Mathieu Lecerf et ses Sales Gosses remportent le prix « L’Alsace-les DNA » au festival sans nom de Mulhouse

Sophie Lambert

Lancement festif du Festival sans Nom : une réunion chaleureuse autour de la littérature policière

Ce vendredi 16 octobre marque le coup d’envoi du Festival sans Nom (FSN) lors d’une soirée d’ouverture conviviale, réunissant le parrain de l’événement, Niko Tackian, ainsi que vingt-neuf autres écrivains et les membres de l’organisation. Ce rassemblement festif s’articule dans une atmosphère de retrouvailles joyeuses, car plusieurs des auteurs présents se connaissent bien, appartenant à ce cercle relativement restreint des écrivains spécialisés dans le genre du polar. La majorité d’entre eux sont fidèles à cette manifestation mulhousienne chaque année, renforçant ainsi les liens et la complicité entre eux lors de ce rendez-vous incontournable de la littérature policière.

La soirée : un moment de distinctions et d’émotions

C’est également durant cette soirée que se déroule la remise des prix du festival. Le prestigieux Grand Prix du FSN a été attribué cette année à Meï Lepage pour son premier roman intitulé « Sécher tes larmes », publié chez Verso. Ce thriller réaliste puise une partie de son inspiration dans l’expérience personnelle de l’auteure, qui a exercé en tant que policière. La distinction attribuée par les lecteurs des bibliothèques de Mulhouse revient pour sa part à Valentine Vendôme, pour son premier ouvrage, « Panthères », publié chez Michel Lafon. Il s’agit également d’une première œuvre pour l’auteure, qui adopte ici le point de vue original d’une vice-procureure, mêlant ainsi la fiction à son expérience de magistrate. Enfin, le prix « L’Alsace-Les DNA » a été décerné à Mathieu Lecerf, pour son roman « Sales Gosses », publié chez HarperCollins. Ces distinctions honorent des auteurs prometteurs et illustrent la diversité des talents présents lors de cette édition.

Un jury éclectique parmi les amateurs de lecture

Pour cette édition, le jury désigné par la catégorie « L’Alsace-Les DNA » comprenait douze salariés-lecteurs issus de plusieurs services situés entre Strasbourg et Mulhouse. Ce collectif a été chargé de sélectionner cinq œuvres parmi une liste proposée par le comité du festival. Le choix n’a pas été simple, tant les styles et univers proposés étaient variés, témoignant de la richesse et de la diversité du genre policier. Après une délibération intense, c’est finalement « Sales Gosses » de Mathieu Lecerf qui a été retenu, se distinguant par sa narration captivante et sa profondeur psychologique.

Une intrigue captivante centrée sur une jeunesse en crise

Ce roman a su séduire par la simplicité de son intrigue et la profondeur de ses personnages. L’histoire raconte celle de Jimmy, un homme de 45 ans, un peu perdu dans sa vie, dont le passé est marqué par une tragédie. Son père, reconnu coupable du meurtre d’une adolescente, a été incarcéré et est décédé en prison sans jamais avoir reconnu sa culpabilité. Cependant, avant sa mort, celui-ci a laissé à son fils un message énigmatique où il affirme : « Je ne l’ai pas tuée ». Jimmy, décidé à faire la lumière sur cette affaire et à comprendre son histoire personnelle, retourne dans le village de son enfance, situé près de Rouen, pour démêler les fils de cette tragédie et explorer les secrets de sa jeunesse.

Une œuvre à la fois efficace et riche en émotions

Ce roman a été unanimement salué pour sa remarquable efficacité narrative et son style fluide, dynamique. Les lecteurs ont apprécié la manière dont l’auteur alterne passages dans le passé et dans le présent, pour explorer la fracture entre l’insouciance de l’enfance et la dure réalité de la vie adulte. Le récit dépeint une bande d’amis insouciants durant leur jeunesse, puis leur évolution trentenaire, marquée par la désillusion et une part d’ombre. La narration arrive à faire parler les personnages avec authenticité, notamment les enfants, ce qui demande un vrai talent de la part de l’écrivain. Le résultat est une œuvre empreinte de justesse, qui touche par sa sincérité et sa profondeur émotionnelle.

Le programme du festival : un week-end dédié à la littérature

Le Festival sans Nom se poursuit tout au long du week-end, avec des activités programmées à la bibliothèque Grand’Rue de Mulhouse. La manifestation se déroule le samedi 17 octobre, de 10 heures à 18 heures, puis le dimanche 18 octobre, de 10 heures à 17 heures. C’est une occasion pour les passionnés de littérature de rencontrer auteurs, d’assister à des débats, et de découvrir de nouvelles œuvres dans une ambiance dynamique et chaleureuse.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.