Ce jeudi, la montée de la violence lors des manifestations lycéennes ne laisse aucune place à l’innocence ou à la naïveté. Les actes de vandalisme touchant aussi bien des biens publics que privés, ainsi que les agressions commises dans le contexte des blocages, ont souvent évolué en véritables scènes d’émeute, ce qui doit être dénoncé sans ambiguïté. Les jeunes qui participent véritablement à ces mouvements pour défendre leurs conditions d’études sont également les premiers à condamner ces excès, sachant que la destruction des installations ou la violence nuit à leur crédibilité et à la légitimité de leurs revendications. Sur les réseaux sociaux, certains lycéens militants, encore souvent trop jeunes pour voter, avertissent : « Cela ne nous aide pas, cela nuit à notre cause, et cela rend notre combat encore plus difficile. » Ils sont nombreux à ressentir de la frustration face à leur incapacité à se faire entendre autrement.
Ce que ces jeunes expriment, si l’on prend la peine de les écouter attentivement, ne peut pas être éclipsé par les images choquantes de feux de voitures, d’établissements scolaires endommagés ou de confrontations avec les forces de l’ordre, qui circulent déjà et tentent de faire diversion. Ces lycéens réclament, avec sincérité, des enseignants, des emplois du temps justes, des locaux propres, voire même des toilettes décentes. Ils considèrent également que l’interdiction du téléphone portable, mise en place cette année scolaire et présentée comme une mesure pour leur « bien », ne répond pas du tout à leurs attentes ni à leurs besoins fondamentaux. Il est difficile de leur donner tort face à ces revendications légitimes.
Mais, face à ces exigences pour un service public de l’éducation digne de ce nom, que restera-t-il de leurs aspirations si d’un côté, des fauteurs de troubles déforment leur message, et si de l’autre, la scène politique en fait un enjeu de lutte politique ou cherche à tirer profit de la situation, même de manière indélicate ?
Face à cette crise, le gouvernement semble aujourd’hui prendre conscience du danger et affiche une volonté de dialogue. Il promet désormais des « avancées concrètes pour le bénéfice des élèves, des personnels et de l’ensemble du système éducatif ». Il appartient maintenant à la confiance de faire en sorte que cette promesse soit tenue, et que la voix de la jeunesse soit réellement entendue et prise en compte. »






