Pourquoi le prix du Superéthanol-E85 reste-t-il stable malgré la hausse des carburants ?

Sophie Lambert

Une stabilité remarquable du prix du Superéthanol-E85 face à la flambée des carburants traditionnels

Alors que les prix des carburants classiques connaissent une augmentation rapide et significative, avec des hausses dépassant 25 centimes en seulement quelques jours dans de nombreuses stations-service françaises, le superéthanol-E85 affiche, quant à lui, un tarif presque inchangé. Cette différence notable met en évidence une singularité dans la manière dont ce carburant est soumis aux fluctuations du marché pétrolier.

Le superéthanol-E85, une composition moins sensible aux variations du marché pétrolier

Le Superéthanol-E85 est composé principalement – entre 60 % et 85 % – de bioéthanol, un carburant produit à partir de matières végétales telles que les betteraves sucrières ou certaines céréales. La restante part est constituée d’essence sans plomb. La présence majoritaire de biocarburant dans sa formule est une des raisons qui expliquent sa relative stabilité en prix face aux instabilités du marché mondial du pétrole. Contrairement à l’essence classique, dont le coût fluctue fortement en fonction des cours du pétrole brut, le tarif du superéthanol-E85 reste, en grande partie, immuable.

Pendant que le prix des carburants classiques continue de s’envoler, suscitant l’intérêt croissant des conducteurs, le superéthanol fait de nouveau parler de lui. En effet, on observe un engouement accru pour ce combustible alternatif, avec une hausse de 100 % du nombre de visites sur les sites internet spécialisés dédiés au bioéthanol depuis le début du mois de mars. Par ailleurs, les demandes d’installation de dispositifs de conversion flex-E85 par des garages agréés ont doublé en moyenne, témoignant de l’intérêt croissant portée à ce carburant moins dépendant du prix du pétrole.

Visibilité sur l’économie quotidienne grâce au bioéthanol

Les chiffres attestant de l’intérêt économique du bioéthanol restent encourageants. En 2025, le prix moyen du litre d’E85, publié chaque semaine par la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC), était de 0,75 € le vendredi 27 février et de 0,76 € le vendredi 6 mars. Pour ceux qui ont opté pour ce carburant, l’économie réalisée peut atteindre environ 705 € par an lors d’un parcours annuel de 13 000 km, considérant un prix moyen à la pompe de 0,73 € par litre, contre près de 1 € de différence avec le super sans plomb SP95-E10 (au tarif moyen de 1,69 € par litre). Sur une distance de 20 000 km, cette économie peut s’élever à environ 1 085 €, en tenant compte d’une hypothèse de surconsommation de 25 % en raison de l’utilisation du bioéthanol. Le coût d’installation d’un boîtier homologué, permettant de convertir une voiture essence en véhicule flexible, oscille généralement entre 600 et 800 euros, un investissement amorti à long terme grâce aux économies réalisées.

Quelques conseils pratiques pour adopter le bioéthanol dans sa voiture

Pour pouvoir rouler au Superéthanol-E85, il faut soit posséder un véhicule neuf ou d’occasion en version flex-E85 d’origine, comme le Ford Kuga FHEV flex-E85, soit faire installer un boîtier homologué par l’État sur une voiture essence classique. La majorité des modèles essence circulant depuis 2001 peuvent ainsi être adaptés à ce carburant alternatif. Cette solution permet de profiter des avantages économiques et écologiques du bioéthanol tout en restant compatible avec la majorité des véhicules classiques, une option de plus en plus envisageable pour les automobilistes soucieux de maîtriser leurs dépenses en carburant.

En définitive, la stabilité du prix du Superéthanol-E85 vient renforcer son attractivité dans un contexte où les coûts des carburants conventionnels deviennent une source de préoccupation pour de nombreux conducteurs. Bien que le prix à la pompe reste volatile pour les carburants traditionnels, le bioéthanol offre une alternative économique, dont l’intérêt ne cesse de croître auprès du public.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.