Crédit immobilier : un ralentissement prévu en 2026, mais des fondamentaux solides

Sophie Lambert

Dans un environnement économique et politique fragile, il est probable que le nombre de ventes immobilières dans l’ancien en 2026 soit inférieur à celui de 2025. De plus, les taux d’emprunt pourraient connaître une hausse d’ici la fin de l’année, d’après les prévisions élaborées dans le cadre du tout premier baromètre du crédit publié par l’Association professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic). Cette organisation rassemble la majorité des acteurs du secteur du courtage en France.

Amélioration pour la capacité d’achat dans l’immobilier

Après avoir connu une forte croissance en 2025 et un début d’année 2026 très positif, avec près de 952 000 transactions effectuées dans le marché de l’ancien à la fin du premier trimestre 2026, le secteur immobilier a traversé, depuis le début des tensions liées au conflit en Iran, une période plus incertaine. Selon l’Apic, il est prévu que 890 000 ventes dans ce secteur soient enregistrées en 2026, ce qui représente une baisse d’environ 6 % par rapport à l’année précédente. Ce contexte survient dans un climat économique et politique fragile. Quant au secteur du neuf, il reste en retrait par rapport à ses performances passées.

« Toutefois, un bon signe subsiste : les emprunteurs ont augmenté leur pouvoir d’achat immobilier de 10 % depuis 2024, grâce à une baisse des taux d’intérêt, à une correction à la baisse des prix et à une hausse des revenus », indique l’Apic.

Le crédit, un passage incontournable pour l’achat d’un bien immobilier

De nos jours, environ 80 % des transactions immobilières sont financées par un prêt, ce qui rend le marché très sensible à l’évolution des conditions d’octroi des crédits. La situation actuelle montre que la hausse des taux de crédit reste modérée, avec une tendance à la stabilisation depuis le printemps. L’Apic prévoit toutefois qu’une augmentation pourrait intervenir avant la fin de l’année, avec un taux moyen supérieur à 3,50 % pour les nouveaux emprunts sur 25 ans. « Depuis le début de l’année, les banques ont absorbé une partie des pressions exercées par les marchés pour préserver la dynamique, en maintenant leurs taux en moyenne à 0,5 % en dessous de leur niveau d’équilibre. Cependant, un durcissement prévu des conditions de financement en 2026 pourrait encourager des arbitrages plus précis concernant les profils et les types de projets que les banques seront disposées à soutenir », explique Laura Martino, vice-présidente de l’Apic.

Malgré cette sensibilité aux augmentations de taux, la production de crédits a tout de même augmenté de 33 % en 2025 (hors rachats et renégociations). En 2026, et malgré une stabilité relative des taux, cette croissance devrait ralentir, avec une baisse anticipée de 6 % par rapport à 2025, pour atteindre environ 138 milliards d’euros de nouveaux crédits, selon l’Apic.

Une croissance soutenue par les primo-accédants

L’année 2025 a surtout été marquée par un dynamisme dû à l’activité des primo-accédants, qui ont représenté près de la moitié des nouveaux crédits pour l’habitat, avec 47 %. Leur motivation à devenir propriétaires de leur résidence principale reste forte, malgré le contexte politique souvent instable. Chez les courtiers partenaires de l’Apic, 89 % des crédits accordés concernent désormais l’achat de résidences principales, avec une demande constante de la part des primo-accédants, qui profitent également de l’élargissement du dispositif du prêt à taux zéro (PTZ).

Les acheteurs qui effectuent un second achat differencient davantage leurs projets de mobilité par rapport aux premiers. Par ailleurs, l’investissement locatif, qui a connu une forte baisse, voit sa part de marché divisée par deux depuis la période des lois Pinel. Le profil-type de l’emprunteur en 2026 se précise : il est âgé d’environ 37 ans, avec un revenu mensuel moyen de 4 750 €. Il emprunte en moyenne 188 000 €, en apportant 54 000 €, sur une durée de remboursement d’environ 22 ans et demi.

* Selon l’Observatoire du groupe bancaire BPCE – perspectives 2026 pour le secteur immobilier résidentiel et le crédit immobilier en France

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.