À l’occasion de la Journée mondiale du cœur, la Fondation pour la santé cardiaque des femmes dévoile de nouvelles données issues de son Observatoire national dédié à la santé féminine
À l’occasion de la Journée mondiale consacrée au cœur, la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes publie de nouvelles statistiques tirées de l’Observatoire national spécialisé dans la santé des femmes. Ces résultats offrent un regard approfondi sur les facteurs et les enjeux liés à la santé cardiovasculaire féminine.
Une étude basée sur les dossiers médicaux collectés lors des dépistages mobiles du Bus du Cœur des Femmes
L’enquête, initiée en 2021, s’appuie sur l’analyse des dossiers médicaux recueillis lors des campagnes de dépistage effectuées par le Bus du Cœur des Femmes. Ces dépistages ciblent principalement l’évaluation des risques cardiovasculaires, métaboliques et gynécologiques. Leur objectif est d’identifier précocement des facteurs de risque et de sensibiliser la population féminine à l’importance d’un suivi régulier.
Les prescriptions contraceptives parfois inadaptées, un défi majeur pour la santé publique
Parmi les 14 653 dossiers médicaux ouverts par le Bus du Cœur des Femmes, 1 062 ont été minutieusement analysés. Ces dossiers concernaient des femmes âgées de 15 à 55 ans, dont la méthode de contraception était enregistrée. Selon les chiffres publiés le lundi 28 septembre, il apparaît que pour 40,7 % des femmes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, la prescription de contraceptifs œstroprogestatifs (médicaments contenant un œstrogène synthétique associé à un progestatif, souvent appelés contraceptifs combinés) était inadaptée. Quand on considère également celles ayant des antécédents familiaux au premier degré, ce pourcentage augmente à près de 60 %. À titre de comparaison, chaque jour en France, environ 200 femmes décèdent d’une maladie cardiovasculaire, illustrant la gravité de ces statistiques.
« Les données provenant de l’Observatoire national de la santé des femmes mettent en relief un problème de santé publique crucial : les prescriptions inadaptées de contraceptifs, notamment ceux contenant des œstrogènes, représentent une menace sérieuse pour la santé. Il est indispensable de renforcer la formation des professionnels de santé sur les contre-indications liées à ces traitements. Par ailleurs, il est tout aussi essentiel d’informer clairement les femmes sur les différentes méthodes de contraception et leurs éventuelles risques ou restrictions », souligne la Pr Geneviève Plu-Bureau, à la tête du Conseil scientifique d’Agir pour le Cœur des Femmes, gynécologue et épidémiologiste à l’Hôpital Cochin-Port-Royal de Paris.
Une majorité de femmes à risque présente des symptômes cardiovasculaires
Les principaux facteurs de risque repérés dans cette cohorte à haut danger cardiovasculaire comprenaient l’hypertension, des antécédents familiaux de pathologies cardiaques, ainsi que la combinaison d’âge (environ 35 ans), de consommation de tabac ou encore d’obésité. Ces éléments constituent un véritable signal d’alarme quant à la vulnérabilité féminine face aux maladies du cœur.
« En France, chaque femme peut bénéficier d’une consultation approfondie remboursée par l’Assurance Maladie, effectuée par son médecin traitant ou son gynécologue lors de la prescription de la première contraception. Cet entretien représente une opportunité unique d’évaluer les facteurs de risque cardiovasculaire et de détecter d’éventuelles contre-indications. Il est également crucial de poursuivre cette vigilance lors de chaque renouvellement », rappelle le Pr Claire Mounier-Véhier, cofondatrice d’Agir pour le Cœur des Femmes, cardiologue et spécialiste des maladies vasculaires au CHU de Lille.
Une population diversifiée avec des signes précoces de pathologies cardiaques
Parmi les 15 000 dossiers étudiés, neuf femmes sur dix présentaient au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire. La cohorte variée s’étendait de femmes âgées de 15 à 85 ans, avec une majorité concentrée entre 55 et 69 ans, âge considéré comme clé dans la prévention des maladies cardiaques, souligne la fondation Agir pour le Cœur des Femmes dans son rapport.
En outre, près des deux tiers des femmes avaient exprimé des symptômes liés à des troubles cardiaques, tels que palpitations, essoufflements, douleurs thoraciques ou malaises. La composition de cette population révèle aussi que la moitié d’entre elles souffraient de syndromes gynécologiques, comme le syndrome des ovaires polykystiques ou l’endométriose, et que 60 % étaient en surpoids ou atteintes d’obésité. Ces données soulignent une prévalence importante de facteurs de vulnérabilité chez les femmes.
Des risques souvent négligés ou mal surveillés
Près de 80 % de ces femmes n’avaient pas de suivi spécifique pour leur santé cardiovasculaire, bien qu’un quart d’entre elles aient déjà subi un incident cardiovasculaire antérieur. De plus, 40 % d’entre elles ne bénéficiaient pas d’un suivi gynécologique régulier, notamment chez les jeunes de moins de 25 ans et chez les personnes âgées de plus de 65 ans. La moitié d’entre elles souffraient d’hypertension artérielle, mais seulement une sur cinq recevait un traitement approprié.
Les facteurs liés à la condition sociale et à la santé mentale accentuaient également la vulnérabilité cardiovasculaire. Une femme sur cinq déclarait subir des violences physiques ou psychologiques. Deux tiers d’entre elles rapportaient un stress important ou avaient été traitées pour dépression. Enfin, environ 42 % de ces femmes étaient en situation de précarité, une situation qui, chez les plus défavorisées, entraîne une baisse de 50 % du suivi gynécologique, aggravant leur risque global.
Une réalité alarmante : l’inégalité homme-femme face aux maladies cardiaques
« La dernière édition de l’Observatoire national de la santé des femmes confirme une triste certitude : chaque année en France, les femmes meurent plus souvent que les hommes des maladies du cœur. Les causes en sont bien établies : une présence fréquente de facteurs de risque ignorés, un déficit de détection et de prise en charge, ainsi qu’un manque de sensibilisation », souligne la Pr Mounier-Véhier.
Source : Fondation Agir pour le Cœur des Femmes






