Elsa Marcel, représentant légal d’Eden et porte-parole de la organisation trotskyste Révolution Permanente, a qualifié l’événement de « faits d’une gravité extrême » lors de la conférence de presse qu’elle a tenue ce lundi. La semaine précédente, précisément le lundi 28 septembre vers 10h30, un jeune garçon de 14 ans a été gravement touché au visage alors qu’il se trouvait devant son lycée à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise. Sur place, les policiers mobilisés dans le cadre d’un mouvement visant à bloquer les établissements scolaires ont été impliqués dans plusieurs exchanges avec des élèves. Lors de cette confrontation, un agent a utilisé un lance-grenades désigné sous le nom « Cougar » et a tiré en direction d’Eden. Le jeune a été évacué en urgence à l’hôpital de Pontoise, où il a été diagnostiqué avec une double fracture de la mâchoire, toutes ses dents du haut fracturées, ainsi qu’une perte importante des dents du bas, selon les déclarations de son avocate faites ce lundi.
Les images de ce drame ayant immédiatement circulé sur les réseaux sociaux, la colère des jeunes mobilisés s’est amplifiée. En raison de la gravité des blessures, la famille du jeune a annoncé samedi avoir déposé plainte pour « tentative d’homicide volontaire » ainsi que pour « violences volontaires avec arme par des agents de l’ordre sur un mineur de moins de 15 ans ». Selon son avocate, ces accusations se justifient par plusieurs éléments : Eden a moins de 15 ans, trois policiers étaient présents autour de lui, et l’usage du lance-grenades, qui est généralement interdit pour un tir à courte distance, a été effectué. Elle mentionne également une circonstance aggravante : « Eden a été projeté au sol, il a convulsé et a ressenti des douleurs atroces, tandis que les policiers n’ont pas appelé les secours. »
« Ils ont détruit ma vie »
Lors de leur conférence de presse, les parents d’Eden ont exprimé leur profonde émotion : « C’est très douloureux d’envoyer son enfant à l’école un lundi matin et de le récupérer dans cet état », a confié la mère de l’adolescent, en sanglots. « C’est honteux, affligeant, inacceptable – cela ne devrait pas se produire. Ces jeunes demandent simplement de meilleures conditions d’études. » En manifestant leur colère, elle dénonce plus largement la situation : « Je ne veux plus voir à la télévision des enfants qui s’effondrent comme mon fils l’a fait aujourd’hui. » Son père a ajouté qu’après cet incident, il pourrait faire des crises d’angoisse, affirmant : « Ils ont détruit ma vie. »
Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations pour comprendre en détail ce qui s’est réellement passé devant le lycée. Deux enquêtes séparées ont été ouvertes par le parquet de Pontoise. La première a été confiée à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), qui examinera notamment les modalités d’utilisation du lanceur par le policier, une arme qui ne doit pas être utilisée à bout portant et doit être inclinée à un angle de 45 degrés. La deuxième enquête porte sur les événements antérieurs au coup de feu. Selon les premières informations communiquées par le parquet, Eden aurait porté des coups à un policier, ce que conteste son avocate. Celle-ci précise qu’Eden aurait été repoussé, tomber au sol, avant qu’un autre agent ne fasse usage de son lanceur.
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Il est également à noter que cet adolescent ne constitue pas le seul mineur blessé lors des mobilisations. À Argenteuil, un jeune homme de 16 ans a perdu la vision de son œil droit à cause d’incidents survenus lors d’un blocage, mercredi dernier. La procureure a indiqué que ses blessures étaient compatibles avec un tir de LBD ( Lanceur de Balles de Défense).






