Effets indésirables graves possibles avec Ozempic, Wegovy et Mounjaro en cas de mésusage

Sophie Lambert

Les médicaments semblables au GLP-1 (aGLP-1) jouent un rôle crucial dans le traitement du diabète de type 2 ainsi que dans la gestion de l’obésité. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a dévoilé, le mercredi 7 octobre, son troisième rapport basé sur la surveillance pharmacologique de ces traitements, offrant une vue d’ensemble sur leur utilisation et les effets observés.

Les principaux médicaments étudiés

Le rapport porte notamment sur plusieurs médicaments bien connus tels que le Trulicity, l’Ozempic et le Victoza, tous indiqués pour traiter le diabète de type 2 lorsque la maladie reste difficile à maîtriser. De plus, le rapport inclut également le Wegovy et le Saxenda, qui sont prescrits lors de troubles liés au surpoids et à l’obésité. Par ailleurs, le document évoque le Mounjaro, un médicament pouvant être prescrit en France à la fois pour le diabète et pour la gestion du poids ou de l’obésité, selon les indications médicales.

Conditions pour l’utilisation chez l’adulte

Pour ce qui concerne le traitement de l’obésité ou du surpoids, les médicaments à base d’aGLP-1 sont généralement recommandés chez les adultes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 kg/m². Ils peuvent également être employés chez ceux dont l’IMC se situe entre 27 et 30 kg/m², à condition qu’ils présentent au moins un facteur de comorbidité, comme un diabète, une hypertension, un déséquilibre lipidique, une maladie cardiovasculaire ou un syndrome d’apnées du sommeil.

Sécurité : risques liés à un usage incorrect

Le rapport insiste sur la persistance de pratiques risquées, notamment l’utilisation de ces traitements hors du cadre médical. Des cas graves d’effets secondaires ont été rapportés, incluant la pancréatite – une inflammation du pancréas pouvant entraîner des complications graves – ainsi que des déficits nutritionnels et des épisodes de malnutrition. Il est également mentionné que des interactions potentielles avec certains médicaments existent, ce qui peut compliquer leur utilisation sécuritaire.

Une préoccupation sur le nombre de patients et les effets indésirables

Selon l’enquête menée entre février 2025 et janvier 2026, plus de 840 000 patients en France étaient traités avec un aGLP-1. Au total, 2801 effets indésirables ont été signalés, dont 515 étaient jugés graves. Les troubles gastro-intestinaux, tels que nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales – qui peuvent nécessiter une hospitalisation – restent les effets indésirables les plus fréquemment rapportés. La pancréatite, qui représente un risque connu, a été aussi identifiée parmi ces effets.

Les mésusages et leurs conséquences

Sur cette même période, 36 effets indésirables liés à un usage inapproprié des médicaments ont été recensés, dont 17 cas graves. Ces mésusages concernent principalement des jeunes et plus des deux tiers des cas concernent des médicaments obtenus en dehors des circuits officiels. Il est important de noter que dans plus de 90 % des situations, les doses utilisées étaient excessives ou augmentées trop rapidement par rapport aux recommandations. Cinq cas de pancréatite aiguë ont été confirmés dans ce contexte.

Les interactions médicamenteuses et leur importance

Le rapport attire l’attention sur le fait que certains cas de pancréatite aiguë, ayant conduit à deux décès, pourraient être liés à une interaction avec d’autres traitements. L’ANSM rappelle l’importance pour les professionnels de santé d’informer leurs patients sur les symptômes évocateurs d’une pancréatite aiguë. Un suivi médical régulier peut faciliter la détection précoce de ces effets graves et assurer une prise en charge rapide, minimisant ainsi les risques pour la santé.

Les risques d’interactions spécifiques

Une mention particulière est faite concernant l’interaction avec certains médicaments, notamment ceux dont le dosage doit être précis, comme certains anticoagulants. Chez les patients sous ces traitements, une surveillance accrue est recommandée afin de limiter le risque d’effets indésirables, en particulier les hémorragies ou autres complications.

Effets indésirables inattendus ou graves à surveiller

Il est également signalé que chez certains diabétiques traités par la metformine, la prise d’aGLP-1 pourrait augmenter le risque d’acidose lactique, surtout en cas de déshydratation suite à des vomissements. Ce mécanisme aurait été associé à deux décès rapportés durant la période d’étude.

Une gamme d’effets indésirables encore à l’étude

Par ailleurs, plusieurs autres effets indésirables, souvent inhabituels ou graves, sont en cours d’évaluation, tant en France qu’au niveau européen. Ce sont notamment :
– des atteintes oculaires pouvant compromettre la vision ;
– des infections ou inflammations de la vésicule biliaire ainsi que des problèmes hépatiques ;
– des troubles cérébrovasculaires tels que les accidents vasculaires cérébraux ;
– des troubles de l’érection ;
– ainsi qu’une possible réduction de l’efficacité des contraceptifs hormonaux.

Il est rappelé que ces médicaments ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse et qu’un traitement doit être arrêté si une grossesse est constatée.

Ce bilan souligne l’importance d’un usage prudent et encadré des médicaments à base d’aGLP-1, en insistant sur la nécessité d’un suivi médical rigoureux et d’une information claire aux patients afin d’éviter de potentielles complications graves.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.