Crédits immobiliers : l’apport personnel demandé par les banques est-il vraiment en baisse ?

Sophie Lambert

Au cours des deux dernières années, les critères pour obtenir un prêt immobilier se sont considérablement adoucis, rendant l’accès au crédit beaucoup plus accessible pour les emprunteurs.

En octobre 2025, le montant moyen que les banques demandent comme apport personnel s’établit à 28 %, une baisse notable par rapport aux 38 % observés en 2023, selon les données collectées par le comparateur de prêts immobiliers Meilleurtaux.



En ce qui concerne les primo-accédants, l’apport requis est encore plus faible : il tourne désormais en moyenne autour de 18 % du montant total du projet.

Cette réduction significative joue un rôle déterminant dans la relance du marché immobilier, en facilitant notamment l’accès à la propriété pour une nouvelle génération de jeunes actifs cherchant à acheter leur premier logement.



Une augmentation du nombre de primo-accédants

Globalement, l’apport moyen exigé est passé de 63 700 € en 2023 à 51 800 € en octobre 2025. Quant aux premiers acheteurs, l’apport requis a diminué, passant de 44 700 € à 28 600 €.

De ce fait, cette catégorie de personnes représente une part plus importante des prêts consentis. Selon la Banque de France, près de la moitié des emprunteurs achètent leur premier bien immobilier ou en sont propriétaires depuis moins de deux ans.



Les variations selon les régions

Malgré la moyenne globale, le montant d’apport requis par les établissements bancaires diffère selon les territoires.

En octobre 2025, certaines régions affichent des apports encore plus faibles pour les primo-accédants, telles que les Hauts-de-France, le nord de la Nouvelle-Aquitaine, ou encore l’Occitanie.



En revanche, dans les régions où l’apport requis est plus conséquent, on remarque une tendance marquée à l’augmentation. C’est notamment le cas en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ou encore dans le Rhône-Alpes, où l’apport personnel peut dépasser un an de revenus moyens.

Dans certains cas, l’apport exigé peut atteindre l’équivalent de deux années de revenus pour un célibataire.



Les raisons de cette diminution de l’apport nécessaire

Deux facteurs majeurs expliquent cette tendance à la baisse de l’apport personnel demandé par les banques.

  • La réduction des taux d’intérêt pour les prêts immobiliers, qui ont maintenu des niveaux très avantageux tout au long de 2025. Cette baisse des taux a permis d’augmenter la capacité d’emprunt, puisque lorsqu’ils diminuent, le besoin en apport personnel diminue aussi. Cette tendance se poursuit même au début de 2026.
  • La volonté des banques d’accroître leur volume de prêts, ce qui a conduit à un assouplissement des conditions d’octroi des crédits immobiliers.
Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.