Lycéens et étudiants ne lâchent rien : une lettre ne suffit pas à calmer la situation

Sophie Lambert

Malgré quelques gestes de la part du gouvernement visant à répondre aux préoccupations des jeunes, les associations lycéennes et étudiantes restent vigilantes et déterminées. Dans une feuille de route qu’il a transmise à ses ministres ce dimanche soir, Sébastien Lecornu a confié cinq priorités principales, toutes issues des observations faites par les conseils académiques de la vie lycéenne. Il a précisé que des premières mesures concrètes devraient être mises en œuvre avant la fin du mois. Parmi ces actions, il a été demandé d’initier dès cette semaine un processus dans chaque académie pour gérer de manière prioritaire le remplacement des personnels absents sur de longues périodes ainsi que le recrutement de postes vacants. Un premier bilan de ce dispositif est prévu pour le 16 octobre. En outre, le Premier ministre a convoqué une réunion mardi avec les élus régionaux pour discuter de la rénovation des bâtiments scolaires, et ses ministres ont reçu pour mission de proposer d’ici à la fin octobre des pistes pour améliorer la plateforme Parcoursup.

Les jeunes restent mécontents face à des promesses insuffisantes

Les réactions des organisations de jeunesse restent mitigées, voire critiques. Selon Éloïse Lefebvre-Milon, secrétaire générale de l’Union étudiante, ce lundi, lors d’un point de presse, les engagements annoncés par le gouvernement ne semblent pas aller au-delà de belles paroles, car ils n’engagent pas réellement. Avec un « acte III » prévu dans leur mobilisation, ils déplorent que 589 établissements sur environ 3 700 lycées en France aient connu des perturbations ce lundi, un chiffre en baisse par rapport aux 735 perturbations recensées vendredi, selon le ministère de l’Éducation nationale. Pierre Sourzat, à la tête de l’organisation « Les lycéens ! », explique que les promesses sans suite ne suffisent pas à apaiser la situation : « Ce n’est pas une lettre qui réglera tout, ce qu’il faut, ce sont des actions concrètes. Nous avons déjà été déçus par de nombreuses promesses non tenues. » Si la question du remplacement des absences le long terme progresse, il insiste sur la nécessité que toutes les classes soient concernées rapidement. Sur la problématique de l’aménagement des lycées face à la canicule, il insiste également pour que des promesses fortes soient faites par les Régions afin d’adapter efficacement les établissements. Concernant la plateforme Parcoursup, ils réclament une refonte sérieuse pour éviter que l’algorithme ne reproduise ou n’aggrave les biais discriminatoires.

Le nombre d’établissements perturbés diminue cependant, ce qui témoigne d’un certain tassement dans la mobilisation, mais pas de leur cessation. La contestation est encore très présente dans tout le pays, et les jeunes promettent de continuer à faire entendre leur voix.

Un mouvement en ordre de marche et revendicatif

Face à la situation, plusieurs syndicats et associations ont décidé de relayer leurs revendications en lançant une pétition ce lundi sur la plateforme Change. L’Union syndicale lycéenne (USL), Solidaires étudiants, l’Union nationale des étudiants de France (Unef), ainsi que d’autres groupes, y ont inscrit une dizaine de mesures d’urgence pour la jeunesse. Parmi celles-ci, ils demandent la fin de la sélection à l’entrée des études via Parcoursup, la mise en place immédiate d’un gel des loyers organisés par le Crous, ainsi qu’un recrutement massif de personnels dans le secteur éducatif.

Une mobilisation qui s’intensifie en perspective

Lors d’un point presse, Alice de Brito, vice-présidente de l’Unef, a exhorté le gouvernement à revoir clairement et en profondeur son projet de loi de finances pour 2027. Elle a dénoncé un texte qui, selon elle, accentuerait la précarité sociale, notamment en s’opposant au gel des APL, aides importantes pour de nombreux jeunes. Sa déclaration souligne que les conditions pour une paix sociale ne reposent pas uniquement sur des promesses, mais nécessitent des mesures concrètes et substantielles. La tension est palpable, et la mobilisation devrait se poursuivre de manière très forte dans les prochains jours.

Le mouvement se prépare à une nouvelle journée de manifestation ce mardi, avec un appel lancé par l’USL à rassembler les jeunes à 14 heures place de la République, à Paris, ainsi que dans plusieurs autres villes françaises. Les lycéens et étudiants seront rejoints par un large éventail de syndicats et organisations, notamment la FSU, la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa, Sud et Solidaires, qui s’unissent pour peser sur les orientations politiques et obtenir des réponses concrètes à leurs revendications. La jeunesse continue de faire preuve de détermination face à l’absence de mesures satisfaisantes et maintient la pression pour des changements profonds et rapides.

Sophie Lambert

Sophie Lambert

Née à Colmar et passionnée par les enjeux sociaux et environnementaux, j’ai choisi le journalisme pour donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas. Je crois en une presse locale libre, engagée et accessible à toutes et tous.