Une usurpation d’identité surprenante : le cas de Gaëlle et sa propre mère
Lorsque l’on parle d’usurpation d’identité, la plupart du temps, cela évoque le vol de documents personnels par une personne extérieure, souvent inconnue ou malveillante. Cependant, l’histoire de Gaëlle (*) montre que cette situation peut prendre des tournures inattendues et concerner des proches, voire la famille elle-même. Son calvaire débute en 2024 lorsque la jeune femme de la trentaine reçoit un courrier de l’assureur Allianz lui signifiant qu’elle n’avait pas honoré le paiement d’un contrat d’assurance, d’un montant de 1 500 euros. La surprise est totale : Gaëlle n’a pourtant jamais contracté d’assurance auprès de cette compagnie. Se sentant troublée et déconcertée, elle décide de prendre contact avec l’assureur pour clarifier la situation. Lors de cette conversation, la réceptionniste évoque le nom de sa mère, Madame X, en lui confiant que c’est cette dernière qui aurait ouvert des contrats à son nom. Elle rassure également Gaëlle en lui affirmant qu’elle ne sera pas facturée, ce qui laisse la jeune femme perplexe face à cette situation invraisemblable.
Confrontée à sa mère pour comprendre cette incohérence, Gaëlle se heurte au déni de celle-ci, avec qui ses relations sont souvent tendues. Pourtant, quelques mois après cet épisode, de nouveaux prélèvements apparaissent sur son compte, deux fois 750 euros, correspondant encore à la somme due à Allianz. La jeune femme se sent alors impuissante, ne comprenant pas comment de tels montants peuvent s’être évaporés ou avoir été déduits. Son dernier recours est alors de déposer plainte auprès de la gendarmerie, à la fois contre la compagnie d’assurance pour récupérer son argent et contre sa mère pour usurpation d’identité. Lors de l’audition, les gendarmes lui confient qu’ils n’ont encore jamais rencontré une plainte de cette sorte. Malheureusement, cette démarche n’aboutit pas à une résolution rapide ni concrète.
La reconnaissance du stratagème familial
Quelques mois plus tard, la situation prend un nouveau tournant lorsque Gaëlle reçoit un courrier d’un huissier de justice. Celui-ci l’informe qu’un prélèvement de 1 000 euros est en cours et qu’il est prévu de saisir ses biens pour régler des factures impayées. Étant totalement désorientée, la jeune femme se rend dans le cabinet d’huissier pour obtenir des explications. Là, elle apprend qu’elle a souscrit plusieurs crédits à la consommation, tous signés à son nom, avec ses coordonnées bancaires. La somme totale des dettes atteignait alors 50 000 euros. La révélation est glaçante : ces contrats, elle n’en avait jamais été à l’origine. L’huissière lui demande alors d’écrire une phrase et de signer, étape qui lui permet de constater que sa signature diffère de celles apposées sur ses vrais contrats. Avec une certaine tristesse, Gaëlle comprend alors que c’est encore une fois sa mère qui a orchestré cette fraude. Elle parvient à reconnaître l’écriture de sa mère, ce qui lui confirme que cette duplicité ne pouvait venir que d’elle.
La difficile découverte des actes frauduleux
À cette période, Gaëlle travaille dans l’entreprise familiale, où sa mère occupe la fonction de secrétaire. Grâce à cette position, elle a accès à une multitude de documents personnels : pièces d’identité, fiches de paie, relevés bancaires, etc. Il lui est donc devenu simple d’ouvrir des crédits en utilisant ses papiers et ses coordonnées. Rapidement, elle découvre avec effroi que sa mère a contracté plusieurs crédits à son nom, en utilisant ses relevés bancaires, notamment le RIB de Gaëlle. La dette pathétique accumulée révèle un total de cinquante mille euros, un montant qui met en évidence une gestion totalement débridée et compulsive de la part de sa mère. Celle-ci est décrite comme une acheteuse impulsive, incapable de gérer un budget ou de se restreindre financièrement. Dès que l’argent lui fait défaut, elle cherche des solutions rapides, souvent par le biais de crédits à la consommation qui finissent par aggraver la situation. Face à cette spirale, la possibilité de la mettre sous tutelle a été envisagée, mais Gaëlle refuse d’endosser ce lourd poids de responsabilité, préférant chercher des solutions pour protéger ses biens et son avenir.
La procédure en cours et les mesures de sécurité
Confrontée à la résistance de sa mère à reconnaître l’usurpation d’identité, Gaëlle voit l’enquête piétiner et ses liens familiaux compliquer encore plus la crédibilité de ses accusations. Déterminée à défendre ses intérêts, elle décide alors de consulter une avocate pour élaborer un dossier de surendettement auprès de la Banque de France. Son objectif : faire cesser les prélèvements frauduleux, préserver son crédit, et espérer récupérer les montants qu’elle estime lui revenir. La démarche se révèle toutefois contraignante, notamment parce qu’elle implique de renoncer à la possibilité de contracter de nouveaux crédits pendant plusieurs années, ce qui complique ses projets, notamment le remplacement de sa voiture de plus de 400 000 kilomètres. La procédure lui impose de longues périodes d’attente, témoignant du combat juridique qu’elle doit mener contre sa propre famille, et le stress associé à cette situation ingérable.
La mise en place de nouvelles protections
Pour se prémunir contre toute nouvelle tentative de la part de sa mère, Gaëlle a pris des mesures concrètes. Elle a ouvert un nouveau compte bancaire, se munissant d’un passeport fraîchement délivré à titre d’identité. Elle a également insisté auprès de sa banque et de la Banque de France pour que toute demande de crédit ou d’ouverture de compte leur soit communiquée directement à elle, en personne. De cette façon, toute opération suspecte pourra être rapidement détectée et bloquée. Sa vigilance accrue ne laisse aucun doute : la confiance doit être strictement encadrée dans une telle situation. Par ailleurs, elle a quitté l’entreprise familiale pour se reconstruire et attendre, avec un mélange d’espoir et de pression, le jugement final de la justice dans cette affaire pour faire reconnaître officiellement l’usurpation d’identité orchestrée par sa mère.
Une démarche encore en suspens
Aujourd’hui, Gaëlle attend patiemment le déroulement du procès contre sa mère, conscient que la procédure peut s’étendre dans le temps. Elle espère néanmoins que la justice lui apportera réparation et reconnaissance officielle de cette usurpation. Avec le soutien de son avocate, elle reste confiante quant aux chances de voir ses droits confirmés, même si la période d’attente, l’incertitude et la peur que sa mère remette ça subsistent. La jeune femme souligne aussi que cette expérience lui a appris à mieux se protéger et à prendre conscience des dangers liés à la gestion de ses documents personnels. La vigilance demeure son meilleur rempart contre la répétition de cette fraude qui a failli lui ruiner la vie.
(*) Le prénom de la personne a été modifié.






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