Un salarié en arrêt maladie court le marathon et remporte 60 070 € après licenciement

Sophie Lambert

Un licenciement injustifié suite à une absence pour maladie durant un marathon

Un employé travaillant pour l’agence de voyages néerlandaise Prijsvrij a récemment fait parler de lui suite à une situation inhabituelle : il avait pris un congé maladie alors qu’il s’entraînait pour courir un marathon. En dépit de cette situation, il a été immédiatement licencié par son employeur. Toutefois, après avoir contesté cette décision en justice, il a obtenu gain de cause. La cour d’appel de La Haye a en effet jugé que le licenciement était déloyal et non justifié. En plus de cela, le salarié a reçu une indemnité de départ extraordinaire, s’élevant à plus de 60 000 euros, une somme considérablement élevée compte tenu de la durée limitée de son emploi.

Une courte période d’emploi et un licenciement à contre-courant

Ce différend a suscité l’étonnement, car la durée de l’emploi de l’individu n’était que de six mois lorsque son arrêt maladie a été instauré. Selon le site RTL Nieuws, cette indemnité exceptionnelle de plus de 60 000 euros est d’autant plus surprenante que la période de collaboration entre le salarié et l’entreprise était très courte, ce qui laisserait supposer que cette somme est une sorte de compensation importante pour le préjudice présumé subi dans un délai si restreint.

Une activité sportive intense malgré une incapacité médicale déclarée

Le salarié a rejoint l’entreprise en juillet 2024, tout en poursuivant une activité sportive intensive à l’approche de la fameuse compétition. Cependant, à la mi-décembre de la même année, il a été déclaré en arrêt maladie par un médecin en raison de graves problèmes oculaires, qu’il a consultés chez un spécialiste. Malgré cette incapacité temporaire, il aurait continué à s’entraîner et à courir de manière régulière, ce qui a été pointé du doigt par son employeur.

Des contradictions entre la déclaration de santé et les activités du salarié

Toi, lors d’un entretien avec le médecin du travail début janvier, le salarié a évoqué certaines limitations relatives à la conduite ou à l’utilisation d’écrans pour des activités professionnelles. Il a aussi dit vouloir continuer à courir quatre fois par semaine. Cependant, peu après, l’employeur lui a envoyé une lettre recommandée lui reprochant ses « activités très actives » en dehors de son temps de travail malgré son état de santé déclaré. L’entreprise a alors exigé qu’il reprenne immédiatement son poste, sous peine de cesser de percevoir son salaire et de rendre sa voiture de fonction.

Contestation et prolongation de l’incertitude médicale

L’avocat du salarié a dénoncé ces pressions comme étant non justifiées et déraisonnables, soulignant que leur demande d’une reprise immédiate du travail reposait sur des éléments infondés. En janvier, le médecin du travail a confirmé que l’employé n’était pas encore apte à reprendre ses fonctions. Des examens plus approfondis effectués en février, notamment dans un établissement spécialisé en ophtalmologie, ont par la suite révélé qu’il souffrait probablement de myasthénie grave, une maladie chronique affectant les muscles.

Une nouvelle évaluation médical et un licenciement brutal

Malgré cette nouvelle confirmation médicale, l’employeur a insisté pour qu’une seconde expertise soit menée par un autre médecin du travail, qui a lui aussi jugé que l’intéressé n’était pas encore en état de reprendre son activité professionnelle. La situation s’est aggravée lorsque, huit jours après cette analyse, l’employé a été convié à un entretien avec la direction. Quand l’avocat du salarié a contesté cette convocation, affirmant qu’elle allait à l’encontre de l’avis médical et dénonçant un comportement de harcèlement, l’employeur a choisi de le licencier immédiatement et sans délai.

Une surveillance discrète et la révélation des activités du salarié

Dans un courrier adressé à l’employé, l’agence a rappelé que celui-ci aurait poursuivi ses entraînements et aurait même participé au marathon de Rotterdam le 13 avril 2025, en réalisant un temps inférieur à trois heures et demie. Par ailleurs, Prijsvrij a indiqué avoir fait suivre le salarié par des détectives privés en mars dernier, qui l’auraient aperçu en train d utiliser son véhicule pour faire des courses et pour accompagner son enfant à l’école à plusieurs reprises. Ces éléments, bien que présentés comme des preuves, n’ont pas suffi à convaincre le tribunal.

Reconnaissance judiciaire de la faute de l’employeur et indemnisation du salarié

Le juge a finalement donné raison au salarié lors de l’audience de septembre, en déclarant que le licenciement était abusif. La décision lui a accordé une indemnisation initiale de 10 070 euros, à laquelle s’est ajoutée une somme supplémentaire de 50 000 euros pour le préjudice moral subi. En outre, l’ancien employé a pu réclamer près de 3 000 euros correspondant à ses arriérés de salaire, ainsi qu’une somme dépassant 5 000 euros pour couvrir ses frais de justice, terminant ainsi une saga juridique marquée par des accusations de harcèlement et une contestation ardue de la part de son ancienne entreprise.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.