Avoir un sommeil paradoxal plus long pourrait diminuer le risque de 83 maladies

Sophie Lambert

Les dernières découvertes sur le lien entre sommeil de qualité et santé globale

Les études confirmant que dormir adéquatement est un facteur déterminant pour notre santé générale ne cessent de s’accumuler, apportant chaque fois de nouvelles preuves à l’appui de cette compréhension. La recherche la plus récente en date provient d’une équipe de chercheurs affiliés à la Capital Medical University en Chine, qui a analysé en profondeur cette relation cruciale.

Une méthode avancée pour analyser la qualité du sommeil

Les chercheurs ont exploité les données de près de 95 559 individus issus de la base de données UK Biobank, un vaste projet britannique. Ces participants avaient été équipés d’accéléromètres fixés au poignet, qu’ils ont portés durant sept journées et nuits consécutives. En utilisant une intelligence artificielle basée sur des techniques de deep learning, les scientifiques ont pu reconstituer avec précision les différentes phases du sommeil. Cela incluait le sommeil paradoxal, le sommeil profond et le sommeil léger, tout en mesurant la durée totale, la fréquence des réveils nocturnes et la variabilité de la qualité du sommeil d’un jour sur l’autre.

Le suivi sur le long terme étaye les conclusions

Après cette période d’observation, les participants ont été suivis pendant un peu moins de neuf ans en moyenne. Les chercheurs ont alors croisé leurs dossiers médicaux avec un ensemble de plus de 1 000 différentes pathologies, afin de déterminer comment la qualité et les caractéristiques du sommeil pouvaient influencer le développement de ces maladies.

Le sommeil paradoxal : un véritable rempart contre plusieurs affections

Le principal résultat remarquable concerne la phase du sommeil paradoxal, souvent associée aux rêves et à la consolidation mnésique. Il apparaît que consacrer davantage de temps à cette étape du sommeil est lié à une diminution significative du risque de contracter jusqu’à 83 maladies différentes. Parmi elles, on retrouve la démence, l’insuffisance cardiaque ainsi que la maladie de Parkinson. Cette information souligne l’importance de préserver un sommeil paradoxal suffisant pour la santé cognitive et cardiovasculaire.

Le sommeil profond : ses bénéfices spécifiques

Une autre phase essentielle, le sommeil profond, apparaît également comme un facteur protecteur, notamment contre certaines maladies. Les données montrent qu’un sommeil profond renforcé est associé à une réduction du risque de développer sept pathologies, comprenant notamment le diabète de type 2 ou encore des troubles dépressifs. Sa rôle dans la récupération physique et le renforcement immunitaire est ainsi confirmé par ces résultats.

La durée de sommeil : entre 6 et 8 heures, la « zone sûre »

Mais à quoi correspond concrètement cette recommandation de « dormir suffisamment » ? L’étude indique clairement que veiller à ne pas dormir moins de 5 heures par nuit limite le risque de diverses pathologies. À l’inverse, le risque minimum apparaît lorsque la durée de sommeil se situe entre 6 et 8 heures par nuit pour la majorité des maladies étudiées. Autrement dit, c’est durant cette plage horaire que la répartition des différentes phases de sommeil est optimale pour la santé.

Les signaux d’alerte : irrégularité et réveils nocturnes

Deux autres paramètres du sommeil ont émergé comme préoccupants pour la santé : la régularité du rythme de sommeil d’un jour à l’autre, ainsi que la fréquence des réveils nocturnes. Chacun de ces deux éléments est associé à un risque accru de développer plusieurs troubles, notamment des troubles anxieux ou des états de stress chronique. Leur présence indique souvent une qualité de sommeil altérée, pouvant favoriser diverses complications.

Une étude observationnelle mais convaincante

Il est important de souligner que cette étude s’inscrit dans une démarche d’observation. Les chercheurs ne peuvent pas établir avec certitude que de mauvaises habitudes de sommeil causent directement certaines maladies, mais leurs résultats renforcent indéniablement l’idée qu’un sommeil de qualité, d’une durée adaptée, constitue une mesure de prévention essentielle. Ils recommandent donc vivement de viser entre 6 et 8 heures de sommeil par nuit pour préserver sa santé chez les adultes d’âge moyen et les personnes plus âgées.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.