La France renforce ses dispositifs face à la menace russe en préparant des exercices de résilience
Devant la pression exercée par la menace russe, la France a décidé d’accélérer ses préparatifs, allant jusqu’à envisager de manière concrète ce qu’implique une attaque hybride. Au cours des semaines à venir, un exercice de résilience inédit sera organisé, avec comme terrain d’expérimentation le département de l’Hérault. La date précise, les localités impliquées, ainsi que le thème ou les modalités de cet exercice n’ont pas encore été fixés. Toutefois, il semble évident que cet événement ne sera qu’un premier épisode d’une série de tests. La semaine précédente, à l’issue d’une réunion regroupant les préfets de zone de défense, le ministre de l’Intérieur a indiqué que de tels exercices seront déployés dans différentes régions du pays. Laurent Nuñez a insisté sur le fait que « nous ne sommes plus dans une étape d’anticipation théorique, mais que le temps est à l’action ». Selon lui, il ne suffit plus d’attendre, chaque préfet ainsi que chaque service de l’État doivent désormais être en capacité de réagir promptement face à des crises potentielles qu’il faut anticiper sans délai.
Les départements en première ligne pour la préparation à la crise
Pour le gouvernement, il devient essentiel d’étendre ces préparatifs à tous les niveaux départementaux. À cette fin, chaque préfet doit rapidement rassembler, dans les semaines à venir, un « état-major de sécurité départemental ». Ce comité rassemblera diverses instances telles que l’armée, la police, la gendarmerie, des représentants des tribunaux, des hôpitaux, des pompiers, le Samu, et le secteur de l’éducation. L’objectif principal est de s’assurer que l’ensemble des territoires soient prêts à faire face à une crise majeure. Parmi les axes prioritaires, figurent la sécurisation des approvisionnements en produits essentiels, le renforcement de la résilience des réseaux vitaux, ainsi que la modernisation des réserves ou la mobilisation citoyenne. Ces six axes visent à renforcer la capacité globale de réaction face aux menaces potentielles.
Se préparer aux menaces actuelles pour acquérir un haut niveau de résilience
Selon le ministère de l’Intérieur, il ne s’agit pas uniquement de craindre la Russie en tant que telle, mais de prendre en compte un ensemble de menaces contemporaines. Ces dangers incluent l’intensification des attaques hybrides — combinant cyberattaques, désinformations et opérations militaires traditionnelles —, la multiplication des crises liées au changement climatique, ainsi que les attaques informatiques contre des infrastructures critiques. Ces risques croissent et peuvent avoir des impacts graves sur l’économie nationale, la sécurité des approvisionnements et, par extension, le maintien de l’ordre public. La nécessité d’être suffisamment préparé est donc de plus en plus pressante afin de pouvoir faire face à ces défis croissants.
Une menace qui s’élargit : de la tour Eiffel aux infrastructures stratégiques
Ce qui, auparavant, restait en grande partie symbolique — comme la présence de mains rouges ou de fausses cercueils sous la tour Eiffel en 2024 — a récemment pris une dimension plus immédiate suite à la découverte d’un drone chargé d’explosifs près de Leipzig, en Allemagne. Attribué à la Russie par les autorités allemandes, cet incident a accentué la vulnérabilité perçue lors des attaques potentielles, poussant Emmanuel Macron à ordonner la mise en place d’un « plan de protection » des infrastructures sensibles. Ce plan prévoit notamment une évolution de la liste des sites prioritaires, qui ne se limite plus aux installations militaires ou nucléaires sous surveillance renforcée, mais inclut désormais des éléments tels que les transformateurs électriques, les stations d’épuration, le matériel ferroviaire, ou encore les éoliennes et silos agricoles. La sécurisation de ces installations, souvent vitales, doit être renforcée, et cela se fait désormais en collaboration étroite avec les préfets et les collectivités locales.
Les collectivités territoriales comme acteurs clés de la résilience nationale
Le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) a publié en 2025 une revue stratégique soulignant l’importance primordiale des collectivités territoriales dans la résilience de la nation. Leur proximité avec la population, leurs compétences et leurs moyens en personnel ou en ressources en font des acteurs essentiels face aux crises. Ces collectivités doivent acquérir un haut niveau de préparation avec l’accompagnement et le soutien de l’État. À titre d’exemple, elles entretiennent régulièrement des échanges avec les élus locaux, comme cela a été le cas récemment dans l’Aube, où les maires ont été consultés. La doctrine du gouvernement veut que ces entités jouent un rôle déterminant dans la réaction aux situations de crise, en partenariat avec l’État, afin de conserver un niveau de sécurité optimum sur l’ensemble du territoire.
Un exercice de blackout national prévu pour 2027
Dans cette optique de renforcement de la résilience, un vaste exercice simulant une coupure électrique générale est actuellement en cours de préparation par le SGDSN, prévu pour le premier semestre 2027. La particularité de cet exercice réside dans le fait qu’il se déroulera sur table, sans interruption réelle du réseau électrique. L’objectif est de rassembler les acteurs locaux et nationaux pour tester leur capacité à réagir à un scénario complexe et imprévu, en identifiant les éventuelles failles et en évaluant la coordination lors d’une situation d’urgence extrême. La menace grandissante sur la sécurité nationale impose que chaque territoire soit préparé à faire face à des crises inédites, et ces exercices de simulation deviennent un outil essentiel pour s’assurer de leur capacité à réagir efficacement en cas de crise réelle.






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