Sandrine raconte son Noël en Australie sous 35 degrés, un sentiment très étrange

Sophie Lambert

Une aventure australienne lors des fêtes de fin d’année

À 26 ans, Sandrine décide de réaliser un rêve qui lui tient à cœur : parcourir le globe en compagnie de celui qui deviendra son époux. En 2003, les deux jeunes Alsaciens prennent leur envol, laissant derrière eux leur région natale pour traverser plusieurs pays et continents. Leur périple les conduit à travers la Russie, la Mongolie, la Chine, puis l’Indonésie, avant de finalement arriver en Australie à l’automne. C’est à bord de leur camping-car qu’ils découvrent ce vaste pays, voyageant jusqu’à Melbourne, située dans le sud-est, pour célébrer Noël avec une cousine française. Dans cette optique, ils se lancent dans une quête de cadeaux de Noël pour faire plaisir à cette famille, tout en profitant de leur liberté de voyager.

Ce périple leur fait vivre des sensations pour le moins déconcertantes, notamment à cause du contraste marqué entre leur réalité quotidienne et leur environnement australien. Sandrine raconte qu’il était très étrange d’aller faire des courses dans un centre commercial en plein été australienne, alors que dehors, la chaleur atteignait 35 degrés. À l’intérieur, des décorations de Noël, un sapin orné de guirlandes lumineuses et une musique festive saisissaient le regard, alors que la saison était l’été, ce qui leur semblait presque irréel. Pour le réveillon, ils ont été invités chez leur cousine, où toute la famille, incluant son mari et leur enfant, s’est réunie autour d’un repas festif. La menu comprenait notamment de la dinde, traditionnellement servie pour Noël, même si la manière de savourer la fête différait quelque peu de ce qui leur était familier : ici, les repas étaient plus simples et rapides, adaptée à la chaleur ambiante.

Ce Noël sur le continent australien a été marqué par une atmosphère à la fois atypique et chaleureuse. La famille a échangé ses cadeaux dans une ambiance de fête, renforcée par la présence d’un chœur gospel et la joie de partager un moment spécial en dehors du climat hivernal européen. La célébration s’est déroulée dans la convivialité, mais avec une approche culturelle différente : en Australie, la tradition de longues heures passées à table pour festoyer à Noël n’a pas vraiment sa place. La fête est souvent plus décontractée, incluant des activités en famille ou des sorties à la plage, ce qui s’accorde parfaitement avec la saison estivale. De nombreux Australiens aiment également organiser des barbecues, siroter des boissons froides, ou simplement profiter du soleil. Sandrine raconte que l’un des moments mémorables de cette journée a été leur balade à Melbourne, interrompue par la fermeture des commerces, ce qui les a poussés à acheter des pizzas à emporter qu’ils ont dégustées sur la plage, parmi des familles en pleine grillade, échangeant avec la gentillesse et la spontanéité propres aux Australiens.

Pour mieux illustrer cette différence, une visite guidée via Google Maps leur permet de voir la zone de Melbourne où ils ont passé ces fêtes, offrant une perspective géographique sur cette expérience si singulière. En dépit de l’émerveillement qu’ils ont ressenti face à cette nouvelle manière de vivre Noël, Sandrine confie qu’un certain malaise jouait aussi : la sensation de ne pas vraiment célébrer dans la même ambiance qu’en Alsace. La tradition de la messe de minuit, si appréciée chez eux, leur a manqué, mais ils ont tout de même réussi à assister à une célébration dans une église anglicane, un choix logique compte tenu de l’influence britannique qui domine en Australie. La chorale gospel et l’atmosphère joyeuse ont laissé un souvenir positif, même s’il s’agissait d’un Noël résolument différent.

Les différences culturelles sont encore plus flagrantes lorsqu’il s’agit de la météo et de l’atmosphère : en France, Noël rime souvent avec une période froide, propice à la convivialité autour d’un bon repas chaud. En Australie, la fête de Noël se déroule sous le soleil brûlant, avec des habitudes adaptées à la saison estivale. La famille de Sandrine, par exemple, a prévu de faire un pique-nique, ou de griller des steaks, plutôt que de se réunir autour d’un repas long et copieux. La journée a été consacrée à la promenade en ville ou à la plage, à l’image de beaucoup d’autres familles australiennes. Elle se souvient qu’ils ont préféré emporter des pizzas, qu’ils ont dégustées sur la plage, tout en étant approchés par des locaux très accueillants et amicaux.

Après cette expérience hors du commun, Sandrine a compris à quel point les traditions, la culture et le climat influencent la manière dont Noël est célébré. Même si elle garde un attachement profond à ses racines alsaciennes, elle sait désormais que la fête peut prendre différentes formes selon le contexte culturel et géographique. Son voyage lui a permis de mieux comprendre les moeurs et habitudes d’un autre continent, mais elle tient à retrouver ses traditions françaises pour célébrer Noël avec sa famille, autour de repas chaleureux et de longues discussions, preuve que le foyer familial reste pour elle le lieu privilégié pour vivre cette fête.

Ainsi, cette immersion dans une fête de Noël sous les tropiques a confirmé que, même à l’autre bout du monde, la magie de cette période réside avant tout dans le partage et la convivialité. Les différences culturelles offrent des perspectives nouvelles, mais l’essence de cette célébration reste intacte : se réunir avec ceux qu’on aime, même si la façon de le faire change selon les pays, les saisons et les traditions.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.