Pourquoi se coucher tard augmente-t-il le risque d’AVC et d’infarctus ?

Sophie Lambert

Une étude révélant un lien inquiétant entre l’heure de coucher et la santé cardiovasculaire

Une recherche récente, publiée le 28 janvier dans le journal de l’American Heart Association, met en évidence une association préoccupante entre le fait de se coucher tard et le versant de la santé cardiovasculaire. Les résultats suggèrent que les personnes ayant pour habitude de se décaler vers une heure tardive de la nuit pourraient présenter un risque accru de dégradation de leur système cardiaque et vasculaire.

Une investigation approfondie menée par l’Université de Birmingham

Les chercheurs originaires de l’Université de Birmingham, située en Angleterre, ont examiné les données de plus de 300 000 adultes, dont l’âge moyen était de 57 ans, pour comprendre comment le rythme biologique, aussi appelé chronotype, influence la santé du cœur. Le chronotype désigne la préférence individuelle pour l’organisation des périodes de sommeil et d’éveil, qui peut varier d’une personne à l’autre. Certaines sont naturellement du matin, d’autres plutôt du soir. L’étude a cherché à établir s’il existait une corrélation entre ce rythme naturel et l’état de santé cardiovasculaire.

Des résultats alarmants chez les « nocturnes »

Les résultats de l’analyse ont révélé que 8 % des participants qui se définissaient comme des personnes « du soir » — se couchant vers 2 heures du matin — présentaient des indicateurs de santé cardiovasculaire nettement moins favorables que leurs homologues ayant des habitudes plus matinales. Ces individus affichaient des scores souvent plus médiocres lorsqu’il s’agissait de mesurer leur santé cardiovasculaire, ce qui indique un risque accru pour leur cœur et leur circulation sanguine.

Des statistiques inquiétantes pour les amateurs de vie nocturne et pour les femmes

L’étude a également souligné des chiffres particulièrement préoccupants. Elle indique notamment que ceux qui se couchaient tard avaient une probabilité 79 % plus élevée d’accumuler des scores défavorables en matière de santé cardiovasculaire. En outre, ces personnes présentaient un risque supérieur de 16 % de développer un infarctus ou un accident vasculaire cérébral lors des 14 années suivantes. À l’inverse, les individus qui avaient pour habitude de se lever tôt, généralement vers 6 ou 7 heures du matin, et de se coucher vers 21 heures, montraient un risque plus faible en termes de santé cardiaque, inférieur d’environ 5 % par rapport à ceux au rythme intermédiaire. Ces tendances étaient particulièrement marquées chez les femmes, plus vulnérables selon les résultats à ces variations de rythme de sommeil.

Selon les chercheurs, l’écart dans le rythme circadien pourrait encourager l’adoption de comportements à risque. Ces comportements incluent une alimentation de moindre qualité, un tabagisme accru et un sommeil souvent insuffisant ou fragmenté, tous facteurs qui amplifient la vulnérabilité du système cardiovasculaire.

Les comportements à risque liés à un rythme circadien décalé

Les spécialistes avancent que le décalage dans le cycle naturel veille-sommeil pourrait entraîner ou renforcer des habitudes néfastes pour l’état du cœur. Un mode de vie peu équilibré, marqué par une consommation élevée de tabac, une mauvaise alimentation ou un sommeil irrégulier, s’associe à une augmentation des risques de maladies cardiaques. Ces résultats soulignent qu’il est possible d’atténuer ces risques en modifiant certains comportements, même chez ceux qui ont un rythme naturel tardif.

Conseils pour les « couche-tard » en quête d’amélioration de leur santé

Pour celles et ceux qui ont tendance à veiller tard, il devient crucial d’accorder une attention particulière à leur santé cardiovasculaire. Plusieurs mesures peuvent contribuer à réduire les risques. Il est conseillé d’adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, et en sources de bonnes graisses. La limitation du tabac afin d’éviter ses effets délétères sur le cœur est également essentielle. De plus, il est important de privilégier une routine de sommeil régulière, même si les heures de coucher diffèrent de celles des autres, afin de mieux respecter leur rythme biologique. Pratiquer une activité physique régulièrement constitue une autre étape clé pour maintenir une bonne santé cardiaque, tout comme la vérification périodique de la tension artérielle, du taux de cholestérol et de la glycémie.

Un message porteur d’espoir : la possibilité d’agir

Malgré ces résultats alarmants, le message qui en ressort est positif. Kristen Knutson, spécialiste de l’American Heart Association, insiste sur le fait que ces risques ne sont pas une fatalité. Elle souligne que le fait de modifier certains comportements, notamment en arrêtant de fumer ou en adoptant une routine de sommeil cohérente, peut considérablement améliorer la situation. Elle rappelle que la santé cardiovasculaire est en partie modifiable et que chacun a la possibilité d’agir pour réduire ses risques en ajustant son mode de vie.

Les recommandations pour les habitués des nuits tardives

Pour les personnes qui ont pour habitude de se coucher tard, il est primordial de prendre des mesures concrètes afin de préserver leur cœur. Dans ce but, il convient d’adopter une alimentation saine et équilibrée, de limiter la consommation de tabac, et de tenter de mettre en place une routine de sommeil aussi régulière que possible, même si celle-ci est décalée. La pratique régulière d’une activité physique doit aussi être au centre de la prévention. Enfin, suivre ses indicateurs de santé tels que la pression artérielle, le taux de cholestérol, ou la glycémie, permet d’avoir une meilleure visibilité sur sa condition et d’intervenir rapidement si nécessaire.

Une source fiable pour approfondir

Pour en savoir davantage, il est recommandé de se référer à l’article publié dans le Journal of the American Heart Association, dont la référence est accessible en ligne. Ces données proposent une vision précieuse sur la nécessité de respecter son rythme biologique pour maintenir une bonne santé cardiovasculaire.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.