie pourrait même servir à dresser une liste de figures opposées, ce qui serait préoccupant dans le cadre de la démocratie. Il a également dénoncé la proximité de certains médias du groupe Bolloré avec l’extrême droite, évoquant une supposée instrumentalisation. Dans sa réponse, Pascal Praud a qualifié l’édito de Cohen de « violence inouïe » et a affirmé que « France Inter perdait ses nerfs », tout en revendiquant son droit d’expression. Il a indiqué son intention de continuer à parler de Teddy Riner, Adèle Exarchopoulos et Paul Mirabel, tout en acceptant une invitation de Benjamin Duhamel pour s’expliquer sur cette polémique dans les émissions de France Inter. Sur le plateau, Éric Naulleau a même qualifié les propos de Patrick Cohen d’« infamants et diffamatoires ».
Une résonance politique importante à l’approche de la présidentielle
Ces déclarations publiques surviennent dans un contexte où la politique se joue à moins de huit mois du premier tour de la présidentielle. Plusieurs signaux montrent que le climat est tendu, avec une mobilisation accrue des artistes et des intellectuels contre la montée du RN. La mobilisation des figures du monde culturel, signée notamment par des personnalités de renom, témoigne de la volonté d’un certain camp de peser dans le débat et de s’opposer à une possible victoire de l’extrême droite. Pascal Praud, en convocant régulièrement des artistes et en se posant en défenseur d’une certaine idée de la cohésion nationale, participe à une dynamique de polarisation politique qui ne semble pas prête de s’arrêter, à moins que le contexte électoral n’amène à un recentrage ou à un apaisement dans le débat public.






