Le récit de Christina Applegate met en lumière la complexité du diagnostic de la sclérose en plaques
Les expériences relayées par Christina Applegate illustrent à quel point il peut s’avérer difficile de diagnostiquer avec précision la sclérose en plaques (SEP). La célèbre actrice et productrice américaine a récemment confié, le mardi 20 octobre, avoir été initialement diagnostiquée à tort comme étant atteinte de cette maladie en 2021, une erreur qui a été rectifiée par la suite. Ce témoignage met en évidence les défis rencontrés par les professionnels de santé dans l’identification correcte de cette pathologie complexe.
La nature variable de la maladie et la difficulté du diagnostic
La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire et auto-immune qui affecte le système nerveux central, pouvant cibler différentes parties comme le cerveau, la moelle épinière ou encore les nerfs optiques. Elle peut se manifester par une large gamme de symptômes, lesquels sont souvent peu spécifiques et se chevauchent avec ceux d’autres affections neurologiques. Parmi ces manifestations, on trouve des troubles visuels, des sensations de picotements ou de fourmillements, une faiblesse musculaire, des problèmes d’équilibre ou encore une fatigue extrême. Cette diversité de symptômes complique la tâche des médecins, car aucun d’entre eux n’est propre à la sclérose en plaques. En effet, le diagnostic de cette maladie repose essentiellement sur un processus d’exclusion, c’est-à-dire qu’on doit éliminer toutes les autres pathologies possibles avant de poser celui de la SEP.
Une problématique de diagnostic encore préoccupante en 2024
Une revue systématique récente, menée en 2024, a permis d’analyser l’état des erreurs de diagnostic en lien avec la sclérose en plaques. Les chercheurs ont étudié un corpus de 3 910 publications pour mieux comprendre l’étendue du problème. Selon ces travaux, environ 15 % des personnes déclarées atteintes de la maladie auraient en réalité été mal diagnostiquées. Toutefois, cette estimation n’est pas homogène, puisqu’elle varie grandement d’une étude à l’autre, allant de 5 % à 41 %. De plus, il peut s’écouler plusieurs mois, voire jusqu’à 16 ans, avant que l’erreur ne soit rectifiée, ce qui souligne la complexité et la difficulté de parvenir à un diagnostic précis dans certains cas.
Les causes probables de confusion diagnostique
Pourquoi la difficulté à distinguer la sclérose en plaques des autres affections est-elle si répandue ? La réponse réside dans la nature de la maladie elle-même. La SEP est caractérisée par une inflammation du système nerveux central, qui peut provoquer divers symptômes, mais ceux-ci ne sont pas spécifiques à cette condition. Une partie des symptômes, tels que les troubles de la vision ou la faiblesse musculaire, peuvent aussi apparaître dans d’autres pathologies. Selon la Fédération internationale de la sclérose en plaques, qui cite une étude menée par l’Université du Vermont à Burlington (États-Unis), environ 22 % des diagnostics erronés liés à la SEP concernent en réalité des personnes souffrant de migraines. Parmi les autres diagnostics différenciels figurent la fibromyalgie, les troubles psychogènes – où des facteurs émotionnels ou psychiques se traduisent par des symptômes physiques réels – ou encore une maladie rare appelée neuromyélite optique, qui affecte également le système nerveux central.
Les risques d’un traitement mal administré
Il est également important de mentionner que, selon la Fédération internationale de la sclérose en plaques, un quart des diagnostics erronés ont été établis par des neurologues. Ces erreurs peuvent entraîner l’administration de traitements inappropriés, qui ne sont pas sans effets secondaires. Plus encore, elles peuvent retarder la mise en place d’un traitement ciblé pour la véritable pathologie du patient, ce qui compromet son pronostic et sa qualité de vie. Dans certains cas, cette erreur peut ainsi avoir des conséquences graves, en favorisant des traitements inutiles ou potentiellement nuisibles pour le patient.
Les avancées dans le cadre du diagnostic
Pour réduire ces erreurs, la communauté médicale recommande une application stricte des critères diagnostiques internationaux. Ces dernières années, en 2024 notamment, des critères plus précis ont été élaborés, en grande partie en ce qui concerne l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Ces nouvelles recommandations visent à faciliter un diagnostic plus rapide et plus fiable. La priorité étant de pouvoir poser le bon diagnostic dès la première IRM, dès l’apparition des premiers symptômes. La responsable de l’équipe dédiée à la sclérose en plaques et à la maladie de Parkinson au sein du Centre hospitalier universitaire de Rennes, la Professeure Laure Michel, a précisé que ces critères amélioreraient la détection précoce de la maladie. Selon elle, cette évolution devrait permettre un diagnostic plus précis et plus précoce, optimisant ainsi la prise en charge des patients dès leurs premiers signes, ce qui est essentiel pour leur pronostic et leur accompagnement médical.






