Monaco devrait quitter le basket-ball professionnel après une nouvelle défaite face à la Fédération

Sophie Lambert

Le destin chaotique de l’AS Monaco Basket après de nouveaux revers administratifs

L’équipe de basketball de Monaco, qui a connu une saison remarquable en remportant le championnat de France il y a tout juste deux mois, fait face à une grave crise qui pourrait bien signer sa sortie du monde professionnel. La Fédération française de basket-ball (FFBB) a, une fois de plus, rejeté la demande du club, laissant planer le doute quant à son avenir à court terme. Ce rejet intervient un peu plus de deux mois après la victoire historique en championnat national et à peine un an après avoir atteint la finale de la prestigieuse Euroligue, ce qui souligne la complexité et la rapidité de la tournure des événements.

Une décision fédérale qui met fin à une série de recours

Depuis plusieurs semaines, l’histoire mouvementée de l’ASM Monaco Basket semble connaître son point d’orgue avec une succession de décisions défavorables. Dimanche, c’est le résultat d’un nouveau chapitre dans cette saga : le bureau fédéral a rejeté la demande formulée par le club en fin de semaine dernière, considéré comme une ultime tentative pour obtenir une réintégration en compétition. Il s’agit donc d’un coup dur pour la formation monégasque, qui espérait encore pouvoir préserver ses ambitions sportives dans l’environnement réglementaire de la fédération. Depuis le début de cette crise, l’économie et la gouvernance du club ont été au cœur des débats, alimentant un feuilleton à rebondissements dont l’épilogue, pour l’instant, reste incertain.

Les démarches engagées pour sauver le club, sans succès

Après un revers initial lorsque la Ligue nationale de basket (LNB), le gendarme financier de la compétition, a décidé en juillet de ne pas autoriser Monaco à prendre part à ses championnats en raison de difficultés financières, le club avait alors saisi le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). La réponse négative de cette instance, confirmée par la chambre d’appel de la FFBB, a laissé l’ASM Monaco dans une position très vulnérable. Néanmoins, le club n’a pas baissé les bras ; vendredi dernier, il a sollicité une réévaluation de son dossier par le bureau fédéral, mettant en avant des éléments récents qui, selon lui, pouvaient justifier une nouvelle analyse.

Dans ses démarches, le club a tenté d’obtenir l’autorisation de faire entrer un investisseur européen de renom dans ses rangs, ce qui aurait permis à Monaco d’engager 10 millions d’euros pour la saison 2026-2027, tout en visant à complètement désendetter la structure. Cependant, cette requête a été également rejetée par le comité fédéral, comme l’a confirmé le club lui-même, s’appuyant sur une information publiée par le journal Nice-Matin. En dépit de ce nouvel échec, le club n’a pas exclu dans l’immédiat la possibilité de saisir le tribunal administratif pour faire valoir ses droits, bien qu’il n’ait pas encore entamé cette procédure.

Les efforts en cours pour restructurer l’avenir du club

Malgré ces échecs, l’avocat du club, Me Xavier Le Cerf-Galle, assure que des réunions importantes sont programmées pour les prochains jours en Principauté. Celles-ci visent à définir les contours d’une refondation complète de l’AS Monaco Basket, dans l’objectif de permettre à l’équipe de retrouver rapidement le haut niveau. Selon lui, quelle que soit la décision qui sera prise dans le contexte actuel, il est certain que Monaco maintiendra ses ambitions sportives et coopérera pour redevenir une force du basket européen. La volonté de voir revenir la compétition de haut niveau dans la principauté demeure intacte, malgré le contexte difficile, et de nouvelles stratégies sont en train d’être élaborées pour assurer la survie sportive du club.

Un passé prestigieux et une recherche désespérée d’investisseurs

Ce club, connu sous le nom de Roca Team, a marqué l’histoire récente du basket français en accumulant plusieurs distinctions, notamment trois titres de champion de France en 2023, 2024 et 2026. Il a également remporté deux Coupes de France consécutives en 2023 et 2026, tout en participant à deux Final Four de l’Euroligue en 2023 et 2025, une performance que plus aucun club français n’avait répété depuis 1997, date à laquelle l’Asvel avait réalisé l’exploit.

Cette réussite sportive a été rendue possible grâce aux investissements de l’homme d’affaires russo-hongrois Aleksej Fedoricsev, qui a doté le club d’un budget record de près de 39 millions d’euros pour la saison précédente. Son apport financier a permis de constituer un effectif sans précédent dans l’histoire du basketball français. Toutefois, cette croissance exceptionnelle a été accompagnée de graves difficultés financières, menant l’ASM Monaco à l’orée de la faillite début 2026. La situation était si grave que le club a dû recourir à un prêt de 24 millions d’euros de la part de l’État monégasque, via la Société nationale de financement (SNF), afin de pouvoir continuer à fonctionner. Depuis lors, la recherche d’un nouveau propriétaire capable d’assurer la stabilité financière de la formation est devenue une priorité.

Les tentatives échouées de reprise et les options tardives

Longtemps, le club a tenté de se relancer grâce à un projet de reprise ambitieux porté par l’ex-joueur NBA Jamal Mashburn, associé à son fonds d’investissement Helen Holdings. La négociation entre les parties avait même atteint une étape avancée en août, avec des discussions prolongées du 12 au 19, en mode négociation exclusive. Cependant, dès que la réalité financière est devenue évidente et que les fonds promis n’ont pas été versés, la direction monégasque a dû revoir sa copie. Il est maintenant clair que cet espoir de rachat par Mashburn ne se concrétisera pas, laissant le club dans une impasse.

En réponse à cette situation, un second projet de reprise a émergé, mené par le Monégasque Romain Goiran, en collaboration avec un investisseur français, Benjamin Erisoglu. Malgré cela, le projet n’a pas pu fournir à temps toutes les pièces justificatives nécessaires à son approbation, ce qui lui a valu de rester dans l’ombre et d’être incapable de changer la donne à temps pour le début des démarches officielles.

Une saison compromise pour Monaco et Saint-Quentin

Au 25 août, Monaco s’est présenté devant le CNOSF sans avoir apporté de nouvelles garanties financières suffisantes, en présentant un budget réduit de plusieurs millions d’euros par rapport à ses précédentes ambitions. La fédération a alors décidé de maintenir sa position d’exclusion du club de la Ligue, laissant la place à une issue incertaine.

Pendant ce temps, la petite ville de Saint-Quentin a réussi une opération de dernière minute pour se faire réintégrer en Championnat de France Elite. Le 25 août, la ville a présenté une nouvelle candidature sans garanties financières renforcées, mais avec un budget inférieur à ce qu’elle avait initialement prévu. Cela contraste avec l’échec de Monaco, qui n’a pas su finaliser son dossier à temps, et laisse entrevoir la possibilité d’un retour pour Saint-Quentin en élite, au détriment de Monaco, qui ne pourra probablement pas participer à l’Eurocoupe, la deuxième compétition européenne. Cet obstacle représente une occasion pour le club de reprendre du galon après une période de turbulence, en retrouvant l’élite du basketball national. La dernière victoire de Monaco dans la compétition européenne remonte à 2021, lorsque l’équipe s’était hissée vers l’Euroligue, marquant un tournant dans son histoire.

En résumé, la situation de l’AS Monaco Basket est aujourd’hui marquée par une crise profonde, mêlant difficultés financières, luttes administratives et quête désespérée de nouveaux investisseurs afin de garantir un avenir sportif et économique stable. La saison à venir s’annonce incertaine pour l’un des clubs qui a connu ses heures de gloire, mais qui doit aujourd’hui faire face à une réalité devenue critique.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.