Nolann Le Garrec : comment il s’est imposé dans le XV de France

Sophie Lambert

Une nouvelle étape pour Nolann Le Garrec dans le XV de France

Mercredi, à Marcoussis, Nolann Le Garrec a débuté la séance d’entraînement comme ses trois autres collègues demi de mêlée présents cette semaine, à savoir Maxime Lucu, Baptiste Jauneau et Antoine Dupont. La séance consistait en de nombreux coups de pied hauts visant les arrières, une pratique destinée à améliorer la précision et la maîtrise dans ce secteur essentiel du jeu. Ce travail préparatoire intervient dans la perspective du match de samedi soir, face à l’Afrique du Sud, programmé à 21h10 au Stade de France. La particularité de cette session résidait dans le port de la chasuble blanche numérotée 9 par Le Garrec, une pièce qui lui conférait indéniablement un statut spécial parmi ses coéquipiers. Comme cela avait été évoqué depuis les premiers entraînements la semaine précédente, l’encadrement technique de l’équipe nationale, dirigé par Fabien Galthié, a confirmé jeudi que le Rochelais serait en position de titulaire pour cette rencontre face aux Springboks.

Une charnière historique à l’honneur

Dans cette optique, c’est une alliance inédite qui se dessine en première ligne avec la sélection de Le Garrec associé à Romain Ntamack. Ce duo n’a, en réalité, jamais connu de début de match ensemble lors des compétitions majeures, ce qui rend cette association d’autant plus significative. À noter que Nolann Le Garrec n’avait pas été intégré dans le groupe lors du dernier Tournoi des Six Nations, ayant été relégué aux rôles de remplaçant ou exclu de l’effectif. Son retour à Marcoussis, dès la mi-juin, a été facilité par celui de la saison manquée avec le Racing 92, lui permettant de se préparer plus tôt pour la tournée en Nouvelle-Zélande. Lors des tests contre les All Blacks en juillet, il a été titularisé à trois reprises, totalisant ainsi une précieuse expérience de ces confrontations internationales, qui lui a permis d’appréhender davantage la gestion du jeu sous pression.

Selon ses propres mots, Le Garrec estime que ces matches lui ont permis de peaufiner sa capacité à gérer des phases de forte intensité : « J’ai énormément appris sur la gestion de nos moments de domination et de difficulté, en cherchant à optimiser les zones du terrain pour soulager nos avants. J’ai aussi progressé dans la conduite du match, un aspect clé pour mon poste. » Sa participation à ces rencontres a aussi rassuré le staff, surtout que le sélectionneur Fabien Galthié a dû composer, cette année, sans Antoine Dupont, son meneur de jeu habituel, et a vu Maxime Lucu se blesser en été, ce qui limait ses possibilités. Avec une seule rencontre dans les jambes (face à Bayonne en Top 14), le risque de manquer d’affûtage était une inquiétude constante. Pourtant, la compétition lui a permis de se préparer dans de bonnes conditions, sachant qu’il évolue déjà à un haut niveau avec La Rochelle, avec six titularisations cette saison, et qu’il est familiarisé avec la rigueur d’un match international face à la meilleure équipe du monde.

Le rôle de la jeunesse dans cet enjeu majeur

Très motivé pour faire ses preuves dans cette échéance cruciale, Nolann Le Garrec profite également de la présence des deux autres 9, Dupont et Lucu, pour continuer son apprentissage en profondeur. Il confie : « Même si nous ne discutons pas beaucoup des tactiques spécifiques, nous avons des échanges réguliers sur le jeu en général, et ils me donnent souvent d’excellents conseils. » Ces interactions lui permettent d’affiner ses qualités et de gagner en confiance, tout en participant à la dynamique collective. Romain Ntamack, qui partage également la charnière avec Le Garrec, explique qu’il apprécie d’avoir un partenaire ayant une vision du jeu parfaitement alignée avec la sienne : « Ça rend notre association fluide, et je prends beaucoup de plaisir à jouer aux côtés de Nolann. » Pour ce jeune joueur, ce match contre l’Afrique du Sud n’est pas simplement une étape parmi d’autres, mais une opportunité qui marquera un tournant dans sa jeune carrière, consciente que cette rencontre pourrait laisser une empreinte durable dans sa trajectoire sportive.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.