Une célébration architecturale dans le hall lumineux de la Filature
Présenter en dessins les moments clé des Journées de l’architecture, aussi appelées die Architekturage, dans l’éclat lumineux du hall de la Filature, est à la fois une tradition et un symbole. Selon Benoît André, le directeur de l’événement, cette mise en scène revêt une dimension symbolique forte. La Filature, édifiée entre 1990 et 1993, a ses petites imperfections dues aux caractéristiques modernes du bâtiment. Érigé à l’endroit d’une ancienne zone industrielle abandonnée, il ne figure pas sur la liste des sites retenus cette année pour le programme officiel. Pourtant, il occupe une place importante dans la dynamique urbaine, notamment avec la conférence prévue le 15 octobre à 18 heures par l’agence d’architecture RPWA, une rencontre soutenue par le consulat général de Suisse à Strasbourg. Ce lieu s’insère dans un quartier en pleine transformation, entre la Fonderie et la SACM, la Société alsacienne de constructions mécaniques, un site qui semble presque avoir été reconstruit sur lui-même, et DMC, un autre secteur en mutation.
Une programmation architecturale axée sur la mutation du quartier
Ce territoire va bénéficier cette année d’une attention particulière dans le cadre de la programmation de la Maison européenne de l’architecture (MEA) – Rhin supérieur. Dirigée par Nathalie Charvet, cette institution mettra en lumière cette zone lors d’expositions et d’événements. L’actualité confère à ce quartier une dimension symbolique et stratégique, en lien direct avec les enjeux de rénovation et de développement urbain.
L’engagement des bâtisseurs et le thème de la frugalité inventive
L’un des temps forts sera l’accueil au sein de Motoco, l’un des sites emblématiques du secteur, des 7e Rencontres de la frugalité heureuse et créative, qui se dérouleront du jeudi 15 au dimanche 18 octobre. Initiée en 2018 par deux architectes, cette philosophie de la simplicité inventive vise à traiter, de manière plus responsable, les problématiques sociales et environnementales que rencontrent les cités. Elle mobilisera 800 professionnels et citoyens issus du secteur pour réfléchir ensemble à la reconversion de ce quartier DMC à travers un cycle de conférences, de visites guidées de chantiers en cours et d’ateliers participatifs. Le mouvement cherche à promouvoir une manière différente d’aborder la construction, en acceptant la sobriété tout en favorisant la créativité collective.
Une perspective artistique et photographique offerte par la jeunesse locale
Par ailleurs, les jeunes étudiants en architecture de Strasbourg auront ici aussi leur place, avec une exposition photographique visant à capturer l’essence du site. D’ores et déjà prévue du samedi 10 au dimanche 25 octobre, cette exposition repose sur la thématique de « l’étonnement partagé », invitant le public à découvrir sous un regard neuf cet espace en mutation. Une déambulation spécialement organisée le dimanche 11 octobre à 10 heures, au départ du bâtiment administratif, permettra aux visiteurs de parcourir le site autrement, avec une approche sensible et contemplative.
Le symbole du réfectoire, un témoin du passé industriel
L’un des symboles du site reste le réfectoire de DMC, une structure photographiée ici dans ses vestiges. Ce bâtiment, aujourd’hui chargé d’histoire, est un vestige du passé industriel de la région, témoignant de la richesse de cette ancienne activité mécanique. Sur la photo, il représente à la fois la nostalgie d’un patrimoine disparu et la promesse de futures transformations.
Les enjeux de la revitalisation et la perspective des acteurs locaux
Cette reconversion soulève plusieurs défis, notamment celui du désenclavement du site, de la voirie, ainsi que de l’installation de nouveaux usages tertiaires. Comme le souligne Frédéric Guthmann, vice-président de Mulhouse Alsace Communauté en charge de l’urbanisme, le projet DMC est d’une importance stratégique pour l’aménagement urbain de la métropole. En évoquant les efforts à fournir pour combattre le vandalisme, particulièrement visible sur certaines structures comme le réfectoire, il insiste aussi sur la nécessité d’une mobilisation conjointe et sur la complexité de ces enjeux. Il met en avant que de telles initiatives ne peuvent suffire si elles sont portées uniquement par les collectivités publiques, appelant à une coopération étroite avec toutes les parties prenantes.
Découvertes et visites dans le paysage urbain en mutation
Les Journées de l’architecture prévoient également des visites à l’heure du déjeuner pour faire découvrir des projets en cours ou récemment achevés, comme la réhabilitation du site Miroir-Cité, situé rue Lavoisier. Programmé pour le vendredi 9 octobre à 12h15, cet atelier de découverte s’inscrit dans une démarche de revitalisation urbaine, ayant été identifié comme un levier essentiel pour dynamiser le quartier résidentiel Briand, exploité auparavant comme un site industriel de 4000 m² fermé depuis 2015.
Une série de déambulations pour apprécier les paysages urbains variés
Le dimanche 4 octobre, une première déambulation menée par Cécile Modanese débutera au square du Tivoli, devant la statue du Schweissdissi, permettant aux participants d’explorer le Bas Rebberg, un secteur marqué par une verdure et des paysages urbains singuliers. Ensuite, les 24 et 25 octobre, d’autres visites à pied auront lieu, avec une exploration de la zone industrielle de la SACM, de 14 heures à 17 heures, ainsi qu’une promenade dans la rue du Sauvage, site en constante évolution, proposée par le Conseil consultatif du patrimoine mulhousien, pour mieux comprendre la métamorphose de ces quartiers anciens.
Conférences, expositions et événements artistiques en ville
Au-delà de la simple visite, plusieurs événements culturels ponctuent cette semaine d’architecture. À KMØ, l’école d’architecture localement implantée, une exposition collective réunira les projets des étudiants du studio « Transformations urbaines » de Paris-la Villette, leur donnant l’occasion de partager leur vision d’une métropole transfrontalière. Le vernissage, prévu le jeudi 8 octobre à 18 heures, sera suivi d’un débat réunissant des acteurs locaux, afin d’enrichir la réflexion collective. La librairie 47°Nord proposera quant à elle une présentation dédiée à l’œuvre de l’architecte Henri Quillé, décédé en 2018. Par ailleurs, une conférence intitulée « Les jardins dans la trame urbaine et périurbaine » sera organisée le mercredi 7 octobre dans la salle de la bibliothèque Grand-rue, de 18h30 à 20h.
Une palette d’expositions et de rencontres sur le paysage, l’artisanat et l’urbanisme
Le Sechoir, espace dédié à l’art et à la culture, participera également en organisant une exposition intitulée « Paysage en partage : regards croisés sur l’artisanat et les ressources locales », du 10 octobre au 8 novembre. Le vendredi 9 octobre à 18 heures, il proposera une conférence sur le thème « Nourrir la culture locale par l’architecture », menée par Matthias Knoblauch. Enfin, le cinéma Bel-Air insérera cette programmation dans une dimension plus artistique en proposant la projection du documentaire consacré au photographe italien Gabriele Basilico, intitulé Basilico—Maître des paysages urbains, le mardi 20 octobre, de 20h30 à 22h30.
Vers un regard collectif et participatif sur la ville
Toutes ces initiatives s’inscrivent dans une volonté d’ouverture et d’échange, permettant aux citoyens, aux professionnels et aux passionnés de mieux comprendre le processus de transformation urbaine qui concerne Mulhouse. La dynamique de cette semaine de l’architecture, riche en rencontres, visites et conférences, illustre l’intérêt croissant pour la compréhension et la valorisation de notre patrimoine, tout en anticipant l’avenir d’une ville en pleine évolution.






