La taxe sur les logements vacants à Paris va bientôt doubler

Sophie Lambert

Cette initiative faisait partie des propositions électorales du nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire. Elle a été mise en œuvre dès le début du mandat de la nouvelle administration municipale.

À compter de 2027, ceux qui possèdent un logement laissé vacant pour une période prolongée seront soumis à une taxe équivalente à 30 % de la valeur locative cadastrale du bien. Cette mesure s’appliquera après un an de vacance locative, en augmentation par rapport aux 17 % en vigueur aujourd’hui. Par ailleurs, une surtaxe atteignant 60 % de la valeur du bien sera instaurée dès que la vacance atteindra deux années, contre 34 % actuellement.

La taxe sur les habitations vides va donc pratiquement doubler à partir de l’année prochaine.

Les motivations derrière cette initiative

« Nous adressons un message clair à tous les propriétaires de logements inoccupés : louez votre bien ou vendez-le », affirme Jacques Baudrier, adjoint chargé du logement à la mairie de Paris.

Le but principal est de répondre à la crise du logement. Selon la municipalité, 36 000 logements à Paris restent inoccupés depuis plus de deux ans, représentant 14 % du parc privé de la capitale. De plus, chaque année, le nombre de logements laissés vacants augmente de 7 000. La maire estime qu’« au total, les logements inutilisés, comprenant à la fois les résidences secondaires et les logements inoccupés, constituent environ 28 % du parc privé.»

Une partie de ces logements pourrait, si elle était remise sur le marché locatif, contribuer positivement à soulager la pénurie de logements parisiens.

Une unité spéciale pour la protection des logements

Par ailleurs, la municipalité de Paris prévoit la création d’une unité dédiée à la surveillance et à la lutte contre certains dysfonctionnements liés au logement. Celle-ci devrait compter environ 150 agents. Leur mission principale sera de lutter contre les meublés de tourisme illégaux, combattre l’habitat insalubre, faire face aux marchands de sommeil, prévenir les expulsions massives et assurer le respect des lois encadrant la fixation des loyers.

Des mesures contestées

Une partie de l’opposition municipale ainsi que certains propriétaires remettent en question l’efficacité de ces mesures.

Leur critique principale : sans relancer la construction de nouveaux logements ou encourager les investissements, la résolution de la crise du logement demeure difficile à atteindre. Se concentrer uniquement sur la réduction des logements vacants pourrait même être contre-productif si cela ne s’accompagne pas d’autres mesures.

En effet, cette nouvelle taxe, qui s’ajoute à la régulation des loyers, à l’interdiction de louer des logements classés passoires thermiques et aux charges fiscales élevées, risque de désinciter les investisseurs à se lancer dans la location immobilière.

Selon certains détracteurs, ces mesures pourraient pousser certains investisseurs à se détourner du secteur immobilier au profit d’investissements plus simples ou plus rentables. Seul l’avenir pourra préciser l’impact de ces nouvelles politiques sur le marché locatif parisien.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.