Le face-à-face des rassemblements politiques du week-end dernier offre un contraste amer
Le contraste entre les rassemblements du week-end passé est frappant et sans pitié : Gabriel Attal a rencontré des difficultés pour mobiliser plus de 2 500 personnes lors de son rassemblement à Lyon, le 10 octobre, alors que le lendemain, Jean-Luc Mélenchon attirait à Clermont-Ferrand près de 10 000 personnes. Le candidat soutenu par Renaissance pour l’élection présidentielle a connu un début de campagne très remarquée, avec un premier meeting réussi à Paris, qui a suscité beaucoup d’enthousiasme. Cependant, depuis cette étape prometteuse, la tendance semble nettement pencher en faveur des partis d’extrême gauche et d’extrême droite. Selon notre sondage Odoxa-Backbone (*), publié mercredi, Gabriel Attal recueillerait seulement 11 % d’intentions de vote s’il se présentait comme le candidat du centre, contre 17 % pour Édouard Philippe. Ce dernier devancerait également Jean-Luc Mélenchon à 18 % et Marine Le Pen à 37 %.
Les confidences en privé et la course à la primaire
Dans l’intimité, Gabriel Attal rappelle que le résultat final n’est pas encore joué. La primaire entre Attal et Philippe se déroulera sans vote, puisqu’il s’agira d’une sélection interne. Selon notre étude, Édouard Philippe est considéré comme un candidat plus apte à représenter le centre politique, avec 38 %, contre 30 % pour Attal. Le défi pour le jeune candidat Renaissance est de confirmer cette préférence, tandis qu’Attal doit inverser cette tendance en sa faveur.
Les proches de Gabriel Attal avaient anticipé un automne difficile pour le camp du centre, notamment à cause des débats budgétaires et des préoccupations croissantes concernant le pouvoir d’achat, exacerbées par la flambée des prix des carburants. Le scénario semble se confirmer aujourd’hui. Par ailleurs, leurs observateurs notent que la probabilité d’un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon gagne du terrain dans les sondages. Selon eux, cela pourrait devenir un élément déterminant dans la campagne. Un collaborateur de l’équipe d’Attal souligne que si l’on en vient à penser qu’Édouard Philippe pourrait ne pas atteindre le second tour, cela jouerait en faveur de Gabriel Attal. En effet, celui qui apparaît comme capable d’élargir la base au-delà de la droite et du centre pourrait bénéficier d’un avantage certain. La stratégie serait alors d’éviter un second tour entre le Rassemblement National et La France Insoumise, qui pourrait peser lourd dans le choix des électeurs.
Une coalition des démocrates pour représenter une alternative
Le candidat d’Horizons mise davantage sur sa crédibilité et son sérieux, dans un contexte où l’incertitude et l’inquiétude quant à l’avenir des Français restent élevées. Son objectif est de capter le vote utile en faisant preuve d’un message crédible. De son côté, le candidat Renaissance parie sur une « coalition des démocrates » conçue pour dépasser les divisions partisanes traditionnelles. Cette idée consiste à rassembler au-delà des frontières des partis, en séduisant également une partie des électeurs issus de la gauche social-démocrate, notamment ceux attirés par la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire socialiste. En proposant des idées visant à transformer en profondeur le modèle actuel, notamment en initiant une réforme des retraites qui supprimerait l’âge légal de départ, il cherche à incarner un changement innovant.
Pour finir, l’équipe de Gabriel Attal prévoit d’intensifier ses efforts grâce à un second rassemblement régional prévu pour décembre, tout en multipliant les déplacements à l’étranger. Ces initiatives visent à améliorer l’image de leur candidat et à lui conférer une stature présidentielle, un facteur qui pourrait devenir crucial à l’approche du premier tour, prévu pour le 18 avril. La capacité du candidat à incarner la fonction présidentielle pourrait alors jouer un rôle déterminant dans l’issue de la campagne.
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(*) Enquête menée par internet du 24 septembre au 7 octobre 2026 auprès de 12 005 Français représentatifs de la population âgée d’au moins 18 ans. La marge d’erreur pour les intentions de vote se situe entre 0,6 et 1,2 point, selon le score observé.






