Nouvelle enquête sur Éric Olhats pour des agressions sexuelles sur mineurs dans les Pyrénées-Atlantiques

Sophie Lambert

Une nouvelle enquête ouverte à Bayonne concernant des possibles infractions sexuelles sur mineurs

Le parquet de Bayonne, situé dans le département des Pyrénées-Atlantiques, a récemment décidé de lancer une investigation supplémentaire afin d’élucider d’éventuelles infractions sexuelles impliquant des mineurs, qui n’auraient pas été identifiées lors de la procédure ayant conduit à la condamnation d’Éric Olhats l’année dernière. Ce dernier, ancien mentor du célèbre footballeur Antoine Griezmann, avait été reconnu coupable de certains délits dans le passé. Selon la procureure Mariel Garrigos, la nouvelle démarche vise à vérifier si des actes délictueux, qui n’avaient pas été révélés ou découverts auparavant, pourraient constituer la base de poursuites pénales supplémentaires. Un de leurs objectifs principaux est de retrouver d’éventuelles victimes qui n’auraient pas encore été prises en compte dans le dossier, afin d’établir si d’autres infractions peuvent être retenues contre l’individu. La procureure a confirmé que cette procédure d’enquête était en cours, suite à des découvertes ou des suspicions récentes, notamment relayées par la presse locale « Sud Ouest ».

Une procédure relancée suite à un signalement de la part d’une parlementaire

Ce nouveau départ dans l’enquête fait suite à un signalement formulé par la députée socialiste Colette Capdevielle, représentant la circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Dans une vidéo, l’élue a évoqué notamment des soupçons de soumissions chimiques, motivés par la lecture du livre « Dans la gueule du loup » écrit par Thomas Rabino et Fabien Touati. Elle précise également avoir découvert lors d’une perquisition effectuée chez Éric Olhats en 2022, la présence de 443 cachets d’anxiolytiques, ce qui a suscité des questions quant à leur usage et leur contexte. Ces éléments ont été considérés comme autant de pistes potentielles dans l’enquête en cours, notamment en ce qui concerne d’éventuelles méthodes de manipulation ou d’assujettissement chimique sur des victimes présumées.

Une condamnation à une peine de six ans de prison

L’ancien entraîneur et formateur, âgé de 63 ans, avait été mis en cause dans plusieurs affaires d’abus sexuels. Lors de l’instruction, la justice avait mentionné la saisie de médicaments dans un coffre-fort, sans toutefois préciser la quantité exacte ou la finalité précise de ces substances. Un avis psychiatrique réalisé alors avait conclut à l’absence de troubles psychologiques ou de maladie mentale chez l’accusé. Bien que visé par une plainte pour viol sous influence de substances chimiques, cette plainte n’a pas été poursuivie, puisqu’elle a été classée sans suite par le parquet de Bayonne. La décision de justice définitive l’a condamné à une peine de prison ferme de six ans, dans le cadre d’un jugement rendu l’année précédente, pour des faits d’atteintes sexuelles sur mineurs et de corruption de mineurs.

Un passé lié à la détection de jeunes talents mais aussi à la controverse

L’homme en question, qui exerçait en tant que formateur, s’était fait connaître notamment par avoir repéré la jeune star du football français Antoine Griezmann en 2005. Jusqu’en 2017, il lui avait conseillé diverses approches dans sa carrière, situant ses liens dans le monde du football de jeunesse. Cependant, malgré sa relation professionnelle, des questions ont été soulevées quant à la nature de ses relations avec certains jeunes joueurs. Au moment des faits, il niait toute accusation, affirmant qu’il n’avait jamais commis d’actes répréhensibles. Il n’a pas fait appel de la condamnation qui lui a été infligée. Antoine Griezmann, de son côté, qui a aujourd’hui 104 sélections internationales, a déclaré aux enquêteurs bayonnais n’avoir jamais été témoin ni victime d’actes inappropriés de la part de son ancien mentor, assurant que rien dans ses souvenirs n’évoque de telles situations. La controverse entourant cette figure du football de jeunesse continue donc de faire l’objet d’investigations et d’analyses approfondies.

En résumé

Le parquet de Bayonne a relancé ses investigations pour faire la lumière sur d’éventuelles infractions commises par Éric Olhats, notamment en lien avec des agressions sexuelles sur mineurs. Suite à un signalement précis, la procédure vise à retrouver d’éventuelles victimes encore non recensées, en exploitant toutes les pistes possibles, y compris celles reliant à la consommation de substances chimiques suspectes. La condamnation en première instance de l’ancien entraîneur pour des actes commis sur plusieurs jeunes reste en vigueur, mais la nouvelle enquête pourrait révéler des éléments supplémentaires, modifiant ou complétant le dossier judiciaire en cours. La justice poursuit son travail pour faire toute la lumière sur cette affaire sensible impliquant une figure autrefois respectée dans le monde du football, tout en garantissant la recherche de la vérité et la protection des victimes potentielles.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.