Ce mercredi matin, vers 9 heures 30, un incident grave s’est produit dans le tunnel du Gothard situé dans la région d’Airolo, au Tessin. Un camion qui s’engageait depuis la direction sud percute un autre poids lourd qui arrivait en sens inverse depuis Göschenen, en provenance de la Suisse alémanique. L’enquête officielle révélera que le conducteur du premier véhicule était sous l’effet de l’alcool lors de l’accident. La collision entre ces deux remorques a provoqué une fuite de diesel, suivie d’un court-circuit électrique. En quelques instants, cette fuite s’enflamme, générant un incendie qui va rapidement se développer. Le carburant en combustion libère une épaisse fumée toxique dans l’ensemble de la galerie souterraine, tandis que la température grimpe jusqu’à environ 1 200 degrés Celsius, rendant la situation extrêmement périlleuse.
Le tunnel, qui est un passage stratégique reliant le sud de l’Europe à la partie nord, voit sa structure menacée de s’effondrer sous la violence de l’incendie. Les pompiers suisses déploient deux jours durant d’importants efforts pour atteindre le cœur du sinistre et maîtriser le feu. Grâce à leur intervention, la catastrophe évite d’être encore plus grave, mais elle laisse derrière elle une scène de dévastation considérable : onze personnes perdent la vie dans cet accident. Plus de cent véhicules, dont plusieurs dizaines de camions, sont détruits par le feu ou les dégâts collatéraux, ce qui cause un choc profond dans cette région. À l’époque, les médias évoquent cette catastrophe comme “l’enfer du Gothard”, un nom qui témoigne de la violence de l’événement. L’accident survient deux ans seulement après deux autres catastrophes majeures dans des tunnels alpins — celle du Mont-Blanc en France, où 39 personnes ont péri, et celle du Tauern en Autriche, où 12 victimes ont été recensées.
Suite à cette tragédie, les autorités helvétiques ont rapidement réagi en mettant en place un système de régulation du trafic dans le tunnel, utilisant des feux tricolores pour contrôler la circulation. Le tunnel, long de 17 kilomètres, constitue une voie cruciale reliant l’Europe du Nord à l’Italie, ce qui rend ces mesures essentielles pour assurer la sécurité. Par ailleurs, pour éviter que de tels accidents ne se reproduisent à l’avenir, un référendum a été organisé en 2016, dans le cadre duquel la population suisse a voté en faveur de la création d’un second tunnel parallèle au premier. Cette nouvelle galerie, conçue pour remplacer la circulation à double sens, est aujourd’hui en cours de réalisation. L’objectif est qu’elle soit opérationnelle d’ici à 2030, améliorant ainsi la sécurité et la fluidité du trafic dans cette zone stratégique des Alpes.
Le projet prévoit la construction d’un second tube, destiné à séparer totalement les flux de véhicules dans des directions opposées, réduisant ainsi considérablement le risque d’accidents similaires à celui du Gothard. La mise en œuvre de cette infrastructure est essentielle pour garantir la sécurité des usagers et assurer la continuité du transit routier dans cette région souvent soumise à des conditions météorologiques et géologiques difficiles. La catastrophe de 2001 a laissé une empreinte durable dans la mémoire collective, incitant à une révision des normes de sécurité et à la modernisation constante de cette infrastructure vitale pour le transport européen.






