La première moitié du corps touchée par la maladie de Parkinson influence l’évolution des troubles

Sophie Lambert

Comprendre la maladie de Parkinson : une condition souvent réduite à ses signes moteurs

Lorsqu’on évoque la maladie de Parkinson, la majorité des personnes pensent immédiatement aux tremblements caractéristiques et aux difficultés liées aux mouvements. Ces symptômes moteurs sont en effet les plus visibles et les plus emblématiques de cette pathologie neurodégénérative.

Les aspects moins apparents mais tout aussi déterminants de la maladie

Cependant, la maladie de Parkinson ne se limite pas à ses manifestations externes. Près de 10 millions d’individus à travers le globe souffrent de cette maladie, et parmi eux, beaucoup présentent aussi des troubles qui passent souvent inaperçus ou sont considérés comme secondaires. Ces complications comprennent des problèmes de mémoire, des états dépressifs, ainsi que des épisodes d’anxiété, qui, malgré leur nature moins visible, peuvent avoir un impact considérable sur la vie quotidienne des patients.

Une avancée surprenante dans la prédiction des troubles neurologiques discrets

Une équipe de chercheurs affiliés à l’Université de Genève et aux Hôpitaux universitaires de la ville a récemment réalisé une découverte étonnante : le côté du corps où apparaissent d’abord les premiers signes permet de prévoir si des troubles dits « cachés » peuvent se développer plus tard dans l’évolution de la maladie.

La particularité initiale de la maladie : une asymétrie systématique

La maladie de Parkinson débute toujours de façon déséquilibrée entre les deux côtés du corps

Une caractéristique peu connue de cette maladie est qu’elle commence invariablement de façon asymétrique, c’est-à-dire qu’elle ne se manifeste pas simultanément de part et d’autre du corps. Au départ, seul un côté est concerné, ce qui traduit un dysfonctionnement précis dans un hémisphère du cerveau, sans affecter l’autre.

Les premiers symptômes — tremblements, rigidité musculaire ou lenteur dans l’exécution des gestes — ne concernent au début qu’un seul des côtés du corps. Ce phénomène d’asymétrie est significatif puisqu’il reflète une perturbation précise d’une moitié du cerveau, indiquant une origine localisée du mal.

En cas de symptômes apparaissant du côté droit, cela indique une atteinte de l’hémisphère gauche, et inversement. Ce décalage asymétrique est une signature essentielle pour comprendre l’évolution de la maladie.

L’importance de la localisation initiale pour prévoir l’évolution

En menant une analyse approfondie de 80 études menées ces cinquante dernières années, les chercheurs genevois ont mis en évidence que cette asymétrie de départ est un indicateur déterminant du futur de la maladie. En effet, la localisation initiale des symptômes influence la trajectoire que suivra la maladie au fil du temps.

Les patients qui montrent des premiers signes du côté droit ont tendance à développer des troubles cognitifs plus graves, avec une probabilité accrue de progression vers une démence.

Chez ces patients, la mémoire, le raisonnement et la capacité d’attention tendent à se détériorer plus rapidement. Ces symptômes cognitifs peuvent devenir très handicapants tout au long du parcours de la maladie.

À l’opposé, lorsqu’une personne voit ses premiers symptômes apparaître du côté gauche, elle a davantage de chances de rencontrer des troubles liés à la santé mentale, tels que dépression ou anxiété. Ces manifestations, souvent moins spectaculaires que les troubles moteurs, ont néanmoins une influence importante sur la qualité de vie des patients et de leurs proches.

Les enjeux futurs d’une approche plus personnalisée

Ce travail de recherche, publié dans la revue scientifique « npj Parkinson’s disease », ouvre la voie à une gestion de la maladie de Parkinson davantage adaptée au profil de chaque patient. L’identification précise du côté où apparaissent les premiers signes pourrait permettre d’anticiper plus efficacement les complications et d’orienter rapidement vers les traitements appropriés.

Selon Julie Péron, responsable de cette étude, ces découvertes représentent une étape importante dans la meilleure compréhension des symptômes qui ne concernent pas la motricité, longtemps sous-estimés ou négligés.

En outre, la capacité à déterminer dès le début quel côté sera affecté pourrait aider les médecins à prévoir l’évolution de la maladie, facilitant ainsi une prise en charge plus précise et plus adaptée aux besoins spécifiques de chaque patient.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.