Une habitude simple pour protéger les adolescents de la dépression

Sophie Lambert

Le lien entre sommeil et santé mentale chez les jeunes : une étude révélatrice

Chaque semaine, il arrive fréquemment que les adolescents accumulent un manque de repos en raison de leurs multiples engagements : qu’il s’agisse des cours, des activités sociales ou des loisirs extrascolaires. Cette situation de privation de sommeil peut avoir des effets négatifs sur leur bien-être psychologique. Des recherches récentes effectuées par des spécialistes de l’Université de l’Oregon en partenariat avec l’Université d’État de New York mettent en évidence un aspect important : les jeunes qui parviennent à compenser leurs heures de sommeil perdues durant le week-end montrent un risque réduit de développer des symptômes dépressifs. En effet, ils ont 41 % moins de probabilités de présenter des signes de dépression comparés à ceux qui ne se donnent pas cette opportunité de récupération.

Une étude qui met en lumière l’importance du sommeil pour la santé mentale

Ces résultats, publiés dans le « Journal of Affective Disorders », soulignent l’importance essentielle du sommeil dans la préservation de la santé mentale chez la jeunesse. La période de l’adolescence étant particulièrement critique, ces travaux confirment que la qualité et la quantité de sommeil ont un impact direct sur le bien-être psychique des jeunes, une tranche d’âge souvent exposée à des troubles du sommeil et à un risque accru de dépression. La corrélation entre la faiblesse du sommeil et les troubles psychologiques est donc un point crucial à prendre en compte pour mieux comprendre et prévenir ces problématiques.

Une difficulté pour respecter les recommandations en matière de sommeil

Ce constat est également une bonne nouvelle, en ce qu’il montre que récupérer le sommeil perdu peut atténuer certains risques. Comme l’explique Melynda Casement, qui dirige le Laboratoire du sommeil à l’Université de l’Oregon : « Les experts conseillent depuis longtemps aux adolescents d’avoir entre huit et dix heures de sommeil chaque nuit à des horaires réguliers, mais cette recommandation est devenue presque impossible à suivre pour beaucoup d’entre eux. » La difficulté réside dans les contraintes sociales et scolaires qui fragmentent leur rythme de vie, rendant souvent la mise en pratique de ces conseils difficile.

Une horloge biologique modifiée avec l’âge

Les chercheurs ont exploité les données de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES), effectuée entre 2021 et 2023, portant sur des jeunes adultes âgés de 16 à 24 ans. Ces participants ont déclaré leurs heures de coucher et de lever, aussi bien en semaine que durant le week-end, ainsi que leur sentiment de tristesse ou de déprime au quotidien. Selon eux, l’étude révèle que l’adolescence s’accompagne souvent d’un décalage de l’horloge biologique : les jeunes ne sont plus aussi matinaux qu’auparavant, ils deviennent plutôt des couche-tard. Ce changement s’intensifie généralement jusqu’à atteindre 18 ou 20 ans, modifiant le rythme naturel de sommeil.

Le contraste entre rythmes scolaires et besoins physiologiques

En pratique, la majorité des adolescents ont tendance à s’endormir vers 23 heures, puis à se réveiller vers huit heures du matin. Ce cycle ne s’aligne souvent pas avec les horaires de début des cours dans de nombreux lycées, ce qui complique l’obtention d’un sommeil réparateur. La communauté scientifique insiste sur le fait que dormir entre huit et dix heures par nuit reste l’idéal pour la santé mentale des jeunes. En revanche, si cette durée n’est pas atteinte, il est conseillé de profiter de la grasse matinée le week-end pour réduire le risque de développer des symptômes dépressifs, souvent liés à l’anxiété et à la dépression, ces troubles étant parmi les principaux facteurs de mortalité chez les adolescents.

Ce décalage entre le rythme biologique naturel et les contraintes sociales quotidiennes souligne à quel point il est difficile pour les jeunes de respecter les règles de sommeil recommandées. Pourtant, cette habitude d’allonger un peu leur repos à la fin de semaine pourrait jouer un rôle essentiel dans la prévention des troubles psychiques et améliorer leur qualité de vie.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.