La version des accusés mise à mal lors du procès pour l’assassinat d’Aramburu

Sophie Lambert

Une légiste a précisé vendredi que les deux balles qui ont causé la mort du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu ont été tirées dans son dos, ce qui vient quelque peu contredire la version de la défense du principal accusé, qui comparaît pour assassinat devant la cour d’assises de Paris.

Les experts en médecine légale ont expliqué que l’autopsie a révélé que Federico Aramburu, qui avait 42 ans au moment des faits, a été touché par deux de ces projectiles. Ces tirs, effectués par l’accusé, lui ont infligé des blessures fatales. La position des blessures, particulièrement leur localisation au milieu du dos, constitue une preuve importante dans le contexte de l’enquête.

Il est important de noter que cette nouvelle information remet en question la version selon laquelle la victime aurait été attaquée frontalement ou aurait été en danger immédiat au moment des tirs. La trajectoire des balles indique qu’Aramburu a été attaqué par derrière, ce qui alimente le débat sur la nature de cette confrontation et sur la véritable intention des personnes impliquées.

Le mis en cause principal, Loïk Le Priol, un ancien militaire âgé de 32 ans, avait ouvert le feu ce matin-là, en mars 2022, avec six coups de feu. Quatre de ces balles ont atteint Federico Martin Aramburu, qui n’était en possession d’aucune arme lors de l’incident. La nature de la blessure de la victime, en particulier celles situées au centre du dos, a été explicitement précisée dans le rapport médical, apportant un éclairage essentiel sur la tournure des événements.

La médecin légiste a également confirmé que deux des projectiles, entrés dans le corps du rugbyman en milieu et en profil, ont été responsables de sa mort. Ces tirs ont provoqué des lésions graves, notamment la fracture de la colonne vertébrale, des atteintes aux organes vitaux comme le foie, les reins, ainsi qu’un poumon. La violence des blessures a entraîné une hémorragie massive, rapidement suivie d’un arrêt cardiaque, laissant peu d’espoir à une réanimation.

Les secours, malgré leur intervention rapide, n’ont pas pu sauver Federico Aramburu. Selon la médecin légiste, son décès était inévitable face à la gravité de ses blessures, qui ont causé une défaillance multiple des organes et une perte de conscience immédiate. La spectaculaire violence de la scène, combinée à la rapidité de l’épreuve fatale, explique sans doute pourquoi il n’a pas pu être sauvé malgré l’urgence.

Lors du procès, le président de la cour, Franck Zientara, a voulu savoir si Federico Aramburu a vécu ses derniers instants, en particulier s’il a pu percevoir la menace ou voir ses agresseurs. La légiste a confirmé que le rugbyman, peu avant sa mort, aurait verbalement exprimé à un ami sa perception de la dangerosité des armes dirigées contre lui. Il aurait alors perçu la menace comme imminente, ce qui aurait ou aurait pu contribuer à sa dernière conscience.

Quant à la souffrance physique ou morale qu’il aurait pu endurer, la médecin a décrit ses blessures à la colonne vertébrale comme extrêmement douloureuses. Avant de rendre son dernier souffle, Federico Aramburu aurait eu du mal à respirer, souffrant de sensation d’étouffement et de détresse respiratoire. La douleur due aux blessures aurait été très intense, accentuée par le fait que ses blessures, notamment celles à la colonne vertébrale, étaient profondément traumatiques. La conscience de la gravité de ses blessures aurait été perceptible dans ses derniers moments.

Les investigations ont également relevé que les tirs effectués par les accusés avaient touché la victime à la cuisse, puis au bas de la poitrine, en profil. La légiste a indiqué que si le seul premier tir n’avait pas été suivi par d’autres, la blessure n’aurait fait que provoquer une interruption temporaire de travail de quelques jours. Cependant, la succession de tirs a causé des blessures plus graves, rendant toute tentative de survival impossible.

Malgré leur intervention rapide, les secours n’ont pas pu sauver Aramburu, cette évidence étant confirmée par le rapport médical. La victimologie de cette affaire soulève la question de la brutalité de l’incident, considéré comme une véritable exécution par certains enquêteurs. Les deux hommes, tous deux membres de groupes ultradroits, sont suspects d’avoir agi avec une force létale mais en nier toute préméditation ou intention homicide, en affirmant que leurs tirs venaient se défendre lors d’un différend qui aurait dégénéré.

Les autopsies montrent que les projectiles ont suivi une trajectoire qui allait de l’arrière vers l’avant dans le corps de la victime, ce qui indique une attaque par derrière et soulève des doutes sur la version de la légitime défense. Les deux accusés, qui risquent une peine de réclusion à perpétuité, attendent leur verdict prévu pour le 25 septembre prochain.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.