Les températures exceptionnellement élevées perturbent autant la vie quotidienne que le monde du travail : il devient difficile de dormir, des habitations deviennent inadaptées à la chaleur, les écoles ferment temporairement, certains métiers manuels s’avèrent extrêmement éprouvants même avec des ajustements d’horaires, et de nombreux commerces en l’absence de systèmes de refroidissement attristent leur clientèle en raison de l’absence d’air frais.
Pour faire face à cette situation, la solution principale adoptée par les particuliers comme par les professionnels demeure l’installation d’appareils de climatisation.
Conséquence directe de cette demande croissante : en France, les demandes pour l’installation de climatiseurs ont enregistré une hausse de 90 % en seulement un an, selon la plateforme spécialisée travaux.com. Cette vogue a entraîné des ruptures de stock dans les magasins et un allongement des délais pour effectuer les travaux d’installation.
Une demande amplifiée en milieu urbain
Cette tendance à la hausse pour les installations de climatisation est encore plus prononcée dans les zones urbaines, où l’intensité des vagues de chaleur est généralement plus forte. Les habitants de la ville ressentent davantage ces épisodes de chaleur extrême, ce qui explique cette demande accrue.
De plus, la région la plus concernée reste le sud-est de la France, où la présence de climatiseurs est historiquement plus importante, même si cette année, la canicule n’a épargné aucune zone du territoire français.
Ce phénomène ne se limite pas à la France : la croissance de la demande est également très forte dans d’autres pays, avec une progression de 152 % en Allemagne, de 150 % au Royaume-Uni, et de 114 % aux Pays-Bas sur une période d’un an.
Certains pays ont déjà largement adopté la climatisation comme norme dans les habitations, notamment la Chine, les États-Unis et le Japon, où cette technologie est désormais courante.
Faible taux d’équipement en France
En ce qui concerne la France, le taux d’équipement des logements en climatisation reste encore modéré, selon les données issues de hellowatt.fr, une plateforme spécialisée dans la comparaison des fournisseurs d’énergie.
Il est prévu qu’en 2026, seulement 28 % de l’ensemble des maisons soient équipées de systèmes de climatisation, un chiffre encore plus faible pour les appartements, avec environ 13,4 %. Cela montre que l’équipement n’est pas encore généralisé dans le pays.
D’après les estimations du Réseau de Transport d’Électricité (RTE), environ la moitié des logements français devraient être équipés de la climatisation d’ici 2035 si les tendances actuelles perdurent.
Selon l’Agence de la Transition Écologique (Ademe), la consommation électrique liée à la climatisation pourrait tripler d’ici 2050, en l’absence de politiques efficaces de réduction de la consommation. Elle pourrait augmenter de 13 térawattheures, ce qui équivaut à la production annuelle d’un réacteur nucléaire.
Ce qui est paradoxal, c’est qu’en période de canicule, comme pour l’année 2026, certains réacteurs nucléaires doivent souvent être mis à l’arrêt ou ralentis pour respecter les limites réglementaires d’échauffement de leurs circuits de refroidissement, utilisés pour préserver la sécurité des installations.
Alternatives à la climatisation
Cette année, la forte chaleur a également favorisé une croissance de la demande pour d’autres moyens de rafraîchissement, tels que les ventilateurs de plafond, les volets, et les stores, qui peuvent constituer des solutions alternatives pour atténuer la chaleur dans les logements.
Il existe aussi quelques astuces simples qui peuvent contribuer à limiter la surchauffe : fermer les volets durant la journée, ouvrir fenêtres et courants d’air la nuit, réduire l’usage d’appareils électroménagers et de plaques de cuisson durant les heures les plus chaudes pour limiter la chaleur diffusée à l’intérieur.






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