Une traversée douce et acrobatique de l’enfance à Schiltigheim et Bischheim

Sophie Lambert

Une découverte nostalgique au cœur d’une création contemporaine

En entreprenant de désencombrer une demeure familiale, Vincent Regnard, devenu jongleur et fondateur de la compagnie Manie, a fait une trouvaille qui l’a profondément touché : de vieux jeux d’enfants. Cette rencontre avec ses souvenirs d’enfance lui a procuré une forte émotion, qui a inspiré la conception de son tout nouveau spectacle. Son projet s’articule autour d’un voyage dans la mémoire de l’enfance, mêlant habilement les arts du cirque moderne — sa signature artistique — à la musique classique. « Je voulais partir du cliché du clown traditionnel, avec son nez rouge, pour proposer une lecture moderne et épurée de ce thème sans dialogue, » explique-t-il en évoquant son processus créatif. Il ajoute que l’émotion suscitée par les acrobaties circassiennes mêlées à l’atmosphère musicale classique capte particulièrement l’attention des jeunes spectateurs, créant ainsi une expérience sensorielle à la fois captivante et accessible. 

Une symphonie visuelle et sonore pour les jeunes spectateurs

Sur scène, des extraits musicaux en versions brèves de grands compositeurs tels que Beethoven, Debussy ou Bach sont interprétés en direct par Anna Bertrand au violon et Anaïs Pin au violoncelle. Le metteur en scène se réjouit du fait que ces performances provoquent chez les enfants une réaction presque instinctive : ils secouent la tête, vibrent, bougent comme durant un concert de rock. Il constate avec plaisir que cette fusion inattendue entre la musique classique et un spectacle de cirque contemporain touche profondément le jeune public, créant une expérience où l’émotion et la musique se conjuguent pour faire vibrer les plus petits. La magie opère chaque fois, laissant penser que ce spectacle est une véritable invitation à la découverte artistique et sensible. 

Une narration poétique et audacieuse à travers des figures acrobatiques

Le scénario tient en quelques lignes simples : un homme acrobate, incarné par Ephraim Gacon ou Douard, revêt son plus bel habit et retrouve la chambre d’enfant qu’il représente sous la forme d’une sphère légère, posée comme un coquillage sur la scène. Ce dernier s’en approche, ôte sa veste et s’installe à l’intérieur, transformant à chaque instant cette coquille en divers univers : un bateau, une île mystérieuse, une carapace de tortue, même un chapeau fantastique. En retrouvant son aspect enfantin, l’acrobate exprime à travers des figures audacieuses, poétiques et souvent amusantes, une palette d’émotions. Sa souplesse exceptionnelle lui permet de se dissimuler complètement sous la coque, renforçant ainsi la magie de la pièce. Progressivement, le spectateur suit la transformation : l’acrobate, qui semblait si jeune et insouciant, redevient rapidement adulte, signant une narration empreinte de poésie et de subtilité. 

Une célébration joyeuse de l’enfance en rythme

Dans ma coquille est une pièce qui évoque, à travers un rythme soutenu, toutes les petites et grandes joies de l’enfance. Vincent Regnard souligne que l’on peut réaliser beaucoup de choses avec les très jeunes : ils sautillent, gesticulent, s’expriment librement et arrivent à être totalement présents dans le spectacle, en harmonie avec le mélange entre cirque contemporain et musique classique. C’est une expérience qui se vit en famille, une découverte sensible et ludique qui invite petits et grands à partager un moment de poésie et d’émerveillement. »

Informations pratiques et détails de la représentation

Dans ma coquille, une création de la compagnie Manie, s’adresse aux enfants à partir d’un an. La durée de la pièce est d’environ 35 minutes, permettant une expérience intense mais adaptée à leur capacité d’attention. Deux représentations auront lieu au Brassin, situé au 38 rue de Vendenheim à Schiltigheim, le samedi 13 décembre à 9 h 30 et à 11 h. D’autres séances sont programmées le mercredi 6 mai, à 9 h et 10 h 45, dans la salle du Cercle, située au 2b rue de l’Église à Bischheim. Le tarif est fixé à 7 €, offrant ainsi une opportunité familiale de partage artistique accessible. »

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.