Pourquoi sommes-nous plus sensibles aux critiques qu’aux compliments ?

Sophie Lambert

La tendance à se focaliser sur ce qui est négatif

Le phénomène connu sous le nom de biais de négativité désigne cette inclination innée qu’a notre esprit à prêter davantage attention aux éléments négatifs qu’aux aspects positifs. Cette propension pourrait s’expliquer par nos origines évolutives, où l’instinct de survie nous incitait à rester constamment vigilants face aux menaces potentielles. Aujourd’hui encore, cette tendance influence notre manière de percevoir et d’interpréter notre environnement, malgré un contexte beaucoup moins dangereux que celui de nos ancêtres.

Les effets concrets de ce biais

Ce biais de négativité se manifeste à travers plusieurs comportements et attitudes. Tout d’abord, il nous pousse à retenir plus intensément les expériences désagréables ou critiques que les moments de plaisir ou de réussite. Par exemple, si lors d’un entretien annuel, tout s’était globalement bien déroulé mais que votre supérieur vous fait une remarque négative sur un projet spécifique, il est probable que cette dernière occupe une place disproportionnée dans votre esprit. Vous pouvez alors vous retrouver à ressasser cette critique, à en faire une fixation, tout en oubliant les aspects positifs de cette rencontre.

De plus, ce biais influence la manière dont nous percevons des commentaires neutres, que nous avons tendance à interpréter de façon négative. Si, par exemple, un ami ou votre partenaire vous confie son mal-être, il n’est pas rare de vous sentir personnellement visé ou de supposer que cette expression de souffrance est liée à ce que vous avez dit ou fait, alors qu’en réalité, il s’agit simplement d’une étape dans leur processus émotionnel.

Enfin, le biais de négativité a un impact notable sur notre état émotionnel, puisqu’il accroît notre susceptibilité à ressentir de l’anxiété ou de la dépression. En ruminant constamment sur des expériences négatives, en oubliant les bons moments ou les émotions positives, nous alimentons un cycle qui peut mener à un état d’esprit dépressif ou anxieux. La tendance à se concentrer sur ce qui va mal finira par altérer notre bien-être général et à long terme.

Comment neutraliser cette influence négative ?

Pour contrer les effets du biais de négativité, il existe plusieurs stratégies simples mais efficaces. La première consiste à devenir attentif à ses pensées négatives dès qu’elles apparaissent, puis à les remettre en question. Par exemple, il peut être utile de se demander s’il existe une autre perspective ou une interprétation plus positive de la situation concernée. En adoptant cette pratique, vous pouvez réduire l’impact de ces pensées automatiques qui alimentent votre pessimisme.

Il est également recommandé de porter une attention particulière aux aspects positifs de votre vie quotidienne. En prenant le temps de reconnaître et de valoriser vos succès, vos moments de bonheur, ou tout simplement par une réflexion sur vos qualités et vos réussites, vous contribuez à équilibrer votre regard. Cela permet de relativiser certains événements perçus comme négatifs en les insérant dans une vision plus large de votre existence.

Une autre étape consiste à s’éloigner des personnes toxiques ou négatives qui ont souvent tendance à déformer votre perception des choses en insistant sur le mauvais côté des situations. Préférez alors entourer votre vie de proches positifs, souriants et encourageants, capables d’apporter un regard plus équilibré sur votre quotidien.

Pratiquer la pleine conscience ou méditer est également une méthode très efficace pour limiter la domination du biais de négativité. Ces pratiques encouragent à focaliser son attention sur le moment présent, à accepter ses émotions sans jugement, et à apprendre à tolérer ce qui ne peut être changé. Elles offrent ainsi un espace mental propice à un état de calme intérieur, loin des pensées négatives récurrentes.

En somme, il s’agit d’adopter une attitude proactive face à ses propres pensées, en cherchant à équilibrer la perception des événements pour préserver sa santé mentale et son bien-être général. En appliquant ces conseils, il devient possible de réduire l’impact de la négativité innée qui sommeille en chacun de nous.

Sources : Trauma Research UK (https://traumaresearchuk.org), site consulté le 13 février 2026

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.